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samedi 22 octobre 2011

Dernier jour à Huahine


Voici ce qui pousse dans les fossés le long des routes!
Mon séjour sur Huahine se termine, je suis allé rendre le scooter à 9h30, sans souci de panne. Bizarrement la jauge était repassée dans le rouge au lieu d'être en dehors comme hier. Le gars d'Europcar m'a dit qu'il ne fallait pas trop se fier à la jauge, que c'était un flotteur et qu'avec mon gabarit j'aurais pu faire 2 fois le tour de l'île. Certes, pour une utilisation normale. Mais avec ce que je lui ai fait subir hier, en version tout terrain ? Le plein m'en a coûté 600 francs, c'est marrant c'est à chaque fois un compte rond. Comme on n'arrive à rien lire sur le compteur de la pompe, je me demande s'ils n'arrondissent pas comme ça les arrange !
Étant arrivé avec le vélo - facile, j'ai pris le pli je faisais du 30 à l'heure en le tirant - je ne pouvais aller bien loin. 
Aussi j'en ai profité pour aller au marché, sur le quai de Faré. Quelle animation ! Les gens avaient installé leur stand fait de bric et de broc sur le trottoir, devant les boutiques ; quand ce n'était pas tout bonnement dans le pick up avec la porte arrière rabattue. Je ne pense pas qu'ils avaient tous demandé une patente à la mairie. D'ailleurs je n'ai pas vu de mairie. La France est peu représentée. Il y a bien une caserne de pompier avec 3 camions qui se battent en duel mais une seule gendarmerie où je ne vois jamais personne, et ils ne sont pas non plus sur les routes. J'aurais pu rouler en scooter cheveux au vent, d'autant plus que ce casque me donnait chaud à crever et me démangeait le cuir chevelu ! Ça change de Tahiti où il y avait des flics à tous les coins de rue. J'aime bien, plus je m'éloigne de Tahiti, mieux c'est !
Sur le marché on trouve des fruits et légumes du jardin, des marchands de plantes, des vendeurs de paréo ou d'ukulélé. C'est vraiment l'instrument polynésien. Tout le monde se trimbale avec un ukulélé, hommes comme femmes et quand ils entonnent leurs chants avec on est envahis d'une douce quiétude. Il y a eu un bœuf improvisé sur le marché, l'un s'est mis à gratter son ukulélé, l'autre a sorti son harmonica et la voisine de stand chantait ! Ils ne se prennent pas la tête ici, d'ailleurs tout le monde se tutoie, comme ça c’est plus simple ! Et puis question vol il n'y en a pas, sans doute parce que l’île est petite et que tout le monde se connaît. Quel bonheur de ne pas toujours faire attention, où est la clef, où j'ai mis mon portefeuille, et l'appareil photo, il est bien caché ? Le vélo je le pose là où je veux.
Par contre ça deal un peu d'herbe, je suis le spécialiste pour ça. Où que j'aille, on m'en propose, je dois avoir une tête à ça ! Je me suis fait brancher à plusieurs reprises par des petits jeunes, qui viennent vers toi, te font raconter ta vie et te demandent ensuite si tu fumes ! Au marché il y avait aussi un stand de T-shirt à l'effigie de l’événement qui commence bientôt, c'est la course en pirogue qui part de Tahiti, va à Moorea, passe à Huahine avant de rejoindre Raiatea pour se finir à Bora Bora. Le programme est immuable chaque année et il paraît que c'est le must à voir. Sauf que je ne sais pas quand ça commence. J'avais demandé à Moorea, j'ai eu en réponse : fin octobre. J'ai demandé ici, j'ai eu une réponse du même style et quand j'ai voulu savoir quel jour ils arrivaient à Bora Bora, on m'a répondu « 3 jours après Huahine » !! Bon, OK !



