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dimanche 9 octobre 2011

Dernier jour à Aitutaki

Le lagon face à mon bungalow

Le matin quand je me lève et que je vais sur la terrasse, il y a toujours plein de bestioles affairées, des poules qui grattent le sol avec leur patte et qui pointent du bec le ver pour leurs petits poussins. On dit qu'une poule c'est con mais en fait c'est rusé ! Quand il y a danger, les petits se réfugient sous leur mère qui s'assoit. Ils sont ainsi protégés. J'ai aussi un bac en bas des marches pour me rincer les pieds avant de monter. Ça sert accessoirement d'abreuvoir pour les oiseaux ou les chats, une poule est même venue se rafraîchir dedans en gloussant de bonheur !  Pour mon dernier jour à Aitutaki, je ne savais pas trop quoi faire. Du coup j'en ai profité pour aller voir un peu les fonds juste en face du bungalow. 
J'ai compté, le premier morceau de corail, un truc miniature qu'on pourrait prendre dans une main est à 14 pas du rivage et abrite une colonie de petits poisson rayés noir et blanc craintifs qui se cachent entre les branches de corail quand on s'approche. Mais si on s'approche de trop ils se mettent à charger pour effrayer ! Ils sont gros comme un demi pouce mais téméraires ! On y rencontre aussi un poisson qui me fait beaucoup rire, je l'appelle le poisson sabot car il a la forme d'un chausse pied ! Je suis resté ainsi jusqu'à midi à crapahuter autour des patates de corail, le nez plein d'eau. Dans l'après midi j'avais encore de grosses gouttes qui tombaient si je penchais la tête.
Plus tard j'ai décidé de faire un tour à mon resort fétiche pour tenter de passer l'après midi sur le banc de sable où je peux m’accouder en me baignant. Cette fois ils ont annoncé le tarif : 50 dollars NZ ! J'ai peut être un peu trop abusé ! J'ai prétexté aller prendre juste une bière question de m'imprégner une dernière fois du paysage. Après une demi heure je suis rentré. Retour à la case départ, j'ai déjà tout vu, il fallait donc que je trouve un endroit sympa où buller à l'ombre et prendre mon pique nique. C'était sans compter avec la marée basse qui rendait la baignade impossible partout sauf au resort dont j'étais banni. J'ai donc erré d'endroits en endroits cherchant un coin un peu plus profond et finalement l'évidence c'était de retourner au bungalow. 
Chemin faisant, j'en ai profité cette fois pour prendre le bouc en photo. Quelle infection ! Je comprends maintenant l'expression « ça sent le bouc ! ». Je sais pas comment il se débrouille pour sentir comme ça !
Je viens de terminer de boucler mon sac pour demain, le vol pour Rarotonga est à 9 heures et je dois rendre le scooter avant dont l'agence n'ouvre qu'à 8 heures. Et j'ai le plein à faire avant, espérons que ce sera ouvert. J'ai essayé aujourd'hui mais vraiment le dimanche ils veulent rien faire. D'ailleurs devant l'aéroport il y avait une manifestation, oh pas comme en France ! Ils avaient fait un stand de l'autre côté de la route avec des banderoles faites sur les des draps avec le fameux « Air Rarontonga : no Sunday flight to Aitutaki ! ». Ils étaient tous assis, avachis comme s'ils faisaient la sieste. Personne ne disait rien, ça ressemblait plus à un stand de kermesse !
Sinon demain pour le vol, justement, j'aimerais avoir une place côté fenêtre, sur la droite, car j'ai pu remarqué, quand je faisais du kayak hier, que l'avion passait juste au dessus de ma tête de sorte que si on est à droite on doit voir tout le lagon. Au besoin j'irai pleurer en montrant ma carte de visite « Globe trotter photogrape ». Peut être que ça fera illusion de carte de presse !
Je n'ai vraiment pas envie de quitter Aitutaki, mais j'ai encore tant à découvrir alors... Et puis j'ai commencé à regarder ce que je pourrais faire à Rarontonga, eh bien ça n'a pas l'air mal ! Bien sûr le lagon ne sera pas aussi beau mais c'est une île montagneuse avec des balades à faire, de la jungle et des cascades. Alors ça me changera...
C'est aussi le paradis pour les chats!
Bye Bye Aitutaki!

samedi 8 octobre 2011

A la force de mes petits bras !

