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jeudi 13 octobre 2011

Vol VT36 vers Tahiti !

16:30
L'avion arrive à Rarotonga
Cela fait 40 minutes que j'ai quitté les îles Cook. Dans 2 heures je serai arrivé à Tahiti. Je suis tout excité, le nom, la réputation, l'isolement du reste du monde sont autant d'éléments qui concourent à son mystère. Seb si tu me lis, je pense que tu sais de quoi je parle ! Le vol est un appareil à hélice, un ATR 72. J'aime bien, ça fait un bruit d'avion bombardier comme dans les films avec les japs ! Par contre ce n'est un foudre de guerre : avec ses 500 km de vitesse de croisière, on comprend pourquoi il lui faut tout ce temps pour parcourir 1150 km (source Tahiti Magazine) !
Ça m'a fait tout drôle d'être accueilli à bord en Français, on est si loin de la France ! En ce moment même je sirote un jus d'ananas servi gracieusement. De temps à autre je scrute par la fenêtre cherchant à apercevoir un atoll ; pour l'instant rien à signaler !
Pour quitter les îles Cook, il en coûte 55 $NZ (40 euros), il y a de l'abus ! Je ne suis pas triste de quitter Rarotonga, cette île ne me laissera pas un souvenir impérissable, sans doute parce que j'ai vu Aitutaki avant ! Et puis le temps, hormis le premier jour, était trop frais pour moi et pas assez ensoleillé. Je suis comme le tournesol, je cherche le soleil, pour sa lumière et son effet sublimateur des choses. Sans soleil un paysage est si terne, le lagon si triste que c’en est à pleurer ! Cela fait 3 jours que je ne me suis pas baigné, avec un temps tout couvert et un vent du diable, j'ai le plus souvent un sweat shirt !
Par contre cela fait bizarre comme loin de chez soi les sentiments et impressions sont amplifiés, peut être parce qu'on est plus à l'écoute, plus disponible, plus ouvert. Je trouve qu'en voyage les gens n'ont que le meilleur d'eux mêmes à offrir. C'est bête à dire mais cela m'a fait un pincement au cœur à midi en quittant Else la norvégienne et Adam, le Canadien. J'ai apprécié leur compagnie pendant ces trois jours, nos longues discussions et surtout le partage de nos impressions et de nos vies, tout cela en toute liberté, sans jugement, juste pour le plaisir.



Si vous me lisez ici, I dedicate these lines to you.
Thanks Adam for your enthusiasm, your dynamism and your laughs !
Thanks Else for your sweetness, relaxed attitude and your smile (also for the invitation in Norway!)
Thanks Dylan and Tom for your little stories and your try to speak French !
I had fun with you. Have the best in your life and Kia Orana ! (« May you live long ! »)