Je suis ensuite allé sur la plage de sable blanc quand on poursuit un peu vers le nord du village. C'est le couple de la pension qui m'en avait parlé. J'ai dû y arriver vers 10h30 et je ne l'ai plus quittée jusqu'à 16h30. J'ai bullé toute la journée, ça fait du bien aussi certains jours de ne rien faire, d'alterner baignade, rêvasseries et siestes. Un moment où j'étais perdu dans cet état presque anesthésié, des couinements se sont mis à retentir de tous côtés ! J'ouvre un œil, que vois-je : un chenil qui monopolise la plage. J’en ai dénombré 7, tous des copains du quartier. Il y en avait deux qui se baignaient et nageaient en se faisant des mamours (ils ont même essayé de se sauter dans l'eau...) pendant que certains les regardaient couchés en rond sur la sable et que d'autres jouaient à se courir après ou à creuser des trous. On ne se serait pas étonné d'en voir entamer un match de volley ! Puis tout ce monde là est parti comme il était venu, ils se sont emmanchés derrière un fourré et je ne les ai plus revus !
Ensuite ça a été le tour d'un groupe de 2 femmes accompagnées de 5 ou 6 gosses. La troisième mère est arrivée peu après avec un canot à moteur qu'elle venait de louer. Toute la journée elle a sillonné le lagon, tirant les gosses qui se servaient d'une planche de surf comme ski nautique et alternaient à tour de rôle en poussant des cris stridents. Un moment j'en ai eu marre, j'ai monopolisé le centre du lagon, là où elle passait et repassait avec son engin de bruit de tondeuse à gazon, pour l'obliger à passer ailleurs. J'aurais pu être saucissonné par l'hélice si l'autre restée sur le sable n'avait pas crié « Be careful » en me montrant du doigt ! Car celle qui conduisait le bateau était toujours affairée à regarder ses gosses pour voir si tout se passait bien, s'ils ne se faisaient pas trancher par l'hélice et elle ne regardait jamais devant elle ! 
A part ça la plage est très belle, ombragée, on a plus pied très vite (ça change) et il y a un ponton qui avance dans le lagon pour les bateaux où personne ne vient s'amarrer. Tout ça dans un cadre enchanteur avec les petits monts tout verts tout autour. Ce n'est pas un hasard si tous les catamarans du coin mouillaient là.
Chaque fois que j'en vois, ça me fait un pincement au cœur, je voudrais être à leur place. Je regarde les bateaux, essaye d'imaginer comment est constitué l'intérieur, les compare les uns aux autres. C'est mon rêve. Avant de venir, je voulais passer l'été dernier mon permis bateau mais les préparatifs du voyage m'en ont empêché. Je ne suis pas matérialiste mais j'aimerais être riche pour pouvoir m'en acheter un et l'utiliser (un bateau est un gouffre financier à entretenir). 
Le poisson citron
Avoir de l'argent pour m'acheter ma liberté et vivre selon ma fantaisie. Et c'est tout, je n'ai pas besoin d'autre chose, posséder des biens c'est s'encombrer la vie ! Il y a un couple dans l'après midi qui est venu en annexe depuis leur catamaran. Ils se sont posés sur le sable, pieds nus avec juste un panier en osier qui contenait leur serviette. Droit à l'essentiel ! C'est tout à fait mon style de vie, ne pas s’encroûter quelque part, changer d'endroit quand le cœur nous en dit. Je me sens une âme de nomade de la mer. Et la vie sur un bateau semble plus douce, comme si on avait laissé les problèmes et le brouhaha à terre. On se laisse bercer par la houle. J'aimerais bien finir en vieux loup de mer !
Ce soir en rentrant je suis allé voir la patronne pour régler la pension. « Combien est le prix, on vous a dit ? ». 
Le type que j'avais eu au téléphone m'avait dit qu'il me faisait un prix à 6100 francs la nuit (sur le Petit Futé c’est bien plus cher). J'ai donc dit 6100, j'aurais très bien pu dire une autre somme ! Restait à trouver le coefficient multiplicateur. « Voyons, tu es arrivé le 18, 19, 20... ». Elle comptait sur ses doigts en même temps, qui ont défilé Dieu sait comment jusqu'à 7 lorsqu'elle s'est arrêtée au 22 ! Et en me montrant ses 7 doigts, elle me dit : «Ça fait 5 jours » ! Elle sait bien compter, mais sa méthode surprend, faut pas regarder ses doigts !
Demain elle m'emmène à l'aéroport à 7 heures moins le quart. Mon avion pour Maupiti part à 7h40 mais il n'est pas direct, j'ai du transit de quelques heures à Raiatea. Je regrette de ne pas visiter cette île car au final beaucoup m'en disent le plus grand bien et surtout pour sa voisine Taha'a qui possède un jardin de corail hallucinant dans un lagon translucide entouré d'un chapelet de motus. Mais Taha'a n’est vraiment pas loin de Bora, j'aurai peut être l’occasion d'y aller un après midi.
A Maupiti je n'ai pas le spot WIFI auquel je me suis abonné aussi je ne pourrai me connecter à Internet que si quelqu'un a une connexion et ce n'est pas gagné. Déjà je vais résider sur un motu dont on rejoint l'île principale en traversant le lagon à marée basse, ensuite Maupiti est très peu peuplée et la plus éloignée des îles de la Société. Il n'y a pas d’hôtel, ce ne sont que des chambres chez l'habitant. Aussi si je ne donne pas de nouvelles pendant la semaine où je reste sur Maupiti, il ne faut pas s'inquiéter ! Eh oui, une semaine là bas car il n'y a qu'un vol par semaine et aussi parce qu'on dit que c'est une réplique de Bora telle qu'elle était avant qu’elle ne devienne touristique. Le lagon est le même et il y a en son centre le même dôme mondialement connu. Tous les ingrédients pour qu'elle me plaise !
On se prépare à la course! (Raiatea au fond)