Le motu Ee
Une semaine vient déjà de s'écouler, il ne me reste plus que 6 mois et 3 semaines, c'est trop court ! J'avais prévu pour la journée une sortie taxi bus avec Wet & Wild sur un îlot voisin car je sais que le dimanche tout est fermé. En effet ici il y a des pancartes partout avec marqué « No Sunday flight » (bien qu'il y en ait un mais ils n'en veulent pas!).. Ou encore on voit l'engageant : « If you can't go from Monday to Saturday, don't go ! ». Mais comme je n'avais pas réservé car je ne sais pas où ils se trouvent, j'ai trouvé une affiche qui indique que le départ est à 9 heures, hors il était 9h30.
Je suis donc retourné au Aitutali Lagoon Resort intrigué par un écriteau avec des horaires de passage pour aller à 2 plages dont les noms ne figurent nulle part. 
J'ai demandé au type du bac ce que c'était et où étaient ces plages et il m'a dit que c'était pour les employés (bizarre!) mais que je pouvais traverser pour visiter, remplir le livre, bla bla bla... te fatigue pas, je connais ! A l'accueil la réceptionniste dont la tête m'était nouvelle me dit qu'il faut payer un pass à 15 dollar si on veut nager ou rester mais que pour visiter c'est OK. Première nouvelle ! Ont ils eu des consignes suite à mon nom qui apparaît plusieurs fois sur le registre ? Y a t il eu des plaintes parce que je monopolise le lagon ? Tandis que je me promenais dans le jardin je réfléchissais à comment faire maintenant que j'étais grillé pour la baignade. 
 C'est alors que je tombai sur le stand d'activité sportive où des kayaks étaient à disposition. Ça a fait tilt, j'ai tout de suite compris ce que je pouvais en faire, comme une évidence. Je me suis donc avancé en souriant demandant si je pouvais en louer un et à quel tarif sachant que je suis visiteur. J'ai eu droit à un « No problem » et à un kayak pour moi tout seul pour toute la journée pour 35 $NZ. C'est une affaire entendue, marché conclus, aboule le kayak !
Sur ce, j'ai pris le large, dans la direction où je m'étais rendu à pied la fois d'avant avec pour idée d'aller cette fois explorer les îlots un peu plus loin. Par contre je n'étais pas le seul à avoir eu l'idée et d'autres qui ont vu la direction que je prenais ont décidé de me suivre, en rameutant. Effet mouton garanti. Du coup j'ai dû donner de grands coups de pagaye pour les semer. Je ne voulais pas avoir de parasites autour de moi pour gâcher mes photos ! Et quand on part à l'aventure comme ça tout seul, c'est encore mieux si on est vraiment tout seul ! Le temps était radieux, la plus belle journée depuis que je suis arrivé ici, un ciel bleu sans aucun nuage !

Après une balade de trois quart d’heure je suis arrivé sur Ee (allez chercher un plan d'Aitutaki !) avec une plage superbe en forme de croissant ourlée de cocotiers avec en son bout un banc de sable qui se referme sur lui même pour former une lagune qui sépare l'île voisine de Mangere. Hélas je n'étais pas le premier, un groupe de russes était déjà là, le transistor à fond, se gueulant dessus. Après quelques photos j'ai donc poursuivi plus loin, trop loin pour que personne me suive ! Direction la prochaine île, Papau, que j'ai atteinte une demi heure plus tard. Un grand moment que cette traversée du lagon en canoë. C'est comme un prélude à mon aventure de Robinson kayakisé qui m'attend aux Rock Islands à Palau en Février. Vous verrez ! 
Motu Papau, je viens du fond à droite!
Sur Papau j'ai pris un bain mais vite fait car en fait la plage donnait sur une passe avec un courant de fou qui entraînait directement à l’extérieur du lagon. J'ai mangé là, à l'ombre, en regardant les pécheurs et en admirant ce lagon si grand, c'est comme une baignoire à ciel ouvert qui ferait 12 km de large et 15 de long. Imaginez ! Par contre il y avait des trucs qui me grattaient, je ne sais pas si c'est psychologique ou si c'est des mouches de sable, mais si c'est le cas il paraît que c'est une saloperie qu'on ne voit pas car elles sont toutes petites et qui font se gratter au sang pendant plusieurs jours. J'en trouverai bien assez tôt ! Au fait j'avais emporté la mangue du marché qui sent le magnolia. Ben en fait c'est pas une mangue, c'est une papaye. Et en général j'aime pas trop car l'odeur oscille entre la merde de chien et le roquefort mais celle là était juteuse et avait goût de magnolia ! Incroyable ! Je sais pas si c 'était une papaye, ça a la forme et la couleur d'une mangue, dedans c'est tout orange et à la place d'un noyau on a au centre un chapelet de graines noires.

