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dimanche 6 novembre 2011

L'île aux Récifs




Mieux que le lagon bleu, l'île aux récifs ! Demandez le programme ! Jusqu'où irai je comme ça si chaque excursion est mieux que la précédente? Je souhaite à chacun de pouvoir vivre une fois dans sa vie une telle journée.
Ce matin à 8 heures j'étais le premier à monter dans le pick up de Pa'Ati Excursions, tenu par deux jeunes et sympathiques Tuamotu, Léon avec ses couettes tressées et Tu. On est parti ramasser les personnes des autres pensions au cours de notre tournée de l'île. Puis on est monté à bord d'une petite vedette aux couleurs rasta, jaune et vert, au niveau du quai de la plage publique, là où j'avais pris hier le taxi boat.
Premier arrêt, première attraction : les dauphins. Nous avons fait une incursion dans la passe de Tiputa mais comme l'heure était la même qu'hier et que le courant était dans le sens intérieur du lagon, les dauphins n'étaient pas là. Il semblerait qu'ils se pointent lorsque le courant sort de la passe vers le large. 
Peut être attendent ils ainsi les poissons, qui pris dans le courant, finissent leur course dans leur gueule. Ce n'est pas bien grave, le capitaine Léon, après avoir fait des tours pour rien, nous annonce que nous reviendrons ce soir en rentrant et que nous aurons alors sûrement plus de chance.
Pour l'heure, c'est un peu plus d'une heure de navigation tape cul qui nous attend, l’île aux récifs étant au sud exactement de la passe de Tiputa, à 25 km de là. On doit traverser tout le lagon pour arriver de l'autre côté, après l'horizon ! Le temps aujourd'hui était splendide, je suis chanceux ! Pas de souci donc à priori à se faire pour les photos.
Je dormais à moitié quand nous avons atteint l'île aux récifs, en fait la banquette étant au centre dans le sens de la longueur du bateau, je faisais face au lagon sur la gauche. Je n'ai donc pas vu ce qui se tramait devant. Quand j'ai réalisé, j'ai dégainé l'appareil photo. Encore un lagon bleu turquoise à provoquer une cécité avec des îles vierges, des motu en veux tu en voilà, tous sauvages et inhabités comme il se doit, plage de sable blanc, cocotiers et tutti quanti ! Vous êtes habitués, maintenant ! Un peu comme au lagon bleu sauf qu'ici les motu ne forment pas une couronne mais se suivent comme des chipolatas sur un barbecue. 



J'étais le premier à poser le pied sur le motu, je ne me fais jamais prier quand le signal « vous pouvez y aller » retentit ! Je me sentais comme Christophe Colomb découvrant une île vierge, si j'avais eu un drapeau je l'aurais planté là. J'avais aussi envie d'embrasser la terre en posant le pied, ce petit paradis qui me souhaitait la bienvenue, comme fait le pape ; mais avec le reste à mes basques, je serais passé pour un fou ! Je me suis donc contenté de devancer le troupeau. Pas question de les laisser m'obstruer le paysage !
Entre deux motu, un petit lagon se dessinait avec des patates de corail. Tu, notre guide, nous a alors invité à rester là pour faire un peu de snorkeling. Le programme de la matinée : après le snorkeling, direction les récifs avant de gagner une cabane verte, 2 motu plus loin, où le déjeuner nous sera servi. C'est trop dur la vie ! Pendant ce temps Léon part à la cabane tout préparer. aussi devons nous prendre appareils photos, lunettes, chapeau et crème solaire.
Un bon petit programme qui commence ! Sauf que dans l'eau j’avais un gamin sans gêne qui me suivait partout et faisait fuir les poissons. Dès que je bifurquais ou me retournais je lui rentrais dedans. Je n'avais pas envie de le calculer ! Je suis donc allé dans un petit passage étroit et peu profond et lui, déjà en devenir d'obésité malgré son jeune âge - à peine 10 ans -, n'a pas pu me suivre. Gagné ! Je n'aime pas ces familles nombreuses qui envahissent tout l'espace se croyant comme à la maison, gueulant des Eliott, Cloé à tout va, qui menacent des « qu'est ce que je t'avais dit » ou des « ça va mal se terminer » pendant que les gamins font crise de nerfs sur crise de nerfs. Je fuis tout ce qui est familial en vacances, ce n'est pas pour retrouver ça ici !