vendredi 21 octobre 2011

Un monde de splendeur



Motu Mahara


Souvenez vous la photo du premier jour ...
Cette journée a encore été mieux que la précédente. Je n'ai pas fait le tour de l'île mais j'ai exploré des coins où je n'étais encore jamais allé, des chemins de traverse ou de ceinture, des pistes qui partaient à l'assaut des collines. Je suis aussi retourné sur cette plage sauvage sur laquelle nous avions roulé avec la jeep le premier jour. Avec le soleil, en effet ça n'a rien à voir. Certes il n'y a plus de barrière de corail à cet endroit et les vagues viennent frapper directement les rochers ce qui rend la baignade impossible (pas de fond sableux) mais le décor est merveilleux, très reposant. Je pense que c'est là où j'irai demain car ce n'est pas très loin de la pension, c’est juste après l'aéroport et comme je rends le scooter demain matin...
Hauteurs de Maeva
Il en a vu de toutes les couleurs ce scooter aujourd'hui. Je ne l'ai pas ménagé, je l'ai fait grimper des pistes en terre à la pente vertigineuse et quand il n'y parvenait pas, que le moteur s'étouffait dans un sanglot, je faisais trottinette avec un pied pour soulager l'engin et hop il repartait à fond la caisse. J'ai bien failli être désarçonné plusieurs fois ! J'avais toujours un œil rivé sur la jauge à essence, avec toutes ces pérégrinations, il s'agissait de savoir quand s'arrêter. Sauf qu'un chemin en appel un autre, une entrée de route vers une baie mystérieuse ne se refuse pas et je n'ai pas vu le temps passer. Il était 14:50 quand je suis parvenu au Relais Manaha pour reprendre la plongée mise en pause hier. Et je n'ai pas arrêté de stresser à cause de l’essence. Pouvais je me fier à la jauge ? A chaque fois que je rallumais le moteur, la jauge était plus basse que quand je l'avais arrêté. Bizarre !