Après le déjeuner j'ai regagné Ee, pour faire une halte car je commençais à sentir les épaules fatiguer. Avec un peu de chance les russes seraient partis. Tandis que je pagayais en slalomant entre les coraux pour éviter de les heurter avec ma pagaie, des oiseaux planaient autour de moi pour me guider ou m'emporter avec eux. Je pouvais aussi apercevoir de petits poissons bleus par transparence, autour des patates de corail, qui étincelaient comme des lucioles et semblaient être là comme un phare.
J'ai accosté sur Ee dont le lagon tout autour est particulièrement peu profond. C'est bien simple, à certains endroits, les courants ont dessiné des petites cuvettes qui épousaient parfaitement mes fesses, de sorte que je pouvais faire la planche le cul reposant au fond ! A-t-on jamais vu ça ?
Cette photo va en énerver plus d'un!
Et c'est dans cette position que je rêvassais dans mon lagon privé, les doigts de pied en éventail, quand soudain les poissons se sont mis à voltiger autour de moi et des vaguelettes se sont formées. Pas de panique les amis, c'est trop peu profond pour un requin ! En fait ça leur prend comme ça de temps en temps, c’est des bancs de poissons qui font des facéties et s'amusent à faire le saute mouton 3, 4 fois de suite. C'est ça en fait le mystère des gros plouf que j'entends depuis mon bungalow.
Puis le soleil a commencé à décliner, il devait bien rester encore une demi heure de navigation, je suis donc rentré. Sous l'eau je pouvais apercevoir des ombres passer, comme l'ombre que ferait sur l'eau le passage d'un oiseau. Ça grouille de vie là dessous ! Alors que je naviguais j'ai soudainement eu envie d'une galette bretonne au beurre salé. Va savoir pourquoi ! J'avais le soleil sur ma gauche et la lune sur ma droite qui se faisaient face parfaitement, à l'horizontal de la trajectoire du kayak. Seul into the wild !
Motu Ee
Quand je suis arrivé au resort, le type de la location m'attendait et m'a dit en souriant que j'étais son dernier client et m'a montré la pancarte - que je n'avais pas vu - où était écrit : « All equipments back at 5 PM pls ». Il était 17:30, aussi je me suis confondu en excuses et pour me faire pardonner je suis allé prendre une bière, une ICE cette fois, une bière de Nouvelle Zélande, locale donc et qui ne coûte que 7 dollars. Je discutais avec le barman, de l'île Fidji, et je lui ai dit justement que je devais m'y rendre. Il m'a confirmé que les Yasawa étaient similaires à ici. Je vous donne donc rendez vous là bas en décembre pour en reparler ! J'ai appris aussi par lui que ce soir se jouait le match de rugby France-Angleterre et qu'il fallait que je vienne voir ça. Je m'en fous, ça ne m'intéresse pas, un tour de kayak m'excite bien plus !
Ce soir en rentrant j'ai failli encore rater l'emmanchement pour Matriki. Pourtant c'est simple, mon repère c'est un vieux bouc qui pue à trois kilomètres à la ronde, qui reste là sur le côté à demeure. D'ailleurs bien souvent c'est son odeur qui me rappelle à l'ordre quand je suis aveuglé par la lumière du coucher de soleil ! Faudra que je le prenne en photo en me bouchant le nez un de ces quatre!

vendredi 7 octobre 2011

Honeymoon Island, do you want to marry me ?