En continuant le long du chenal où nous avons fait du snorkeling, on arrive dans un très étrange paysage en bordure de récif. Des concrétions tortueuses, pointues et déchiquetées s'élèvent à 1 ou 2 mètres au dessus du sol, comme des rochers, formant des canaux et des petites piscines. Ce sont en fait des coraux morts dont il ne reste plus que le squelette, témoin que le niveau de la mer était plus élevé qu'il ne l'est à l'heure actuelle. Comme quoi, on nous bassine avec la montée des eaux due au réchauffement climatique mais ici c'est le contraire ! C'est le paradis des oiseaux qui nidifient dans les trous, ça crie, ça piaille, ça passe au dessus de la tête en vols planés, on a l'impression qu'on va s'en prendre un en pleine figure à tout moment. A certains endroits de pauvres arbustes poussent aussi, essayant d'émerger comme ils peuvent de ce dédale coupant. 
En continuant vers la mer, le récif dessine des plates-formes roses contre lesquelles viennent se fracasser les vagues, mélange du bleu azur de l'océan Pacifique, de l'écume blanche comme neige, des rochers roses, du gris anthracite des concrétions coralliennes, du vert tendre des cocotiers, du sable blanc et du bleu lagon. C'est un festival de couleurs et le spectacle est magique. Je n'ai jamais rien vu de tel !
Puis Tu, avec son talkie-walkie jaune à la taille et un des gamins sur les épaules, nous a montré le hua (canal) à traverser pour aller rejoindre le motu du déjeuner. La distance était assez importante, nous avons progressé entre patates de corail et bancs de sable, le niveau de l'eau au niveau des hanches. Cette fois je fermais la marche.



Au déjeuner nous avons eu le même menu qu'au lagon bleu et la suite a évolué de la même façon entre sieste et séance de tressage de palmes de cocotiers. Je n'ai pas dérogé à mes habitudes, je suis allé explorer tout alentour. Il y avait encore un autre motu que l'on semblait pouvoir rejoindre en jouant à saute mouton d'un banc de sable à l'autre. Mais je me suis trouvé stoppé net dans mon élan, il y eut un passage qui avait l'air assez profond et l'appareil photo à la main je n'ai pas voulu tester jusqu'où c'était profond, ça descendait à pic. Qu'à cela ne tienne, je suis allé me consoler avec les requins, une fois de plus n'est pas coutume. Cette fois je les avais pour moi tout seul ! Ils sont un peu moins gros qu'au lagon bleu, mais je ne suis pas allé voir s'ils avaient les dents moins acérées.
A 14h30, alors que je jetais un œil de temps à autre en dehors de l'eau pour jauger la situation, j'ai pu voir que tout monde se mettait en mouvement, d'abord Tu avec les glacières, suivi de ceux qui étaient pressés d'en finir (il y en a toujours, ça me sidère!). J'ai pris mon temps pour sortir et récupérer mes affaires et je n'étais pas le dernier à bord. C'est fou tout ce que les gens se trimbalent avec eux tout le temps, le record revient évidement à la famille qu'on entendait du bateau : as tu pensé à ceci, à cela, et ta sœur, et les palmes, et le sac de plongée...Tu parles de vacances, chez eux c'est pas « Vacances, j'oublie tout »  mais « Vacances, j'oublie rien» !



Nous avons mis le cap sur la passe de Tiputa. Deux bateaux d'autres excursionnistes sont partis en même temps que nous ; nous n'avons pas tardé à les rejoindre puis à les dépasser. Il y en avait deux dans une barcasse qui faisait des vols planés à chaque vague, retombant sur leur cul quand la barque retouchait mer. Ils faisaient la course, mais on a gagné, Léon avait la main à fond sur la manette. Moi j'étais assis en tailleur sur le coffre arrière, la famille ayant monopolisé un banc entier (ça fait beaucoup quand il n'y a que 2 bancs !). Et je commençais à avoir des crampes.
Quand on est arrivé à la passe, les dauphins étaient là. D'abord timides et occupés à jouer après le sillage d'un scooter des mers, ils se sont faits plus présents puis ont rappliqué en nombre. 
Tout le monde rigolait de bonheur, passant d'un côté à l'autre du bateau pour suivre leurs trajectoires, entraînant la vedette dans un un tangage qui aurait pu causer notre perte ! Les dauphins fonçaient vers nous pas salve de demi douzaine, fendant les vagues comme les avions dans le ciel lors des salons aéronautiques. Ils passaient sous le bateau, ou bien nageaient sur le côté à fleur d'eau le long du flanc du bateau pour mieux nous montrer leur frimousse. Les gamins étaient aux anges, ils criaient, surexcités et ne voulaient plus qu'on parte. Les adultes se parlaient les uns les autres comme si tout le monde se connaissait. On a bien dû rester une heure comme ça, dans un autre monde, jusqu'au show final où les dauphins ont dansé pour nous. 
J'ai mitraillé avant d'obtenir ce cliché!
C'était un ballet féerique dans le ciel, ils s'amusaient à faire des figures, comme pour nous dire au revoir. Moi j'en avais les larmes aux yeux. J'avais déjà vu des dauphins aux Maldives, mais jamais de si près. Un gosse a même pu en toucher un alors qu'il avait laissé sa main à la surface de l'eau.
Comme si ça ne suffisait pas, à une encablure de là, alors qu'il était déjà tard dans l'après midi (les autres excursions avaient déjà fini), nous avons attaché le bateau à une bouée. Tout le monde à l'eau, nous étions à l'aquarium. Celui qui était à côté de moi m'en avait fait l'article dès le matin. Il y était allé la veille et en était encore tout émoustillé : « C'est incroyable, il y a tellement de poissons qu'il faut les chasser pour se faire un chemin ». Alléché, j'avais décidé d'y aller demain mais voilà qu'on s'y arrêtait. Quelle bonne surprise ! 
Je n'ai jamais vu d'eau aussi poissonneuse, le type n'avait pas menti. Toutes mes photos précédentes font pâle figure. Il y avait des centaines de poissons qui se bousculaient pour me laisser passer, se montant dessus, se recevant des coups de nageoire dans l’œil. Les coraux étaient superbes et comme il était 17 h, la lumière rasante du soleil permettait de jouer avec et dans un contre jour d'illuminer les poissons dans un halo. Superbe ! Il y en a qui ont vu une murène, j'ai voulu aller voir mais je n'avais pour toute indication qu'un « C'est par là, elle est dans un trou ». Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, c'est comme le coup de la pelle de Gilbert avec son cocotier ! Et du reste, il ne fallait pas abuser, j'étais le dernier dans l'eau et Léon et Tu me faisaient de grands signes en battant des bras pour que je revienne.
Garantie sans trucage, j'en aurais fait des essais!
Quand on s'est quitté, je les ai remercié chaleureusement. Dans le pick up qui me ramenait à la pension, Léon m'a demandé :
« - Alors ça t'a plu, mon frère ?
- C'est difficile de faire mieux ! Tout est en effervescence dans ton pays !
- Ah ça, on est gâtés, la nature est simple et efficace! ». Je n'ai pas mieux à dire !
A la pension, une surprise m'attendait. Fabien est parti aujourd'hui mais deux nouveaux sont arrivés : Florie et Jean Marc ! Ça m'a fait plaisir de les revoir, tellement qu'on est allés mangé une pizza ensemble au snack à côté. Demain ils vont à l'île aux récifs, quand ils ont vu mon air euphorique ils ont signé tout de suite ! Pour ma part, ce sera déjà l'heure de partir vers d'autres aventures, à Tikehau...