La baie de Faie avec le mont Turi


Petit chemin qui appelle à l'exploration
J'ai pris la route du relais, à l’exact opposé de la pension avec un réservoir en dessous de la moitié, presque aux deux tiers. Et quand je suis reparti du relais j'étais quasiment dans le rouge. Du coup j'ai roulé à fond la caisse pensant : chaque mètre parcouru est un mètre de moins à faire à pied et si je dois tomber en panne, je ferai plus de mètres en roue libre qu'en roulant moins vite. C’est très con comme raisonnement et surtout psychologique je crois. Finalement je suis arrivé à la pension sans encombre ce soir mais l'aiguille est au plus bas. Elle est en dessous du dernier trait rouge ! Du coup je ne sais pas comment je vais faire demain pour le rendre à Europcar, c'est à peu près à 3 km d'ici. A mon avis, je suis bon pour emmener le vélo en le tirant à bout de bras. Mais j'en ai besoin, car comment je ferais pour rentrer ensuite ?
En tout cas c'est chiant, ça stresse pour rien, il ne pourrait pas y avoir plus qu'une station sur toute l'île, surtout qu'elle n'est pas au centre de l'île et qu'elle ferme à 16h30 ?! Ça m'a un peu gâché ma fin d’après midi car j'ai quitté la plage du relais un peu plus tôt par rapport à hier au cas où je tombe en panne et que je doive faire de l'auto stop. C’est plus facile quand il fait encore jour.
N'empêche, grâce au scooter, j'ai découvert des points de vue hallucinants sur les baies, les montagnes, le lagon et les motu, c'est tout juste fantastique. Cette île est vraiment très belle, à chaque virage on a un nouveau paysage, une nouvelle ambiance. Vers Faie, il y a une maison posée sur l'eau. Au débiut j'ai crû que c'était un bateau, mais non, c'est bien une maison sur pilotis au milieu du lagon. Je les ai vu, ils viennent en bateau. C'est un peu risqué en cas de tsunami ou de tempête. Et puis avec le réchauffement climatique et la montée des eaux... Par contre ils ne sont pas emmerdés par les voisins ! Tous les motu à Huahine sont habités, il ne faut pas avoir oublié d'acheter un truc au supermarché ! D'ailleurs le supermarché c'est un Super U et il est très bien achalandé, le mieux de tout ce que j'ai vu jusqu'à présent ; même à Papeete les Champion ressemblent plus aux épiceries des Îles Cook en comparaison. 

Motu Murimahora


Baie de Cook. Il est de toutes les baies!
Ce matin je suis allé posté mon colis pour la France. 1,1kg sur la balance, 3200 francs à débourser (30 euros), ils ne s'emmerdent pas, ça me coûte plus cher que le livre que j'ai acheté ! Dorénavant avant de craquer sur un livre je regarderai si on ne peut pas le commander via Internet depuis la France ! Il y a mon appareil photo aussi qui m'inquiète un peu, il a des touches qui couinent. Je vis dans la terreur qu'il me lâche. Faut dire, il est soumis à rude épreuve, je ne pense pas que ça a été étudié pour marcher tous les jours, avec de très nombreux ON/OFF. Je crois que je vais en acheter un autre, par précaution. Je prévois de l’acheter en Nouvelle Zélande, je serai plus tranquille car après, à part l'Australie, il me sera difficile de trouver un magasin qui vende le même modèle. Et puis si celui que j'ai fonctionne toujours, je revendrai celui que je vais acheter une fois de retour en France. 
Baie de Bourayne
J'ai pris conscience que ces bidules électroniques étaient de la saloperie, cet été j'ai un reflex dont je me suis servi au cours de 5 voyages qui a rendu l'âme au cours du sixième, après une randonnée en Crète, au bout de 20 minutes. Quelque chose a dû fondre dedans car il y a un court circuit qui fait chauffer la batterie et la mise sous tension est impossible. Quelle idée aussi de faire des appareils noir quand dehors il fait 40 degrés ? J'avais mon compact, il a très bien résisté, lui ! Qu'on ne me parle plus de reflex, certes la qualité est meilleure mais c'est très lourd et l'objectif que j'avais ne faisait pas un grand angle comme le compact. Et il est hors de question que je me trimbale avec plusieurs objectifs, arnaché comme une mule ! C'est trop de contraintes. La seule chose que je ne peux pas faire avec le compact c'est régler la mise au point, de sorte qu'il est dur de faire le focus sur une bête dans un arbre ou un détail en macro. Et puis le prix ! 900 euros jetés par la fenêtre, le reflex est mort 2 mois après la fin de la garantie. Le compact est lui 3 fois moins cher...