Programme du jour : direction le sud ouest du lagon pour faire mumuse avec les tortues, plonger en masque et tuba, découvrir Honeymoon Island où des colonies d’oiseaux ont trouvé refuge et de sa voisine Maina. Si vous reprenez mon message du jour où je suis arrivé à Aitutaki, ça correspond à la photo prise de l'avion. Aujourd'hui c'est Matthias qui mène la danse et on y va avec sa barquasse.
Ça commence bien : dans sa jeep il n'y a que 4 places libres et on est 5. Du coup j'ai fini dans le bateau, sur la remorque ! Je me suis désigné d'office, c'était bien plus rigolo, je n'avais encore jamais pris un bateau pour prendre la route ! Et je dois dire que je préfère ça au RER !!
Au début, déception, on est sorti du lagon, vous savez de l'endroit qui est protégé des requins car ils n'y rentrent jamais (paraît-il, je leur fais confiance sur ce point, je n'irai pas vérifier!). Du coup on était en pleine mer et Matthias nous a demandé de sauter là pour voir soit disant des tortues dont aucune tête ne dépassait, dans une eau noire (« regardez, il y a une très bonne visibilité, il y a 30 mètres de fond et on voit le sable ! »), sous un ciel chargé tout gris, par 10 heures du petit matin et une légère brise rendue supportable par le port du T-shirt. Autant dire qu'on s'est tous regardés à tour de rôle pour savoir qui allait faire le premier pas et surtout qui avait bien envie de rentrer là dedans. 
Un pauvre allemand a fini par craquer, Matthias m'a demandé de lui emboîter le pas, j'ai répondu « Later ! ». Pas fou, je n'allais pas sauter là dedans pour rien, ça me rappelait l'épisode tristement célèbre d'un voyage aux Maldives avec l'UCPA où, dans un branle bas de combat apocalyptique, il avait fallu quitter le navire de toute urgence en pleine mer pour voir des raies mantas que le capitaine avaient aperçu et qui avaient fichu le camp depuis belle lurette avant qu'on ne rentre dans l'eau, tout comme le bateau qui dérivait méchamment. Un grand moment de solitude que je n'avais pas envie de revivre ! Au final j'ai bien fait, le type est remonté tout grelottant après avoir scruté les alentours pendant de longues minutes.
Pendant ce temps je consolais sa copine en lui disant que normalement les requins restaient en dehors du lagon, position précise où nous nous trouvions et qu'à défaut de tortues au moins avait il des chances d'en voir un, ou plusieurs, à moins que ce ne soit les requins qui le voient en premier !
Finalement on a fini par rentrer dans le lagon et après une première pause snorkeling le soleil s'est enfin montré, donnant tout son éclat au lagon qui paraissait jusque là bien tristoune, éteint. Juste à temps pour arriver sur l'île de Maina pour le déjeuner que Mathias nous avait concocté et que nous avons dégusté sous les cocotiers, disposant de chacun de notre gourde : une noix de coco fraîche dépêchée sur place. 

On croirait pas, mais ça contient cette connerie, mine de rien ! J'ai discuté un peu avec l'allemande que j'avais effrayée le matin avec mes histoires de requins (c'est malin!). Elle m'a raconté qu'elle aimait Paris mais pas ses aéroports. Un jour elle devait se rendre de Roissy à Orly pour aller en Martinique et arrivée à Roissy on l'a laissée sans consigne et avec personne qui parlait Anglais. Du coup elle s'est débrouillée comme elle a pu en prenant un bus qui a mis 5 heures ! Eh oui c'est ça la France, quand je disais l'autre jour que tout est pensé pour nous rendre la vie infernale...
 En tout cas ici ça me change, le paysage est à tomber, je ne vois pas comment je peux voir mieux après, ce n'est pas possible ! Aitutaki surpasse tout ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, y compris les Laccadives qui étaient en top list jusqu’à présent. 23 heures de vol sans compter les attentes, 4 avions et 12 heures de décalage horaire ont de quoi effrayer le plus grand nombre. Le paradis se mérite et il existe sur cette Terre ! C'est aussi le paradis des oiseaux, notamment un oiseau tout blanc et criard, gros comme une mouette avec un long pic rouge qui prolonge sa queue. Il protège ses petits hirsutes et très laids en les cachant sous son aile et ils restent comme ça à même le sable.
Après manger nous sommes allés sur Honeymoon Island située juste en face, une île parfaite formée de quelques cocotiers et d'un immense banc de sable où les couples viennent sceller leur union. Il est de coutume d'y planter une noix de coco, de sorte que l'île est d'année en année plus boisée. A défaut de cérémonie en blanc, j'y ai vécu un instant tout aussi intense, seul sur le banc de sable (il n'y a que moi pour aimer crapahuter!) au milieu du Pacifique Sud, loin de la civilisation et de ses mauvaises ondes. C'est ma lune de miel à moi avec la nature ! Un instant qu'on ne pourra pas voler et dont je me rappellerai sur mon lit de mort. Espérons quand même avant que j'en connaisse d'autres tout aussi merveilleux !