samedi 5 novembre 2011

Objectif Tiputa




Désolé c'est le lagon bleu, j'avais plus de place hier!
Frédérique s'était occupée, sur ma demande hier soir, de réserver deux vélos, un pour moi pour les deux jours qui restent et un pour Fabien pour aujourd'hui. En effet j'avais proposé à Fabien de m'accompagner à vélo pour parcourir le motu et visiter celui d'à côté, Tiputa, à la recherche de plages, le motu d'Avatoru n'en disposant pas. L'idée l’avait enchanté. Le but du vélo est aussi double pour moi. Je vais enfin pouvoir aller dormir ailleurs, loin du bruit, en toute autonomie. Ce matin j'étais encore crevé par quasi une nuit blanche due à ces foutus clebs. Désormais avec le vélo je pourrais me sortir de ce village infernal et espérer trouver un coin sans habitation autour, gage de tranquillité. Le camping sauvage, il n'y a que ça de vrai !
A 6h30, un type, un métro, est venu apporter les vélos, en piteux état et rouillés. Tout à coup je me suis revu avec les vélos déglingués de Rarotonga ! Mais ceux là avaient l'air de fonctionner et disposaient de freins. Tant que ça roule, c'est tout ce qu'on leur demande ! Quand j'ai enfourché le vélo j'ai dit à Fabien, « Ouh là, la selle est dure, ça va me défoncer le cul ! » Pour lui c'était pareil.
A la sortie du village d'Avatoru on a croisé une drôle de pancarte qui invitait à entrer dans un chemin. Il y avait marqué : « Excursions, sensibilisation au don d'organes ». Quelle drôle d'association ! Ça n'a pas manqué de me faire rigoler, j'ai dit à Fabien : « En fait ils t'emmènent dans le lagon et te donnent en pâture aux requins, comme ça le travail est déjà à moitié fait ! »
Chemin de la plage publique
En chemin nous avons croisé les deux hollandais qui avait le même but que nous, mais à pied. Il y a une passe qui sépare le motu d'Avatoru et de Tiputa dans laquelle on est assuré de trouver des dauphins. Fabien y est allé la veille avec le type des vignes qui l'a un peu fait visiter et ils les ont bien vu : « Tu verras, au bout de 10 minutes où on était là, on les a vu jouer dans la passe ». Il y a tout de même 10 kilomètres à parcourir depuis le village, c'est de l'autre côté de l'île, cela fait une sacrée trotte !
Frédérique m'avait dit aussi où prendre le taxi boat pour traverser la passe et se rendre sur Tiputa. Ils prennent les vélos paraît il, tant mieux ! Pour trouver le débarcadère, il faut prendre un chemin qui avance dans la cocoteraie avec un panneau « Plage publique » à moitié effacé. Au bout se trouve un snack avec les horaires de passage. Il était 10h10 quand on y est passé et le prochain passage était à 11h, un par heure. On s'est donc dit qu'on avait jusqu'à 11h pour aller voir les dauphins. Sauf que c'était sans compter avec moi qui m'arrête un peu partout pour prendre des photos. 