mercredi 12 octobre 2011

Le tour de Rarotonga


Hier en fait après ma traversée de l'île je ne me suis pas arrêté pour autant. J'étais de retour à Muri Beach vers 15h00 et j'en ai profité pour louer un scooter. Comme le temps était couvert, je n'avais pas envie de rester par ici et l'analyse du ciel montrait qu'en allant plus à l'ouest je risquais d'avoir une trouée de ciel bleu. Mais d'abord il a fallu que je me batte avec le scooter. Ils m'ont loué un engin imposant de 125cc, je déteste ça, en plus ça consomme plus d’essence et si on veut le faire rouler sans le moteur, style pour le déplacer, on doit se démettre un rein ! Celle qui m'a filé le scooter a trouvé approprié le fait de ranger mon sac sous la selle. Je l'avais bien vu faire, facile, il suffit de tourner la clef dans l'autre sens. Sauf que quand j'ai voulu le faire, ça ne marchait pas. J'avais beau tourner la clef dans l'autre sens, suivre les flèches « open », à chaque fois ça me bloquait la direction que je me faisais une frayeur à débloquer !
Car il faut forcer le contact en tournant la clef comme si on voulait la casser ! En tout cas j'étais bon pour un retour au poste avec mes affaires coincées. Déjà que la bonne femme m'avait regardé dubitative quand à mes capacités à conduire un scooter, malgré mon permis de conduire Français et celui des îles Cook délivré à Aitutaki (rappelez-vous), qu'elle m'avait bien regardé démarrer en s'avançant sur la route pour regarder mes premiers pas ; alors là j'allais passer pour le dernier des nuls ! Quand je suis arrivé, j'ai eu droit à un « What's going on ? ». Penaud, je lui a dit que je n'arrivais pas à ouvrir le coffre. Elle m'a bien fait rappeler qu'elle m'avait montré et a refait la manip' : j'éteins le contact, j'attends une seconde, je tourne encore et clic ! C'est donc ça : il me manquait le temps d'attente ! Car quand on tourne tout de suite, ça butte et on n'a le choix que de pousser la clef pour continuer la course et c'est là que ça bloque tout. Alors que si on attend un peu et qu'on force un peu sans pousser, ça ouvre le coffre. Elle aurait quand même pu me le dire, c'est pas inné ! En tout cas je suis reparti avec le sac sur le dos et j'ai fait des essais discrets à vide hors de son regard avant de reprendre confiance dans ce maudit coffre !
Mon pressentiment était avéré: à Aro'a beach, à 10 km de là, le soleil brillait un peu, suffisamment pour faire des photos, tout comme le couple de mariés qui posait sur la plage. Ils m'auront sur leur photo de mariage, au fond avec mon T-shirt jaune qui pendouille du bas, distendu car d'une qualité de merde, au point qu'il fait jupe ! Par contre le vent de fou soufflait toujours, j'ai voulu faire une photo en posant comme les mariés, j'ai renoncé : j'avais la coupe du chapelier dans « Alice aux pays des merveilles », version Johnny Depp !! Pour ceux qui n'auraient pas vu le film, regardez sur internet, vous allez rigoler !
 Comme il faisait trop froid pour se baigner, j'ai décidé de monter sur les hauteurs pour profiter de la vue. C'est ainsi que je me suis retrouvé à crapahuter à nouveau sur le sentier Raemaru à l’ascension du mont du même nom, 340m. Chemin faisant j'ai croisé un gars de Aremango. C'est marrant car à Aremango on est tous en fait dans une maison avec un couloir qui sépare les chambres, très spacieuses. Sur la droite au fond, il y a 3 toilettes et douches, et sur la gauche on trouve la cuisine avec un grand frigo américain où chaque étagère porte le numéro de sa chambre. On a à disposition aussi un placard attitré. Le soir on se retrouve entre nous, à la bonne franquette, à préparer chacun notre dîner dans la cuisine ; forcément ça tisse des liens, c'est comme une grande famille ! Adam, de son nom, me dit que j'en ai encore pour 40-45 minutes. Ça tombe bien, il est 16h30 et à 18 heures et quelque je sais qu'il fait nuit.
 Un moment j'ai traversé une forêt de pins, très étrange de voir ça par ici, des pins comme par chez nous. Le sol était couvert de fougères rases aux tiges très dures et les fougères mortes me blessaient les chevilles, c'était très pénible. Comme pour le sentier qui traverse Rarotonga, il y a eu des passages en crête suffisamment larges pour poser les pieds, mais pas plus, avec les mêmes ravins des deux côtés, certes dissimulés par les fougères mais c'est pas elles qui allaient changer grand chose en cas de chute ! A l'approche du sommet, il y a un petit passage d'escalade où l'on doit s'aider de cordes à nœuds, et mettre ses pieds sur les fameux fers à cheval soudés dans le rocher. Espérons qu'ils sont bien fixés ! Qui contrôle ? Et tout ça sous des bourrasques de vent qui faisaient me déporter sur la gauche. Il y a même une fois où j'ai fait tarzan, suspendu à la corde et ayant raté une marche du fait du vent. Je me motivais pour poursuivre, je ne suis pas du style a abandonner, je n'ai pas fait tout ce chemin pour m'arrêter à quelques mètres du but.