 Puis l'heure vint d'un nouvel interlude de ballet avec les poissons. Tous ces petits cœurs qui battent sous l'eau ! Cette fois les coraux affleuraient quasiment la surface, il y en avait de toutes les formes, des mous, des durs. Et des gros bénitiers aussi dont l'intérieur rayé était de toutes les couleurs, jamais la même d'un individu à l'autre. Pourquoi tant de fantaisie sous l'eau, pourquoi un aquarium à ciel ouvert ? On dirait que ça a été pensé pour notre bonheur. On rencontre aussi des poissons qui ont l'air de papillons, jaune et blanc avec la tête rayée et une queue qui se prolonge en une traîne de mariée. 
 Pourquoi sont ils si beaux, qui les regarde, quelle est l'utilité ? Ils pourraient tout aussi bien être moches comme un mérou, ça leur rendrait pas la vie moins belle ! Et pourquoi tant de diversité pour brouter du corail ? Une seule espèce aurait suffit ! Autant de questions qui touche au mystère et à l'essence de la vie. Tout cela est il vraiment le fruit du hasard et de l'évolution ? Pourquoi atteindre une telle perfection ? Sur ces considérations mystiques, la balade s'est achevée par une course effrénée dans le lagon, où j'avais l'impression de planer comme un poisson volant au ras de l'eau. 
Pendant que les autres sont montées dans la jeep je n'ai pas quitté le navire et c'est désormais en capitaine fier de son bateau qu'on a repris la route ! En chemin Mathias s'est arrêté pour faire le plein... du bateau ! Il a reculé pour que la remorque soit bien en face de la pompe avec moi toujours à bord scrutant l'horizon pour éviter le naufrage ! C'était surréaliste ! Le plein de 8 litre et quelques a coûté 24 dollars NZ. Petit calcul fait, l'essence est au tour de 1 euro 50, comme chez nous donc.
Ce soir, quelle joie, le groupe de beauf est parti et j'ai gagné à la place un couple d'allemands que je n'entends pas (l'autre couple qui était aussi de la partie aujourd'hui). 
C'est bien simple je suis sur la terrasse et ils sont en train de manger en contrebas sur la plage, je vois leur lèvres bouger mais aucun son en sortir. Les Allemands au moins sont discrets, enfin pour la plupart, si on omet mon ex voisin joueur invétéré de piano qui m'avait valu de revendre mon appartement. Du coup j'écris de la terrasse, plus besoin d'aller m'exiler ! Et là il est 19:51, je fois aller préparer le dîner, en plus avec ces patates coriaces qui mettent des plombes à cuire...