Baie de Cook


Motu Vaiorea
J'ai revu mon poisson à l'air ahuri, qui me fixe toujours du regard et détale en zigzag en marche arrière ! En fait dès qu'on s'approche ils sortent de leur trou et c'est plein de petites têtes tournées vers moi. Un moment j'ai cru que c’était une autre espèce, il y en avait un qui avait comme une crête sur le dessus de la tête. En fait c'est bien le même, mais quand il a peur, il dresse sa nageoire dorsale au dessus de sa tête comme une éventail pour paraître effrayant ! C'est trop drôle ! Remarque peut être qu'au bout ce ces épines il y a du poison, du coup je m'en méfie un peu, j’évite de les approcher de trop !
Sinon j'ai vu un drôle de poisson que je n'avais encore jamais vu en eaux tropicales, il a un corps tout cagneux, une tête carrée qui donne l'impression d'avoir été serrée dans un étau et des espèces de trucs qui avancent sur la tête comme des antennes d'escargot. 
Le poisson escargot
Du coup je l'ai surnommé le poisson escargot. J'ai aussi vu un coquillage, une sorte de nautile, qui dormait au creux d'un repli du corail.
Il y a un poisson, rayé crème et noir qui avance par intermittence, il nage comme n'importe quel autre poisson puis s'arrête net, figé, comme en panne d'essence. Plus rien ne bouge et il reste absolument sur place, comme transformé en statue sous marine ! On dirait un truc de dessin animé quand un personnage se fait foudroyé !
D'autre sont dentelés, on ne sait pas où est la tête de la queue ! Il sont minces comme une feuille, on dirait un tissu de mousseline, et sont insaisissables. J'ai passé des minutes à essayer d'en choper un, le résultat est pas super mais comparé aux autres essais, ce n'est pas si mal ! 
Une histoire sans queue ni tête!
Ce qui est marrant en plongeant c'est qu'on ne voit pas le temps passer ni les distances, on butine de patate en patate. Souvent, dès qu'on approche d'une nouvelle patate de corail, tout s'agite, c'est un festival, un vrai aquarium en pleine nature. Et puis rapidement hélas, l'aquarium se vide, les poissons déménagent et il ne reste plus que le décor ! Aujourd'hui je ne suis resté qu'une demi heure sur la plage, c'est bien la peine d'avoir frôlé la panne sèche pour ne pas en profiter ! Mais c’est comme ça, je suis avide de voir tout cette vie là dessous, bien cachée. On se sent comme dans un autre monde, on est en apesanteur, les poissons semblent m’entraîner tels des sirènes...
Le petit couple à côté est parti ce matin pour Bora Bora, les gens vont et viennent ici. Il ne me reste plus que demain à Huahine. 
Le poisson qui a des tocs : souvent il se bloque!
Avec un beau temps comme ça j'y serais bien resté plus longtemps, la vie est paisible ici. Mais d'autres îles m'attendent, en principe vous ne devriez pas en revenir de ma prochaine escale ! Oubliez tout ce que j'ai dit il y a deux jours, ce sont les nerfs qui parlaient, rien ne vaut ces petites îles tropicales, chacune est unique !
Je vais entamer ma quatrième semaine et passer un cap. Jamais je ne suis parti en voyage plus de 3 semaines. Je suis content que cela arrive en Polynésie, il y a une ambiance hors du temps, tout paraît léger et sans souci, comme un sortilège. Je me rappelle les deux Français de Moorea, ils me disaient « Tu verras, après 2 mois tu évolues, tu ne perçois plus les choses de la même façon, tu perds tes attaches à la réalité quotidienne et tu as l'impression que tu as toujours vécu comme ça ». Il me tarde de me sentir comme ça !
Baie de Haapu

jeudi 20 octobre 2011

Huahine sous le soleil !