Du débarcadère on peut voir juste à côté un hôtel de luxe avec des bungalows sur pilotis comme aux Maldives (ou à Bora Bora...). « Tiens, allons visiter ! ». Fabien, sceptique : « Tu crois qu'on peut entrer ? - Mais oui, tu vas voir, laisse moi faire, j'arrive à rentrer partout ! ». Et je lui comptais l'histoire du Aitutaki Resort où j'avais fini par me faire repérer tout de même. Et j'avais raison ! Juste après avoir posé nos vélos contre un cocotier, nos sacs sur le dos, tout dépenaillés, une dame endimanchée s'est approchée, souriante : « Ia Orana, vous pouvez entrer, il n'y a pas de problème, mais si vous pouvez mettre vos vélos là bas, sous le faré... » en nous désignant un petit abri où des vélos sont attachés, sans doute pour la clientèle. Car il s'agit de ne pas gâcher le paysage pour les clients avec nos vélos rouillés !
La passe de Tiputa
Le resort est situé dans un très beau coin et ils ont même le luxe d'avoir une plage de sable et non pas de débris de coraux morts. Sans doute une plage artificielle. Il n'y a rien autour, au moins ceux qui sont là ne doivent pas être emmerdés par le bruit la nuit. Enfin, en théorie car l'hôtel est vide, on a croisé personne à part les employés ! Comme le temps tournait, Fabien m'a dit : « Faudrait qu'on y aille, sinon on ne verra pas les dauphins, il ne reste que 15 minutes. - Eh, no stress, relax, on a qu'à prendre la navette de midi ! » Ce que nous avons fait. Après, on est allé voir à la passe, on a scruté la surface de l'eau, rien, pas un dauphin ! Fabien s'est allongé sur un petit parapet. « Je vais faire la sieste, tiens ! ». Pendant ce temps j'attendais qu'un gros nuage passe pour prendre la passe en photo. Je parlais aussi à Fabien « Imagine qu'on crève, on serait bien dans la merde ! ». Car pour ça je suis un spécialiste, à chaque fois que je prends un vélo pour des balades, je rentre en le poussant ! C'est pour ça d'ailleurs que je n'ai plus de vélo en France, j'en avais marre de me déplacer avec des chambres à air de secours et une pompe. Et évidemment c'est quand j'avais oublié l'attirail que je crevais ! Pour la secousse, j'avais même fini par acheter des pneus pleins, sans chambre à air, comme les roues des chariots de supermarché. Une horreur, ça transforme le vélo en veau, il faut peiner comme un malade dès le premier degré de semblant de pente et à chaque irrégularité du sol on a les vertèbres qui se déplacent comme des osselets ! Depuis je circule avec les vélos en libre service. Comme ça si je crève, je n'ai qu'à le poser à une borne. Chose qui ne m'est d'ailleurs jamais arrivé...