jeudi 6 octobre 2011

Retour au Aitutaki Lagoon Resort & Spa


J'ai un souci avec les dates, je n'arrive pas à savoir si on est lundi ou mardi et encore moins à mettre un chiffre dessus. Je suis obligé de raisonner par déduction, c'est à dire au début de mon voyage et ensuite le raisonnement devient inlassablement : départ samedi 1, LA dimanche 2, 1er jour Aitutaki le 3, le resort le 4, One foot Island le 5. Donc on est le 6 ! Je vais forcément avoir un peu plus de mal à mesure que le voyage avance ! Je pourrais faire un effort mais ça m'emmerde, je veux lâcher prise de tout. A quoi sert un calendrier et une heure ? A nous mettre à l’unisson pour être de parfaits petits soldats de l'économie. Ici j'ai pas besoin de tout ça, je me lève le matin avec le jour, la montre reste au bungalow, je sais d’ailleurs pas où elle est et ensuite je vis selon ma fantaisie, je mange quand j'ai faim, je me mets au soleil quand je sens qu'il brûle moins et je rentre le soir quand je vois le soleil bas ! Les animaux vivent très bien sans, moi aussi !
Comment se taper l'incruste!
Ce matin j'ai décidé d'aller faire un tour au marché pour voir si je pouvais trouver des fruits et légumes qu'on ne trouve pas à l'épicerie. J'ai enfourché mon scooter comme une grenouille se poserait sur une boîte d'allumettes (visualisez l'image!). Je me suis toujours trouvé stupide sur ce genre d'engin. La route était jonchée de multitude fleurs qui s'étaient envolées dans la nuit. Ça change des merdes de chien écrasées des trottoirs parisiens !
Je suis content j'ai ramené des mangues qui sentent la fleur de magnolia. Elles promettent d'être succulentes. A 1$ NZ il y aurait tort de se priver. J'ai aussi pris des concombres épineux, au même prix, pour faire une salade et une pastèque à 5$. Ah oui et puis un chicken curry roti, un peu comme une tortilla farcie au poulet. Je mangerai ça demain car ce soir c'est le poisson d'hier. Je vais finir par attraper une tourista avec ma gestion particulière à manger des choses cuites la veille !
J'ai oublié de dire mais toutes les femmes ont une fleur de frangipanier à l'oreille, c'est charmant. Et en plus ça laisse un agréable sillage. Après avoir déposé mon butin à la case, j'ai décidé de me rendre à nouveau au Aitutaki Lagoon Resort pour la beauté du site et voir sûrement des choses que je n'avais pas remarquées la dernière fois. Pour y aller, j'ai pris un itinéraire bis, une route qui serpente à cheval entre cocoteraies et mangroves. J'ai retrouvé le petit bac et le capitaine m'a demandé ce que je désirais. Connaissant la recette, j'ai annoncé la même formule magique : une visite. Il m'a pas reconnu et m'a expliqué comment ça se passait, le formulaire, etc... Je suis rompu aux formalités, j'ai mes entrées dans le resort !
Le bar de la plage. Un p'tit apéro?
C'est sans aucune gène que je me pavanais dans le domaine, comme n'importe quel résident. D'ailleurs quelqu'un a t il regardé le prix des chambres ? Je serais curieux de savoir combien ils payent pour au final vivre la même chose que moi (je rappelle que la nuit il fait noir et que quand on dort on peut être n'importe où ça ne change pas grand chose!). Bon certes ils ont accès à certaines activités comme par exemple le canoë debout. Si si ! Ils sont juchés sur une planche de surf, raides et godiches avec une pagaie qu'on leur a mis dans la main et qui semble leur brûler les doigts ! C'est comique ! En général ils vont pas très loin sur le lagon et déclarent forfait dare dare.
Échec et mat!
Plus tard dans l'après midi, alors que je prenais mon casse croûte au même endroit que la dernière fois, j'ai remarqué un couple qui pataugeait dans le lagon, assez loin, de l'eau à la taille. Il faut dire que la « marée » était basse aujourd'hui et le lagon encore moins profond. Du coup ça m'a donné une idée de crapahutage. L'île en face à environ 500 mètres semblant être à portée à pied vu la couleur de l'eau, pourquoi ne pas y aller ? Ni une ni deux, tartinage de crème solaire, lunettes et couvre chef et me voilà parti pour l'expédition. Premier obstacle : traverser une passe de 20 mètres où il n'y a pas pied et qui doit avoir un courant de fou comme dans toutes les passes. 
Traversée du lagon à pied jusqu'à l'île au fond à gauche!
Patates de corail et l'île en vue. De l'eau au maillot je vous dis!
J'enveloppe mon appareil photo dans un sac sandwich à zip et me voilà à nager comme un petit chien, avec une main qui sort de l'eau pour tendre l'appareil photo. Arrivé sur le banc de sable, au début j'avais de l'eau aux chevilles mais rapidement c'est arrivé à mi cuisse et parfois au niveau du nombril. Je devais slalomer entre les holothuries et les patates de corail. Au bout d'un moment j'étais crevé et l'île était encore loin. Essayez de marcher 500 mètres dans de l'eau à la taille, vous me direz comment vous sentez les adducteurs après ! A tous ceux qui me disaient avant de partir : « Mais qu'est ce que tu vas faire ? Tu n'a pas peur de t'ennuyer ? », je répond : j'en ai l'air ?? Bon l'île était au final plus jolie de loin, la plage était du corail mal concassé. Heureusement que j'avais mes Crocs que personne n'aime aux pieds. On les critique beaucoup mais je n'ai encore rien trouvé qui les remplace: elles mont mené des cimes rocailleuses de Crète aux lagons polynésiens !
Vous la voyez cette étoile de mer?
 En tout cas comme on dit, dans un voyage ce n'est pas la destination qui compte mais le voyage pour y parvenir ! N'empêche, j'ai quand même vu une étoile de mer bleu nuit tout près du rivage. Elles sont longiformes, différentes de celles qu'on trouve par chez nous ou de celles des Caraïbes qui ressemblent le plus souvent à un ballon.
Le trajet du retour a été plus facile, j'avais le courant dans le dos, bien que le niveau avait bien dû monter de 20 centimètres de plus en l'espace d'une heure. J'ai comaté un bon moment sous mon fidèle cocotier, puis comme les nuages arrivaient à nouveau (le soir le temps se gâte mais il ne pleut pas), j'ai pris la direction du bar de la plage sur pilotis pour prendre une bière. 
Il m'en a coûté la bagatelle de 9,90 dollars (6 euros environ) pour une Corona à la con ! Mais comme le soleil refaisait son apparition, je me suis tourné vers lui, confortablement lové dans mon fauteuil en rotin, face au lagon, la bière à la main, reposant mes pieds sur le cordage de la rambarde de sécurité, les yeux clos, me laissant imprégné par le léger clapotis de l'eau et le murmure du vent dans les cocotiers sur fond de chants polynésiens langoureux. Un moment de plénitude qui méritait bien ses 6 euros !
Avant de partir j'ai fait un tour dans le jardin pour voir les hibiscus dont les fleurs sont grandes comme des assiettes à dessert ! Puis retour à l'accueil pour laisser un autographe. C'est là que j'ai vu qu'il était 18h20.
En ce moment je suis au Tamanu Beach, tout près de Matriki, où je me rends tous les soirs pieds nus pour écrire mon blog. Je fuis le bungalow, tous les soirs les voisins font un barboc et un feu de camp en parlant fort sous ma fenêtre ce qui a le don de m'agacer et m'empêche de me concentrer et de trouver l'inspiration. Même si en fait j'ai un papier et un stylo qui ne me quittent pas la journée, pour noter quelques idées, impressions ou bon mots quand ils me viennent. En fait le blog me prend à peu près 3 heures par jour, une heure le soir à écrire, 1heure et demi le matin pour trier les photos et changer leur résolution pour ce blog - je suis obligé car le réseau est tellement lent que je suis obligé de réduire les photos à moins de 100 Ko en rognant donc un peu sur la qualité - puis une demi heure pour tout télécharger sur le blog.
Polynesian style!
Tout ça pour 6 euros de l'heure ! La connexion internet est hors de prix ici mais j'aime bien mettre à jour mon blog, c'est mon divertissement, j'ai l'impression de créer quelque chose ! Au rythme où je poste les messages et les photos, j'ai calculé qu'au bout des 200 jours j'arriverais vers 500 Mo pour le blog. Et je me demande s'il y a une limite avec Blogger, je ne voudrais pas me retrouver bloqué avec le message « Blog full ». Car mon rêve ce serait que quelqu'un me repère et me finance pour écrire des carnets de voyage. Je suis un être libre, je ne me vois pas me fixer à un endroit, j'ai soif de découvertes. La Terre est suffisamment vaste pour avoir mille et une expériences à vivre, pas vrai ?