La baie séparant Huahine Tui de Huahine Iti (au fond)
A 5h00 ce matin, j'ouvre un œil ensommeillé encore à moitié collé par la fenêtre de la cuisine, comme tous les matins, question de donner le ton de la journée. Miracle, je crois voir un coin de ciel bleu. Comme le soleil n'est pas encore levé, ce n'est pas évident de savoir si c'est du bleu ou du gris, j'écarquille donc l’œil (toujours le même, l'autre est prêt à se rendormir si besoin est). Mais oui ce n'est pas la couverture grise uniforme d'hier, certes c'est chargé en nuages mais il y a de l'espoir ! Branle bas de combat, je me lève en bondissant les deux pieds en même temps, j'ouvre le rideau en grand, confirmation, c'est dégagé et sur l'océan aussi. Je saute dehors, scrute les montagnes (c'est par là que viennent les nuages), miracle : au dessus des montagnes on voit aussi du ciel bleu et les nuages sont à présent auréolés de rose par le soleil qui se lève. Ben ça, pour une surprise que je n'osais plus espérer, c'est une bonne nouvelle !
Vite j'enfile mon petit déjeuner et ajoute mon message de la veille sur le blog, puis j'enfourche le scooter sans délai. On ne sait jamais, c'est peut être juste une éclaircie entre deux précipitations, il faut en profiter ! C'est peut être la seule occasion que j'ai de voir Huahine avec du soleil et de pouvoir faire des photos. Il est 6h30 quand je quitte la pension. Je passe à la station remplir le réservoir au ras bord car le type d'Europcar m'a dit qu'on pouvait faire une fois et demi le tour de l'île avec un plein mais comme il n'y a de station qu'à Faré, le village principal, il faut bien faire le plein chaque fois qu'on y passe. Le plein, 380 francs soit 3 euros, ça va, ça change des voitures !
En parlant d'Europcar, hier je suis allé avec le vélo de la pension chercher le scooter. Comme je partais faire un tour il était convenu que je le récupère en fin de journée à l'agence pour le ramener à la pension. A ce sujet, conduire un vélo avec un scooter, c'est horrible ! Le vélo se cabre tout le temps, j'avais des crampes aux bras et plusieurs fois j'ai failli avoir un gadin avec le vélo qui me faisait des queues de poisson! Bref, vu le temps hier, j'étais rentré vers midi en décidant de récupérer le vélo. Vous savez quoi ? Le type, pas du tout embarrassé m’a informé que comme il ne m'attendait pas avant la fin de la journée il venait de louer le vélo ! Y a pas de petit profit, j'avais encore jamais vu ça ; pas de scrupule, il loue un vélo qui n'est pas à lui ! J'ai raconté ça le soir au couple que j'ai expulsé du duplex, ils étaient morts de rire !
La plage du feu Sofitel
Tiens d'ailleurs hier soir, ils m'ont offert une bière pour l'apéro et on a parlé jusqu'à la tombée de la nuit. C'est deux parisiens qui vivent à Marseille depuis un an. Ils arrivent des îles Marquises et avec l'histoire du fou, tout était barricadé, ils ne pouvaient aller nulle part ! En tout cas, voyez quand je disais comme quoi les gens en voyage loin de chez eux sont différents, essayez donc en France d'attendre que quelqu'un vous offre une bière ! Au sujet du duplex aussi, eh bien je l'ai transformé en simplex ! Dès le premier soir en fait j'ai descendu le matelas au rez de chaussée, enfin dans la cuisine-salle-à-manger, à cause des palmes de cocotiers qui balayent le toit en tôle à la première brise venue, faisant grincer l'ensemble. Ça réveillerait un mort !
Ce matin, je quitte donc Faré pour faire le tour de Huahine Nui dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le but ? Retourner au belvédère du premier jour avec cette vue à tomber sur la rade séparant Huahine Nui de Huahine Iti. En fait Huahine, c'est deux îles reliées ensemble par un pont. Sur Huahine Nui il y a aussi le mont Turi qui culmine à 669 mètres. Il est tout vert et forme un drapé qui ferait penser aux îles Marquises. En fait Huahine est l'île de la Société la plus sauvage, la plus verte et celle qui ressemble le plus aux Marquises. Voilà pourquoi je l'avais choisie, car elle est différente des autres et un peu délaissée des touristes.