Pourtant il était désormais 17:30, cela devait très imprudent de poursuivre, j'avais déjà mis une heure pour monter (les indications du Canadien étaient erronées), j'étais crevé déjà par mes 4 heures de randonnée d'avant et puis quelle vue de plus j'aurais de quelque mètres plus haut ? Le dernier passage, qui ne comportait plus de fers scellés et où il fallait y aller aux mains et aux pieds en prenant soin de ne pas regarder derrière pour éviter d'avoir le vertige, a eu raison de ma volonté : il était plus que temps de redescendre ! Finalement je suis arrivé au scooter un peu après 18h, la descente est toujours plus rapide que la montée, surtout en pressant le pas ! Sur la route je me suis arrêté à un supermarché pour préparer le dîner du soir. Je suis rentré là dedans au niveau du tourniquet comme un cowboy rentre dans un saloon : les jambes arquées par la bécane, traînant le pas, liquéfié par ma journée, courbant le dos par une faiblesse des lombaires qui me rappelait que j'avais un peu trop forcé aujourd'hui ! Évidemment j'avais aussi les bras en merde : une des bières que je tenais a fini sa course par terre, explosant son contenu moussant sur les alentours. Tous les regards se sont pointés sur moi, pauvre zombie qui n'est arrivé à sortir qu'un « Sorry » à peine audible ! En revanche ils m'ont fait payer la conso en caisse, j'aurais dû laper le sol, au prix de la bouffe ici : 6 $NZ (4 euros) pour un bout de fromage de 100g et tout le reste à l'avenant...
Comme si ça ne suffisait pas, sur la route où il faisait désormais nuit noire, je n'ai pas arrêté de me prendre des nuées de bestioles cinglantes en pleine gueule ! Et de grelotter avec mon pauvre T-shirt distendu ! Le soir j'ai raconté mes exploits, tout le monde était impressionné par les 2 randonnées que j'avais enchaînées coup sur coup dans la même journée. Adam en fait n'est pas allé au sommet, il n'a pas vu la code et tout le truc d'escalade car peu avant il est vrai que le sentier se perdait dans les fougères et ressemblait plus à des traces diffuses de passage d'un animal. Il pensait donc qu'il était arrivé en haut, vous savez c'est la partie où on a les précipices des deux côtés. La soirée a continuer tard dans la nuit, autour d'un verre ou plusieurs. Nous étions une norvégienne (en tour du monde aussi pour 7 semaines), un anglais, un kiwi (nom des habitants de Nouvelle Zélande) et un canadien. Il y aussi un couple suisse mais ils n'étaient pas là ce soir. Je me suis couché bien tard à 2:23 pou être réveillé 4 heures plus tard.
Autant dire qu'aujourd'hui je n'ai pas été très performant et me suis contenté d'un tour en scooter de Rarotonga : 32 km pour faire la boucle, qu j'ai choisi de faire dans le sens inverse des aiguilles d'une montre car le soleil semblait briller cette fois plus au nord. J'ai aussi exploré quelques routes qui menaient vers l'intérieur mais très rapidement elles avortent, l'île est inhabitée en son centre car trop abrupte et inaccessible avec ses pitons. J'ai découvert une plante que j'appelle la plante paresseuse car elle ne fane jamais. C'est vrai quoi, pourquoi se faire chier à faire des fleurs qui éclosent et puis fanent ? Celle là à trouvé la parade et économise son énergie pour autre chose (oui mais quoi?) : les fleurs n'ont pas de pétales.
Ce sont en fait les feuilles avoisinantes qui font illusion d'optique : un dessin rouge orangé parcoure les feuilles en leur centre et se termine en pointe au milieu de la feuille, faisant penser qu'une corolle de pétales est superposée au dessus. Pensiez vous qu'une telle chose existe ? C'est merveilleux !
Alors que je conduisais mon scooter en admirant le paysage de tous côtés, un moment il y a une palme de cocotier qui s'est décrochée de l'arbre sous l'effet du vent, achevant sa course sur la route dans un vacarme assourdissant, 3 secondes avant que je passe. Ça m'a ôté de ma contemplation et j'ai failli avoir une attaque ! Un peu plus tôt je me la prenais sur le crane et ça aurait pu me tuer ! Merci mon ange gardien, il a du boulot avec moi !