mercredi 5 octobre 2011

Après le paradis, le nirvana !

One Foot Island

Quelle journée, mon Dieu ! Il n'y ai pas allé de main morte quand il a fait ces îles. J'ai passé la journée à naviguer entre de petits îlots et à aller à la rencontre des populations locales sous l'eau. Il y a d'ailleurs une espèce de poisson rayé blanc et gris-bleu qui virevoltait autour de moi tel un papillon, intrigué de ma visite et me faisant son numéro de charme. Le lagon est indécent, il n'y a pas de mot pour le décrire. Jamais rien vu de tel ! C'est une succession de bancs de sable, de motus (les îlots) et de patates de corail. L'eau c'est pas de l'eau tellement elle est translucide, c'est du cristal ! J'ai passé ma journée à chialer de bonheur, c'est l'émotion ça me fait tout le temps ça devant un site d'une pureté infinie.

J'étais étonné déjà hier qu'ils n'aient jamais penser tourner un Koh Lanta ici. En fait si, la version américaine Survivor s'est déroulée une saison ici. C'est le capitaine du bateau qui nous a tout raconté. Ils sont venus 3 mois avec 2 gros bateaux pour toute la logistique, le matos et les équipes de tournage. Pendant ce temps personne n'avait le droit d'aller dans le lagon, ils ont indemnisé les locaux et empêché les touristes de venir. Ça a été comme un temps de guerre. Mais ils ont été très corrects avec tout le monde. Le capitaine a été enrôlé dans les équipes de tournage et à la fin ils ont convié tout le monde à un vol au dessus d'Aitutaki.
Pour beaucoup c'était la première fois qu'ils prenaient l'avion et il nous a raconté combien il avait été ému de voir la beauté de son île sous ces angles et de voir sa maison d'en haut. Ils sont partis aussi en construisant une passe qui permet aux embarcations de gagner le lagon. Avant ils devaient attendre la marée haute. Le chantier a dû être colossal et ils ont dû dynamiter du corail (hélas). C'est par là que nous avons gagné le lagon, le signalement du chenal est fait par des branches encastrées dans des patates de corail !
L'un dans l'autre les habitants d'Aitutaki sont contents de cette expérience, il y a eu des retombées économiques et pour beaucoup ça leur a permis de vivre mieux. Par contre ils ont demandé aux producteurs de ne jamais mentionner le nom d'Aitutaki car ils ne veulent pas être des promoteurs de l’émission et drainer un tourisme de curieux. L'émission s’est donc finalement appelée Survivor Cook Islands. Et je vous livre ici son secret !