Pour le taxi boat, le tarif de 400 francs du Petit Futé a du souci à se faire. Plutôt que d'écrire des conneries pareilles, ils feraient mieux de ne pas mettre du tout de tarifs dans leur guide ! Il en coûtait en fait 700 par personne + le vélo, soit 1500 l'aller et retour. Y a de l'abus, 13 euros pour 5 minutes de traversée ! C'est le tarif public, toute le monde est mis à la même enseigne, je ne sais pas comment font les habitants. Fabien commençait à houspiller, ça nous coûtait plus cher que la location du vélo et la sortie vélo finissait par peser sur nos pauvres budgets de touristes en tour du monde. Car, rappelons le, nous n'avons pas de rentrées d'argent, ce qui fait qu'on surveille plus ce qui sort...
A Tiputa nous avons visité une charmante église décrépie. En fait Tiputa est l'ancien village de Rangiroa, qui a été désaffecté au fur et à mesure, avec la construction de l'aéroport sur Avatoru. Du coup il y a beaucoup de maisons en ruine, la vie y est plus calme, il n'y a pas de voiture. En rentrant dans l'église il y avait une statue de la Vierge, Notre Dame de Paix. Je n'avais encore jamais vu une telle inscription! Je me suis assis sur le banc et j'ai dit une petite prière, pas les officielles qui ne me parlent pas, mais une à moi, improvisée et spontanée : « Merci Jésus, que je sois là et d'être près de moi ». C'est tout, pas besoin de faire plus long.
On a continué ensuite au delà du village, la route s'est transformée en piste, longeant la côte au niveau des récifs. De temps en temps nous faisions des petits détours pour aller voir côté lagon, toujours pas de plage, mais un peu pus loin, je pouvais voir des étendues de sable blanc au pied des cocotiers. On allait finir par y arriver ! Enfin presque, car après nous être arrêtés un instant pour boire de l'eau à la bouteille (à midi ça cogne sec, on était en nage sur nos vélos!), en repartant, catastrophe, Fabien me dit : « Aïe, je crois que mon pneu arrière est à plat ! ». Il venait de crever, le pire à craindre est arrivé. Le village de Tiputa devait bien être à 3 kilomètres, Fabien voulait rentrer dès à présent car il ne pouvait plus rien faire. Je lui ai alors dit : « C'est un peu bête, on vient d'arriver, avec le prix qu'on a payé, autant continuer un peu, on va laisser les vélos là dans un buisson et on va aller se baigner ». Le reste de ma force de persuasion a fait son effet, tellement qu'on s'est retrouvé à pousser nos vélos encore sur un kilomètre, cherchant un chemin qui nous permettrait de gagner le lagon. Et quand on a rejoint le lagon, déception. Pas de plage, toujours ces coraux qui blessent les pieds, pas moyen de s'asseoir. En fait ce qui semblait être du sable n'était qu'une illusion, le corail mort ayant la même couleur que le sable blanc, de loin on a l'impression de voir de belles plages. J'ai quand même réussi à dégager des coraux et à faire une mini plage privée de 4 mètres carrés ! Dont nous n'avons même pas profité car on s'est jeté à l'eau bien vite ! Là aussi, pas grand chose à voir, l'eau était trouble. En fait, curieusement, du rivage elle a l'air très limpide, on voit tout, les patates de corail et même les poissons circuler mais dès qu'on est dedans on voit rien, c'est un peu comme si on avait de la buée sur le masque.
L'illusion parfaite d'une plage et d'un lagon limpide
Dès qu'on est sorti, Fabien ne disait plus rien, je sentais bien que cette histoire de crevaison le minait et il y avait de quoi. Il en voulait au type qui nous avait loué ces vélos pourraves, d'autant que les routes ne sont pas forcément en bon état et qu'il aurait dû prévoir le coup ! Fabien voulait rentrer et prendre la navette de 15h30 ; comme il était 2h et des brouettes et qu'on était à 4 km du village, il m'a donc laissé. Je lui ai conseillé d'essayer d'appeler Frédérique une fois rendu sur l'autre motu, afin qu'elle contacte le loueur de vélos (on ne connaissait pas son nom) pour qu'il vienne le chercher. « Tu ne vas faire 4 km puis 10 à pied de l'autre côté ! »
Pendant ce temps, pas très solidaire sur ce coup là, je suis resté pique niquer un peu puis j'ai fait une sieste sous les filaos qui m'a valu de passer plus de temps à enlever les aiguilles du paréo qu'à faire la sieste. Au retour, je n'en menais pas large, je n'ai pas osé rouler sur la piste de peur de crever. Car cela aurait pu tout aussi bien m'arriver, en pire car j'étais tout seul. Mais comme je ne disposais que de 30 minutes pour arriver au quai de Tiputa, il a bien fallu que je roule un peu sur la piste. Je faisais la grimace à chaque petit caillou, mais ça a bien résisté.
Chemin faisant, sur Avatoru, j'ai trouvé un coin parfait où camper, juste derrière le bout de la piste de l'aéroport, entre deux buissons, côté récifs, sans aucune habitation autour. J'ai préparé le terrain, dégagé des coraux et démoli une espèce de niche faite de carton, de polystyrène et de sacs plastiques. Pas question qu'un chien abandonné m'emmerde dans la nuit, j'ai cassé sa maison, au cas où il y dorme encore.
Un culoté! Vous avez vu Ratatouille?
En arrivant à la pension, Fabien était là, je lui ai demandé des nouvelles pour le vélo. En fait au snack du débarcadère ils n'ont pas voulu téléphoner à Frédérique car leur téléphone portable était dans la voiture. Quelle excuse ! Du coup il a commencé à rentrer en roulant avec son pneu crevé, en danseuse tout le temps, jusqu'à ce que des personnes le prennent dans leur pick up.
Pour demain, vu qu'il n'y a rien comme plage sur Rangiroa, maintenant je le sais, j'ai demandé à Frédérique de me réserver une excursion à l'île aux récifs, une curiosité de la nature, une de plus ! C'est confirmé, et normalement dans le programme on doit aller voir les dauphins. Peut être aurai je plus de chance qu'aujourd'hui.
Après dîner, j'ai pris le vélo, plié la tente que j'ai mise sur le guidon et je suis parti avec mon barda dans la nuit noire. Enfin, façon de parler, car c'était quasiment pleine lune. Les autres de la pension me disaient que j'étais fada. Fabien m'a à nouveau proposé de dormir dans sa piaule avec un matelas qu'il disposerait sur le sol pour moi. Ça n'allait rien changer, il est tout à côté du chien ! De toute façon, rien ne pouvait changer la joie que je me faisais de dormir dans la nature, sans boule Quiès - enfin ! - , avec le seul bruit des vagues et du vent. Au final, je suis à 15 minutes de vélo de la pension. Quand je suis arrivé à l'emplacement, j'étais en nage et j'ai dû chasser des chiens hargneux qui couraient après le vélo dans des grognements comme s'ils dégustaient déjà le mollet ! Mais j'ai dormi comme un bébé, c'était génial.