mardi 11 octobre 2011

Traversée de Rarontoga à pied

Vallée d'Aviatu, depuis The Needle

Ce matin, après avoir posté mon précédent message sur le blog, j'ai pris l'anti clockhouse de 9h00, direction Avarua. Objectif : traverser l'île du nord au sud dans la jungle, en passant par un sommet, Te Rua Manga (The Needle pour faire plus simple) culminant à 413m. Ce n'est pas le plus haut de l'île : j'ai pu voir sur la carte que c'était Te Manga, un peu plus à l'est avec ses 653m. La durée de la randonnée est estimée à 3 heures 30 selon les guides de voyage. Par contre au début, il faut suivre une petite route qui se termine en parking au bout de 3km et normalement c'est ici qu'on commence la balade dans la jungle. Étant complètement à pied, je m'attendais donc à mettre un peu plus de temps. Il est écrit que la randonnée est assez difficile car mal balisée, avec des passages délicats et qu'il faut absolument l'éviter après une pluie car le terrain est trop glissant. Il vaut mieux aussi la faire du nord vers le sud car la partie la plus dure est dans la section sud, avec tout un tas de chemins secondaires propices à se perdre, qu'il est plus facile d'éviter en descendant.
Après avoir quitté Avarua à 10 heures, je me suis donc avancé dans la vallée d'Aviatu. Les habitants que je croisais me disaient tous bonjour depuis leur jardin d'un signe de la main. J'ai même croisé une truie et ses petits, 6 ou 8, qui se sont mis à courir vers moi. Quand j'ai sorti l'appareil photo, ils l'ont reniflé pensant que c'était de la nourriture et il y en a même un qui l'a léché ! Heureusement qu'il ne l'a pas croqué !
Au bout de trois quart d'heure la route s'est terminée, fermant derrière elle la civilisation et ses chiens. Un panneau indiquant « Across the Island track » invitait à prendre un sentier, qui au début traversait des petites plantations et cultures, puis qui a pénétré rapidement dans la jungle, avec des lianes qu'il fallait éviter en baissant la tête. 
Rapidement le sentier s'est fait raide, nécessitant de s'aider des racines des arbres pour grimper. Un moment quand j'ai voulu prendre une photo du chemin en posant l'appareil sur une souche, j'ai immédiatement senti quelque chose sur ma main et vu une bestiole bizarre avec des longues pattes. J'ai tout de suite secoué la main par réflexe, sauf que c'était la même que celle qui tenait l'appareil photo, de sorte qu'il a fini sa course en heurtant violemment des racines ! J'ai pensé qu'il était cassé mais il a résisté. Si cela m'arrivait, ce serait le drame ! Je suis bien moins crapahuteur sans appareil photo. En effet comme je cherche toujours à faire les meilleurs photos qui soient, l'exploration m'offre l'opportunité d'en réaliser quelques unes. Sans appareil photo, la motivation serait moins grande, voire disparaîtrait. Je me souviens, cela m'était arrivé à Porto Rico et ça avait été une catastrophe. Amorphe, ne voulant plus rien faire, j'avais repris du poil de la bête en achetant rapidement un autre appareil. Mais ici où il n'y a rien ? Et puis je tiens à mon Sony HX9V, qui me permet de réaliser les panoramas que vous pouvez admirer dans les photos allongées et qui filme en full HD à 50 images par seconde. La qualité est vraiment top et l'image d'une fluidité incroyable. Par contre je ne peux pas mettre les clips sur le blog car avec le débit d'internet d’ici cela me coûterait la peau du cul !
Lorsque je suis arrivé au Needle, il était je ne sais pas quelle heure mais ce que je sais c'est que j'en suis parti un peu après 12h. Et je suis resté très longtemps au pied de ce rocher. J'attendais au début que les touristes soient partis. Un groupe de jeune était là à pique niquer et m'interdisait toute photo exploitable sans avoir une tête décapitée qui se promène dans le champ ! Puis plus tard j'ai attendu que le soleil passe entre deux nuages, sauf que les gros nuages gris tournaient en rond autour des sommets. Pourtant le soleil régnait des deux côtés de l'île.
Je ne suis pas monté en haut du Needle, des cordes et arceaux de fer scellés dans la roche y invitaient mais j'ai lu que c'était dangereux, qu'il y avait des éboulis fréquents. Valait donc mieux s'abstenir ! 
C'est intéressant aussi de voir des morceaux de coraux joncher le sol tout le long du parcours, attestant qu'avant ces îles étaient des fonds sous marins. En redescendant du Needle pour rejoindre le sentier qui passe côté sud de l'île, un coq et deux poules étaient là, vivant leur vie, sans doute échappés il y a bien longtemps. Ces bestioles vivent toutes en liberté mais celles là, si loin de tout, je ne pense pas qu'elles appartenaient à quiconque, surtout que ces engins ne volent pas ! Vous avez déjà vu une poule faire un vol plané ? Ça pisse pas bien loin ! Le coq était magnifique, de toutes les couleurs et les poules aussi, presque comme des faisans. 