Le mont Turi

Elle est pas sauvage ma petite île?
 Les gens sont adorables ici, tout le monde salue, un geste de la main, un sourire, un hochement de tête ; ça sort de n'importe où, de derrière un cocotier ou encore d'une case en tôle ondulée. Il y avait même un petit vieux au bord de l'infarctus alors qu'il poussait son vélo dans la montée qui m'a fait un large sourire sans dent. Partout sur les routes il y aune odeur enchanteresse qui émane. J'ai essayé de savoir d'où, je n'ai pas trouvé. En revanche j'essayais de mettre un nom sur l'odeur qui me rappelait quelque chose, eh bien je trouve que ça sent la carambole, vous savez ce fruit pas terrible en forme d'étoile qu'on trouve à Noël mais qui sent en revanche très bon.
Je me suis rendu au bout du motu en face de Maeva (pas le club de vacances, c'est un village ici!), voir le site de l'ancien Sofitel qui est à l'abandon.
Il y avait là des panneaux « Danger. Interdiction d'entrer » qui ne m'ont pas empêché de pénétrer. Il y avait deux jardiniers qui s'occupaient encore du jardin. Curieux, pour un semble rouillé jusqu'à la moelle dont les toits avaient fini par pourrir. Apparemment c'est fermé depuis pas mal d'années. L'un des jardiniers était un jeune, une fleur d'hibiscus à l'oreille gauche, qui chantait en ramassant les feuilles au son de son téléphone qu'il avait laissé sur son vélo adossé à un arbre. Ici tout le monde se balade avec une fleur à l'oreille, homme ou femme, comme d'autres ont chez nous un téléphone portable ! J'aime bien, je prends ça pour un signe qu'ils aiment leur nature, qu'ils savent l'apprécier, qu'ils la voient tous les jours sans jamais se lasser et qu'ils vivent en osmose avec elle.
Je suis ensuite allé au belvédère et de là j'ai vu qu'un gros paquebot avait jeté l'ancre dans la baie. En un instant j'ai vu des minibus tout envahir, des excursions d'où sortait de la jeep un baratin en américain pré-enregistré sur bande et distillé par l'auto radio. Pendant ce temps j'étais assis sur un tronc d'arbre attendant qu'un nuage passe pour prendre une photo. Je faisais paumé à côté avec mon pauvre scooter. Mais pour rien au monde je n'aurais aimé être là dedans trimbalé comme des poulets en transit !
Un peu plus loin, vers Maroe, sur Huahine Iti, il y a un vieux bus pourri sur le bas côté de la route aux roues crevées et à la porte ouverte. Pour le coup je me suis arrêté pour déconner, j'étais de bonne humeur ce matin et quand je suis de bonne humeur j'aime faire des conneries ! J'ai donc visité le bus, c'était marrant les vitres avaient dépassé le stade d'être opaques, elles étaient couleur terre ! Je me suis mis au volant, j'avais l'impression d'être dans un vieux bus colombien. C'était vintage et collector !

Face au motu Areara


On trouve des fleurs dans tous les jardins. Les gens quand ils ne plantent pas en pleine terre ont plein de pots faits de bric et de broc, de bidons, de bac à lessive, alignés en rang d'oignon sur leur terrasse et qui débordent de plantes. Dans les jardins la plante star c'est l'hibiscus. Jamais je n'en ai vu de si beaux, il y en a de toutes les couleurs, du plus commun, le rouge, en passant par des hybrides roses à stries jaune, ou encore des rouges striés de blanc, des jaunes, des oranges, et même des tout blancs ! Pas étonnant que ce soit l'emblème de la chemise tahitienne !
J'ai passé l'après midi sur la plage de l’hôtel 3 étoiles du Relais Manaha, située sur la plus belle plage de Huahine. 