Allez on jette l'ancre!
 Pour ma part j'étais toujours à la traîne chaque fois qu'on était déposé sur un îlot. J'étais comme fou, virevoltait de gauche, de droite, allait sur les bancs de sable, faisait le tour de l'île en transe, de sorte que j'étais toujours le dernier à regagner le bateau. Certains m'ont même charrié une fois où je n’étais pas le dernier, ils m'ont demandé de redescendre ! D'ailleurs il y a une fois où je me suis vraiment senti comme à Koh Lanta, sur Rapota : j'étais resté à la traîne pour prendre de jolies photos une fois que tout le monde avait dégagé et je ne me suis pas rendu compte que tout le monde était parti. Quand j'ai fait demi tour je n'ai pas retrouvé le bateau, ils étaient parti à ma recherche avec. J'ai immédiatement pensé à : « A la fin il n'en restera qu'un ! » Devinez qui ?
La photo d'Aitutaki qui m'a fait traverser 2 océans!
Le midi nous avons mangé sur One Foot Island, de son vrai nom Tapuatei, l'image de carte postale d'Aitutaki qu'on trouve partout avec ses deux îles séparées par un étroit chenal séparant des bancs de sables frangés de cocotiers. La femme du capitaine qu'on n'avait pas encore vue avait préparé le déjeuner à terre avec plein de bonnes choses et des filets de poisson grillés qui faisaient penser un peu au thon. De l'espadon sans doute. Finalement nous étions un groupe de 15, j'ai discuté un peu à table, il y avait 2 hollandaises qui revenaient de Polynésie française et finissaient par les îles Cook. Pour elles, Moorea c'est encore mieux, c'est ce qu'elles ont préféré. Je demande à voir ! Car bon, pour moi, maintenant que j'ai fait le meilleur, je peux rentrer ! Ça va pas la tête ? 
En tout cas il parait qu'en Polynésie française il y a plein de chiens et elles étaient étonnées tout comme moi qu'il n'y en ai pas ici. Ca promet ! Car ce qui est génial aussi ici c'est qu'il n'y pas de ces bâtards teigneux qui ne pensent qu'à aboyer et à empoisonner mon existence. Bon, OK, il y a un bien un coq qui se pavane tous les matins vers 7 heures avec sa greluche de poulette à côté qui caquette comme une conne et se plaît à réveiller tout le monde en passant bien partout, mais sinon le reste du temps c'est très calme. Dans le groupe il y avait aussi une allemande de Munich qui avait fait comme moi dans le passé en partant un an. Elle n'est jamais rentrée ! Elle vit désormais en Nouvelle Zélande avec son compagnon qu'elle a rencontré ici. Sa famille est venue la voir et lui a dit « Bon, OK, ne rentre pas !! » Tu m'étonnes ! C'est comme le capitaine qui nous avouait, en commentant le fait que les tortues étaient de grandes voyageuses comme nous (on a vu des tortues!), qu'il ne voyageait pas car il était très heureux sur son île.
A la fin du repas, il y avait du rab, la cuisinière qu'un sourire aux lèvres ne quittait jamais - les miss France avec leur sourires qui tremblent ont des cours à prendre ! - m'a filé un doggy bag. Ça va améliorer mon ordinaire constitué d'omelettes. Je réserve ça pour demain soir, je l'ai mis au frigo, ça attendra bien jusque là, non ? Puis nous avons repris le bateau avec la cuisinière cette fois (comment était elle arrivée là avant nous mystère!) et un moteur en moins qui avait lâché. Chemin faisant on a croisé un autre bateau avec un expert à son bord selon le capitaine. Pendant que l'autre était affairé les mains dans le cambouis j'ai déserté en douce en me jetant par dessus bord pour passer de l'autre côté du chenal, question d'admirer la vue sous un nouvel angle. 
Ça n'a pas été sans mal car il y avait un courant de dingue. Du coup des personnes d'un autre groupe qui étaient de l'autre côté et m'avaient vu faire sont venues me rejoindre. Je suis peut être responsable de noyades à la pelle ! On a plongé à plusieurs reprises, c'était très bien fait, le capitaine nous laissait autour de grosses patates de corail et déplaçait son bateau plus loin. On n'avait plus qu'à butiner en se laissant porter par le courant. Aucun effort. Et une fois à bord des mangues goûteuses, de la pastèque bien rafraîchissante ou encore de la noix de coco nous attendaient !
Finalement je me retrouve avec plein de photos qui sont toutes à tomber. C'est un casse tête à trier, alors je les mets comme ça et je vous laisse le soin de juger. Moi je ne peux pas !
Quand on s'est quitté le capitaine nous a tous remercié en nous enveloppant la main des siennes, nous a dit que son île était la nôtre, qu'on n'était pas éternel, que pour l'instant il y vivait et qu'ensuite un autre prendrait sa place, peut être nous. Il nous a aussi demandé de faire la promotion de son île autour de nous car ils sont contents de voir du monde, autrement il serait resté à la maison. Alors venez à Aitutaki ! C'est un vrai paradis méconnu.

Pour terminer je vous laisse avec ses derniers mots : « Please come back again and I'm sorry, I won't visit you in your country, I'm happy here ! »

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