Le sentier est remonté un instant, offrant une vue magnifique en surplomb sur le Needle. C'est la partie la plus ardue de la randonnée, il y a un vent terrible qui a tendance à déséquilibrer, chose dont on se passerait volontiers sur un chemin qui est large comme deux pieds avec des précipices des deux côtés ! Par contre, pour ce qui est de se perdre, il faut le vouloir car si on a compris comment ça fonctionne il n'y a aucun risque : le sentier est balisé par des triangles en plastique orange cloués sur des troncs. Imparable ! J'ai continué ma randonnée, allant à mon rythme, prenant des photos, profitant du spectacle, de ces forêts de fougères et des petits cours d'eau qui traversaient le chemin. 
Par contre il ne faut pas s'immobiliser trop longtemps, l'endroit est infesté de moustiques voraces. Tant qu'on marche c'est OK. C'est la partie que j'ai préférée de la randonnée. Elle est estimée à 1h30, j'ai mis quasiment 2 heures. Car à la fin il y a une cascade à laquelle je me suis arrêté. Peu avant j'ai croisé deux vieux avec un guide qui marchaient avec une canne, à petits pas, à vitesse de déambulateur, au bord de la fracture du col du fémur ! J'ai pensé : « heureusement que je voyage tant que je suis jeune, ça se complique plus tard ! ». Qui dit que je ne serai pas comme eux ? Même s'ils ont dû souffrir, au moins c'est courageux de leur part.
Un peu avant la cascade j'ai croisé un autre vieux qui m'a demandé des nouvelles des autres. Celui là était plus alerte ! Il habite ici et on a bavardé un moment. Quand je luis ai demandé si je n'avais pas dépassé la cascade, il m'a dit qu'il n'y avait pas de cascade. Ou plutôt si, mais elle est à sec ! En effet il n'a pas plu depuis 5 semaines et ça inquiète tout le monde. Il y a une pénurie d'eau et des restrictions de consommation ont déjà lieu. Il m'a conseillé d'aller voir du côté de Samoa pour voir de belles cascades, Tuvalu ou un truc du style. Quand je lui ai dit que j'allais ensuite à Tahiti, il m'a dit d'aller à Moorea, que c'était magnifique. Ça tombe bien, c'est prévu et c'est même là où je serai dans 3 jours !
Pour ce qui est de la cascade, j'ai jeté un œil et en effet ça ne ressemblait à rien, j'ai donc tourné les talons aussitôt. Sauf qu'une fois le dos tourné, j'ai entendu un vacarme et l'eau s'est mise à couler par flots entiers ! En fait des ouvriers étaient affairés en haut de la cascade et venaient juste d'ouvrir une vanne ! Un groupe de touristes est arrivé en jeep en même temps. Je ne sais pas si c'était la raison, en tout cas ça faisait pour le coup attraction locale, qu'on ouvre et qu'on ferme quand les gens sont partis ! Ou peut être est ce pour économiser l'eau. En tout cas sur le guide il était dit que l'on pouvait remplir sa gourde d'eau pure et se baigner dans la piscine formée sous la cascade. Si on veut ! Car pour l'heure l'eau oscillait entre le marronnasse et le noir et charriait tout un tas de débris qui rejoignaient ce qui restait de la piscine par temps fastes et qui se résumait à un bassin peu ragoutant survolé par des nuées d'insectes ! D'ailleurs j'avais pris place au pied de la cascade, sur une plage de grève, sous une voûte et je ne me suis pas rendu compte que le niveau montait et que j'étais encerclé comme un rat ! Pour le coup pour en partir, j'ai dû marcher dans cette soupe infâme, sans voir évidemment où je posais le pied ! J'ai bien regardé si je n'avais pas récolteé quelques sangsues...
Il était 13:45, j'ai regardé sur la carte le prochain passage de l'anti clockhouse : 13:54. Il fallait que je fasse vite, il me restait une portion de route à descendre pour arriver sur la route principale. J'ai donc couru. Pas le choix, avec un bus toutes les heures ! Au bout de quelques secondes de course, un pick up de chantier de la voirie s'est arrêté à mon niveau pour m'inviter à monter dans la benne ! Je me suis assis là sur les graviers avec des noix de coco qui bringuebalaient librement là dedans comme dans un flipper ! J'avais l'impression d'être la cible à atteindre ! Mais j'ai été en bas à temps, à 50. Par contre peut être que le bus venait de passer en avance car rien n'est arrivé ! Sauf une estafette avec les vieux et le guide que j'avais croisés plus tôt. « Where are you going ? » Ils se sont proposés de me ramener à Muri Beach, à 8km de là tout de même. J'ai donc remballé mes 4 dollars que j'avais dans la main pour le bus. J'étais assis à côté du couple de petits vieux, 86 et 88 ans quand même ! Le conducteur qui devait bien être autour de cet âge là disait qu'ils faisaient plus jeunes ! Je me marre ! Il y a un âge où pour moi un vieux n'a plus d'âge!
Quand ils sont descendus à leur hôtel ils ont remercié vivement le guide en le prenant dans les bras car il avait été merveilleux de patience avec eux. Ils ont ajouté « We don't say : see you next time ». Tu m'étonnes, ils savent pas s'ils seront encore là l'an prochain ! En tout cas chapeau pour l'exploit et j'espère être comme eux à leur âge et pas dans une maison de retraite. Ça me laisse encore une seconde partie de vie faite de découvertes !