vendredi 4 novembre 2011

Le lagon bleu



Quelle excursion ! Une merveille ! Les Tuamotu sont un petit paradis et le lagon est formidable. Je vous ramène plein de photos de paysages idylliques et elle sont toutes bien. J'ai mitraillé sec, 211 photos sur terre et 71 sous la mer. C'est un véritable casse tête de devoir en choisir une poignée pour illustrer ce blog. Ce matin, l'excursion a démarré à 8h. Ils sont venus passer nous prendre à la pension. On était encore en plein petit déjeuner car la propriétaire, Frédérique, nous avait dit 8h30. Du coup c'était un peu branle bas de combat, j'étais encore en train de faire la vaisselle lorsqu'ils sont arrivés. Nous somme montés à l'arrière du pick up où une famille d'une autre pension avait déjà pris place. Frédérique nous a rejoint peu de temps après avec son chien qu'elle transporte partout (« viens voir Maman » lui dit-elle...) et son compagnon.
Puis nous somme descendus sur le quai pour gagner le bateau qui allait nous mener à destination, à une heure de trajet environ. Un autre pick up est arrivé, toute l'île rameutait, et au final on s'est retrouvés à 20 sur le bateau en plus des 3 membres d'équipage. L'un d'eux, un organisateur un peu grande gueule (« Mes amis, ladies and gentlemen... ») nous a alors un peu dépeint le programme de la matinée. Premier saut de puce : à la passe à la fin du village. Le but étant de sauter à l'eau dans la passe et de se laisser porter par le courant, violent, qui rentrait dans le lagon. Le bateau nous attendrait ensuite un peu plus loin. Organisation militaire, « Prenez votre temps mais dépêchez vous ! », tout le monde s'est retrouvé en costume de Spiderman, vinyl moulant au corps, palmes, masque et tubas et s'est jeté à tour de rôle en arrière par dessus bord. 
Dans l'eau, comme promis, il y avait plein de poissons mais c'était profond et vue l'heure matinale la lumière, masquée par un gros nuage, pénétrait difficilement sous l'eau. En plus le paysage défilait à toute vitesse comme la campagne à travers la fenêtre d'un train. J'essayais de me rapprocher des coraux pour avoir un peu de relief et plus de lumière. Les autres étaient déjà loin, emportés par le courant. On avait eu comme consigne de bien rester groupés, ça commençait mal ! J'ai du mal avec les groupes, quand il faut se coordonner à un ensemble. Et ma fantaisie alors ? J'aime faire ce qu'il me plaît et apprécier les moments. Foncer tête baissée et avancer en aveugle sans rien regarder, c’est pas trop mon truc. Quel intérêt ? Largué donc dans une passe dont on ne voyait pas le fond, je réfléchissais pourquoi ils nous avaient dit de bien rester ensemble. Peut être à cause des requins ? 
Je regardais en dessous : de l'eau noire, un truc rapide aurait pu tout aussi bien surgir en un éclair, comme le loup qui croque la brebis égarée, un peu à l'écart du troupeau ! Les types sur le bateau me faisaient de grand signe des bras, comme quoi je devais me dépêcher, revenir. Et mes photos de poissons alors ? J'ai fini par donner des grandes brassées mais avec leurs palmes ils étaient difficile à rejoindre. Je n'aime pas nager avec des palmes, sans doute que je ne sais pas comment m'en servir, mais j'ai beau mouliner des pieds, je n'avance pas et puis je me sens handicapé par un truc qui entrave mes pieds et leur donne des ampoules ! Du coup je ne prends jamais de palmes. D'être à la traîne m'aura valu de rater une raie manta : quand j'ai rejoint le groupe, elle avait déguerpi depuis belle lurette. Mais en échange j'ai plein de photos de jolis poissons qu'ils n'ont même pas vus. En à peine 15 minutes c'était déjà terminé, il fallait remonter pour mettre cap sur le lagon bleu. Ça promettait : si l'organisation continuait toute la journée de la sorte, ça n'allait pas tarder à m'énerver. Mais ce ne fut pas le cas !

Vous ne rêvez pas, le sable est bien rose!


Au lagon bleu nous somme restés longtemps et nous avons eu largement assez de temps pour explorer à notre rythme. Le bateau nous a laissé à proximité d'un motu car l'eau était si basse qu'il ne pouvait pas aller plus loin. Nous avons continué à pied, de l'eau aux genoux avec des requins qui nous passaient entre les jambes, des bébés requins. Mais où étaient donc les parents ? Des raies patrouillaient aussi. Et le lagon bleu se dessinait un peu plus loin, autour d'une ceinture de petits îlots paradisiaques, posés sur l'eau et inhabités. Les cocotiers débordaient des motu, certains courbés à l'horizontale de la surface de l'eau. C'est magnifique ! C'est très sauvage, plein d'oiseaux partout et un lagon d'un bleu turquoise presque fluo avec aussi toutes les nuances possibles, selon la profondeur et la constitution du sable. 
Il y avait même des sables rose à certains endroits, notamment sur un petit banc de sable que j'ai rejoint à pied. J'ai passé la matinée à explorer de motu en motu, pataugeant dans le lagon. Je n'ai pas trouvé le temps de me baigner, pris par l'excitation de l'endroit et mon désir d'en explorer les moindres recoins. Surtout ne me dites pas que mes photos se ressemblent toutes ! Certes le paysage c'est cocotier, sable blanc et ciel bleu mais chaque perspective est différente, quand on est là dedans, on s'émerveille devant chaque degré que notre œil parcoure. Je n'aurais pas vu Bora Bora comme il aurait fallu pour lui faire honneur mais j'ai les Tuamotu à la place, moins connus et certainement plus sauvages ! Certes je n'ai pas la dent en paysage derrière... 
Cette journée me rappelle l'excursion sur le lagon à Aitutaki. Mêmes sensations, même éblouissement, du grand spectacle tout en couleur que rien ne peut remplacer. Il faut le vivre ! Ce sont des moments magiques, de grand bonheur, empreints de sérénité où notre âme devient pure. On se retrouve petit enfant, hors du temps et de l'espace, on n'a plus la notion de rien, comme perdu dans l'éternité. C'est comme si quelque chose pénétrait en nous pour toucher notre moi le plus profond. Personne ne peut y résister ! Certains restaient les bras ballants, comme pétrifiés, incapables d'aller plus loin, ils s'exclamaient « Mais que c'est beau ! ». Je pensais à Gilbert, à son île, je comprends pourquoi il en est si fier, il doit venir d'un endroit comme ça. Comment être mauvais quand on est né et qu'on a grandi dans de tels paysages ? On devrait y envoyer les criminels, je suis sûr que cela les délivrerait de tous leurs démons !
A midi, corne de brume à l'aide d'un coquillage, c’est le signal, c’est l’heure du repas ! Il est temps de regagner le petit motu où nous avons laissé nos affaires. Ils nous ont préparé un barbecue. Au menu : Mahi-mahi grillé, poulet, poisson cru en salade et riz cantonnais. J'ai tout pris sauf le poisson cru, on ne sait jamais, je fait très attention depuis que je suis arrivé ici. Par exemple à la pension, quand on tourne à droite on a l'eau de la ville, saumâtre et non potable, qui sert à laver la vaisselle et à gauche l'eau de la citerne, qui est de l'eau de pluie recueillie. Comme elle est très précieuse, on se doit d'en faire très attention. Je l'utilise néanmoins pour laver tomates et poivrons. Depuis que je suis arrivé d'Europe, rien à signaler du côté digestif, tant mieux ! C'est la raison pour laquelle je mange aussi le plus possible par moi même. Avec les pensions c'est pratique, elles mettent toutes à disposition des cuisines. Et pour améliorer le régime de temps en temps je vais au restaurant où là je ne consomme que des choses grillées.



Le petit oiseau va sortir! Ce n'est pas un montage
Après le déjeuner on a eu quartier libre jusqu'à 14h, heure à laquelle ils devaient nous faire des démonstrations de tressage de feuilles de cocotiers pour fabriquer toutes sortes de choses. Ici le cocotier sert à tout ! C'est l'arbre magique ! La majorité en a profité pour faire la sieste sous un cocotier. Que crime ! Moi je ne perdais aucune seconde. J'ai traversé le lagon pour l'explorer vers l'est cette fois, en traversant à nouveau avec l'eau aux genoux, les requins etc... A la fin on n'y fait plus attention aux requins, c'est un poisson comme un autre ! Un des motu sur lequel je me suis rendu, petit confetti perdu dans l'immensité du Pacifique, se termine par une langue de sable. Tandis que j'étais dans l'eau pour prendre une jolie photo, une raie s'est approchée et est restée immobile, me fixant de ses yeux qui me dévisageaient de la tête aux pieds. 
Vous la voyez, la raie?
Elle aurait eu des sourcils, ils auraient bougé ! Elle posait pour moi, avec l'île derrière, c'est merveilleux ! Il faut faire attention à tout, chaque instant est précieux et unique, un requin qui nous sourit, un oiseau qui traverse le ciel au bon moment... Dès qu'on sait ouvrir l’œil il y a plein de petits détails comme ça dont je me nourris. Je laisse les autres roupiller, moi je ne veux manquer ça pour rien au monde ! Au bout d'un moment quand même, sans doute intrigués de me voir bouger dans tous les sens, à faire des aller et venues, à marcher de manière erratique dans le lagon, certains m'ont emboîté le pas, mes voisins en fait, les hollandais et Fabien. J'ai un bon contact avec Fabien, il a tout plaqué, il a démissionné pour venir, il ne supportait plus. C'est çà, on encaisse, on vit, on supporte, jusqu'au jour où on pète un plomb et où on décide d'aller voir ailleurs. 
C'est pour ça que je pars souvent en voyage, non pas parce que je suis fainéant mais justement pour m'éviter de péter un câble à Paris. J'ai la chance d’être dans une boite où j'ai réussi à négocier une forme de temps partiel qui me permet de trouver un équilibre. Ce n'est peut être pas optimal pour ma carrière mais j'en ai vraiment besoin. Je ne sais pas comment font tous les autres. Et pourtant certains de mes collègues étaient étonnés de me voir poser un congé sabbatique pour faire autre chose que construire un autre projet professionnel. Certes c'est une perte sèche d'argent, mais ce que je vais gagner en échange au cours de ce voyage n'a pas de prix ! Fabien, lui a un projet au cours de son tour du monde, il va à la rencontre des viticulteurs français qui se sont exilés un peu partout dans le monde, il les interviewe et publie des articles pour des revues spécialisées dans le vin. Le plus souvent il est d'ailleurs hébergé directement chez les exploitants. C’est comme ça que j'ai appris qu'on faisait du vin à Rangiroa ! Il a un blog aussi, mais il l'alimente de manière plus sporadique. Je vous donne le lien : http://vin-et-voyage.blogspot.com/