lundi 10 octobre 2011

Et maintenant, Rarotonga !

motu Koromiri
Poursuivons notre découverte des îles Cook ! Ce matin j'étais arrivé à l'aéroport d'Aitutaki avec une heure d'avance, j'étais le premier. Celle qui enregistrait n'a pas pas voulu me filer un siège sur la droite car elle les résreve aux couples. C'est de la discrimination ! Les couples ont droit à la vue et pas moi ? En fait la raison est que l'avion à hélice et à 10 rangs de siège est configuré 2 sièges à droite, un siège à gauche. Donc pour garder les couples ensemble ça fonctionne ainsi, ce qui peut se comprendre, sauf que je n'avais pas dit mon dernier mot : je suis monté le dernier dans l'avion, espérant avoir encore une chance que l'avion ne soit pas complet. Et youpi, au fond il y avait toute une rangée inoccupée. Je me suis donc calé au hublot, sur la droite. 
Sauf qu'avant le décollage l'hôtesse m'a dit que je ne pouvais pas rester là pour des raisons de sécurité, que ça déstabilisait l'avion et que je devais retourner à mon siège ! Quoi, moi déséquilibrer un avion ? Je suis pas si lourd que ça !
Je suis donc retourné au siège 9A, faisant grise mine. Je gigotais dans tous les sens, fulminant. Quand l'avion a décollé et que tout le monde a dégainé son appareil photo avec des « Wwah ! », « Look at that ! », « Fantastic » et tutti quanti, un couple qui eux n'avaient pas d'appareil photo et semblaient s'en foutre a saisi ma frustration et s'est proposé de prendre les photos à ma place. C'est avec un grand sourire que je leur ai filé l'appareil. La photo d'hier est donc prise par le vieux. Il a fallu que je la recadre, elle était de traviole ! Si ça avait été moi j'aurais encore un peu attendu pour avoir l'ensemble du lagon, mais bon, c'est déjà bien comme ça !
A l'arrivée à Rarotonga, pas de taxi que j'avais pourtant demandé à Aremango, la location d'ici, via un mail que je m'étais fait chier à envoyer d'Aitutaki. Une navette de truc de luxe m'a demandé où j'allais, ils m'ont conseillé de prendre le bus qui passait de l'autre côté. Je pouvais le prendre dans les 2 sens, l'île est ronde et le bus en fait le tour. Au bout de 10 minutes un bus est passé mais ne s'est pas arrêté en faisant le signe de zigouillage de gorge. C'était pour me dire qu'ils étaient plein ! J'ai attendu donc le prochain, en plein soleil, avec ma tente et mon sac, dans le zin zin des scooters, motos et voitures qui ne faisaient que passer. J'étais le seul largué comme ça ! 15 minutes plus tard alors que j'allais craquer et retourner au terminal demander un taxi, un type s'est arrêté et s'est proposé de m'amener à la ville principale pour que je prenne le bus depuis la gare routière. 
 Peu de temps après le bus est passé, l'anti clock house. Prix unique : 4 $ où qu'on aille ! En fait il y a un bus qui fait le tour dans le sens des aiguilles d'une montre pendant que l'autre le fait dans le sens opposé. Il y a un bus toutes les heures !! J'ai donc eu de la chance dans mon malheur. 
J'avais un plan de Rarotonga sur moi avec la liste de tous les arrêts de bus (un miracle), je guettais donc les arrêts, je savais que le mien était le numéro 16. Sauf qu'ils ont un numéro sur le plan mais pas sur l'arrêt ! C'est impossible de savoir où on est ! Au bout d'un moment j'ai perdu le fil et j'ai demandé au chauffeur de m'arrêter à Aremango. Une fois arrivé, Kelly, la gérante, m'a accueilli, ingénue « You're Ivan ? Coming from the airport ? ». Oui, et même que je n'ai rien dit. Keep cool !
motu Oneroa
Tout de suite arrivé, à peine briefé, j'ai compris qu'on avait des kayaks à disposition pour 5$ la demi journée. Idéal pour explorer le lagon autour. Sauf que quand je l'ai demandé, j'ai eu droit à un « Sorry, we don't have single kayaks, they are all double », et elle m'a orienté vers un loueur sur la plage. J'ai pris la formule 3 heures 10$. Le type avait un plein cageot de banane, il était midi et je n'avais qu'une bouteille d'eau dans mon sac. Des bananes auraient été la bienvenue pour me faire tenir jusqu'à 3 heures. Je lui ai demandé s'il en vendait. A-t-on déjà vu un loueur de kayak vendre des bananes ? Son régime était pour sa consommation personnelle pour son déjeuner. Un vrai macaque ! Mais ce n'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire la grimace : quand il a vu que je continuais à lorgner dessus, il m'en a filé 3, gratis !
Je me suis arrêté au début sur le motu Koromiri où tout un groupe d'individus déjeunait là ayant acheté une excursion. Il y avait un groupe de musiciens polynésiens qui chantaient. Attiré par les sons envoûtants, j'en ai profité pour assister au show. Ils n'y ont vu que du feu, il y avait même le buffet où j'aurais pu me servir ! Tout l'après midi j'ai eu les airs polynésiens dans la tète ! Plus tard j'ai continué un peu plus à l'est pour explorer le motu Oneroa avec une grande plage sans eau, comme si un tsunami menaçait ! A propos de tsunami, j'ai retrouvé sur l'île les mêmes pancartes qu'en Thaïlande « Tsunami evacuation area » qui ont fleuri partout suivant le tsunami de 2004.
A trois heures j'ai rendu le kayak et pris un vélo en libre disposition. Il ne freinait pas très bien. Je voulais gravir les collines avoisinantes pour avoir un point de vue d'en haut sur le lagon et c'est en descendant que j'ai réalisé en fait que le câble des freins était cassé à l'avant tandis qu'à l'arrière il n'y avait plus de patin, c'était l'arceau qui frottait directement sur la roue ! Je suis donc retourné à la location. Le copain de la gérante m'a demandé si tout s'était bien passé. Je lui ai répondu que si on omet le fait qu'il n'y a pas de frein, ça roule ! J'en ai pris donc un autre. Mauvaise pioche, il avait une pédale manquante ! J'en sors un autre : pneu crevé. Le dernier fut le bon, il est bien rouillé, a le panier de devant éventré mais il remplit sa mission : rouler, et accessoirement freiner !
Je fais le beau et gonfle mon ramage!
Bon au final, j'ai plus fait une promenade de tour de quartier qu'une balade, avec les voitures, les camions, les motos, ça sentait le pot d’échappement et ça m'a fait drôle de revenir à la civilisation. Je veux retourner à Aitutaki où l'on ne croise que des poules, des vieux boucs et des femmes en scooter une fleur de frangipanier dans les cheveux ! Sérieusement l'île est très différente d'Aitutaki, elle est accidentée et très verte. D'ailleurs s'il fait beau demain je prends le bus pour aller prendre un sentier qui traverse l'île du nord au sud en traversant des montagnes. Durée de la balade : 3h30. Il y a marqué sur la carte « difficult track, guide recommended ». J'irai tout seul, avec mes Crocs !
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