Nouvelle corne de brume, le signal ! De toute façon nous avions presque fini notre tour sur le lagon. Pendant que l'un d'entre eux nous enseignait comment faire paniers et sacs à main en cocotier, les deux autres accompagnaient à la guitare et à l'ukulélé. Ils ont repris au clair de la lune, mais dans un tout autre rythme et mélodie, c'était très joli et ça tournait cette chanson en quelque chose d'émouvant. Il faut le faire ! Alors pour tisser le cocotier, ça a l'air très simple, il suffit de couper la tige centrale en deux dans le sens de la longueur puis de la sectionner dans le sens de la largeur de manière à laisser 3 feuilles. Ensuite on assemble en passant une feuille sous l'autre. Enfantin, enfin à voir. Je redoutais le moment des travaux pratiques, mais ils n'ont pas eu lieu !
A la place on devait aller voir les requins citron, de beaux spécimens bien plus grands que les minus de 1 mètre de long que l'on pouvait croiser dans le lagon. Ce n'était pas bien loin, le capitaine a attaché la corde à une bouée flottante et tout le monde à l'eau ! Par dessus le bateau on pouvait voir un tas d'ailerons et d'ombres passer et repasser. Peu engageant ! J'ai attendu qu'un ou deux soient déjà à l'eau, en guise d’appât, on ne sait jamais ! Quand je me suis retrouvé là dedans, c'était infesté de requins, n'importe qui d'entre vous serait mort noyé de peur ! Mais les requins ne me font pas peur, ils ne sont pas agressifs, ils vivent leur vie et s'en foutent de nous. Je ne sais pas pourquoi on a diabolisé cette pauvre bête. Pour un peu on voudrait les caresser ! 
Venez donc vous baigner, ils sont gentils!
D'ailleurs Fabien a essayé d'en attraper par la queue mais ils ne se laissent pas faire, ils sont vifs ! Et puis je l'ai aussi mis en garde, s'il arrivait à en choper un, à mon avis il ne se laisserait pas faire et il aurait vite fait de se retourner pour le croquer. Moi j'étais aux anges, je rigolais dans l'eau, c'est trop géant, j'invitais les autres à venir en leur disant « Venez, c'est infesté !! ». C'était la plongée de Moorea puissance 100 ! Mais l'attraction a été assez brève, ils nous ont demandé de sortir car ils allaient leur donner à manger « A moins que vous veillez rester pour leur servir de dîner aussi ». Car quand ils commencent à manger c'est là où ils sont dangereux, pris dans leur frénésie de prédateur, il ne font plus la distinction de rien et bouffent tout !
Aïe, ils arrivent par derrière!
Une fois remontés à bord, celui qui tressait le cocotier a pris les têtes de poissons qui avaient servies au barbecue et les tendait au dessus de l'eau au bout d'un pic, pour attirer les requins, un peu à la manière d'un parc aquatique où l'on demande à des dauphins de sauter à travers un cerceau ! Ils ont tous rappliqué, la surface de l'eau s'est mise à bouillonner, les plus téméraires sortaient de l'eau pour essayer de happer l’appât. Les oiseaux sont arrivés aussi et faisaient des vol planés pour essayer de piquer la vedette aux requins et d'avoir la tête avant eux ! Celui qui appâtait les requins a réussi à en saisir un ou deux en vol. Ça se débat beaucoup comme bestiole et c'est très vigoureux, ils avaient tôt fait de se libérer, après avoir aspergé le bateau en se débattant. 
Les gens s'essuyaient le visage et leur appareil photo qui pendait lamentablement. Heureusement j'avais pris place en hauteur, debout sur la banquette ce qui a fait que j'ai pu sauver l'appareil photo et saisir l'instant !
Au retour, on s'est pris un grain, heureusement ils avaient prévu le coup et nous ont sorti des cirés. Moi j'ai dit à mes voisins : « Eh bien on était mieux au lagon bleu ! »  Quelle journée ! A marquer d'un pierre blanche ! Et j'en aurai encore plein d'autres, promis !




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