Mais comme je connais la législation en vigueur, c'est sans aucune gène que je me suis installé entre les chaises longues en plastique qui avaient envahi la plage comme si elle était privée. C'est la France, le rivage est public ! J'ai déballé mon pique nique comme l'aurait fait Mister Bean au banquet de la Reine. Puis je suis allé voir les poissons. J'adore les regarder, j'y passerais des heures, chose que je fait d'ailleurs ! Je les observe, je les traque, je cherche la meilleure pose, la meilleure lumière, le meilleur profil ! Il y a une vie là dedans, ça s'agite, ça broute, ça grignote, ça se chamaille, ça se court après pour défendre son bout de corail. Souvent je songe à tous ces petits cœurs qui battent dans l'eau sans que personne ne les voit, comme autant d'étoiles dans une constellation. 
Ça me fait trop rire quand je les vois effrayés et qu'ils me fixent avec leurs petits yeux noirs brillants, en virevoltant de travers, la bouche ouverte. Ça leur fait une de ces têtes ! Aujourd'hui la star c'était le poisson clown dans son anémone, je l'ai sous toutes les coutures, certes pas toujours le même mais qui verra la différence ? A un moment j'ai vu aussi un poisson que je n'avais encore jamais croisé, il était furtif, je l'ai suivi pour qu'il rentre dans l'angle, mais il m'a échappé derrière une patate de corail. Quand je me suis retourné, je me suis retrouvé nez à nez avec un poisson tout en longueur et étroit, comme un javelot, avec une trompe harpon sans fin. Il ne savait pas quoi faire et battait des cils, effrayé ! Après avoir retrouvé ses esprits il est parti comme une flèche, à la vitesse de la lumière. Il aurait tout aussi bien pu choisir de me transpercer avec son harpon ! Je ne sais pas ce que c'était mais on a eu peur tous les deux ! Juste après j'ai vu aussi un truc long et fin comme un ver de terre mais avec une tête d'hippocampe, couleur passe muraille. J'ai voulu le prendre en photo mais je n'avais plus de batterie à cause de la chasse au poisson clown, je l'aurai peut être demain, promis je reviens ! Un peu plus tard, un type qui faisait son crawl avec des espèces de raquettes dans les mains, m'a foncé dessus comme un sous marin aveugle. J'avais l'impression d'être arrêté en panne sur le bord d'une autoroute avec un camion qui m'aurait frôlé. J'ai été obligé de l'esquivé et j'ai eu envie de lui dire « Et alors, le Pacifique est pas assez grand ? »
Là dessus je suis retourné sur la plage faire une petite sieste. C'était sans compter sur ces oiseaux gris aux yeux cerclés de jaune, au corps fin et élancé qui sont montés sur des pattes à ressort ! Ils étaient en bande et faisaient un concours de celui qui ferait le son le plus bizarre ! Y en a une à côté sur sa chaise en plastique qui a gueulé « Oh la ferme ! On ne s'entend plus ! ». Je me demande si ce ne sont pas les mêmes que ceux que j'avais vu en Thaïlande et qui imitaient tout un tas de truc, une sirène de voiture, un téléphone portable, un klaxon ou qui parlaient en disant « Money Money ». A la vue de cette photo, tu me diras Corinne !
Il y avait aussi dans les arbres et dans le ciel un oiseau tout blanc et très gracile qui a une queue qui se termine en traîne, comme un voile de mariée. C'est magnifique, on dirait un oiseau surgi du paradis ! En définitive, j'aime beaucoup Huahine, c'est un vrai jardin d'Eden, c'est un mélange de lagons, de montagnes toutes vertes et de baies sublimes. Et surtout c'est très peu peuplé, authentique et les gens sont chaleureux. J'ai passé une journée merveilleuse, comme je les aime, j'en ai savouré le moindre instant et ce d'autant plus que cela faisait longtemps que j'espérais une telle journée ! Finalement ici c'est comme partout, il y a des jours avec des hauts et des jours avec des bas !

Le minuscule motu Tapati

mercredi 19 octobre 2011

En grève !


Non non c'est pas le crépuscule, il est juste 15h30!
Cette fois c'est moi qui suis en grève. Ben quoi, je n'ai pas le droit ? C'est la grève éditoriale ! Aucun cliché aujourd'hui si ce n'est celui ci pour que vous compreniez le niveau zéro dans lequel je me trouve. Neuvième jour de ce traitement, je craque ! Jusqu'à lors j'essayais de relativiser, mais là ça a usé mes nerfs, je n'en verrai jamais la fin de ce temps pourri. J'aimerais quitter la Polynésie pour aller en Nouvelle Zélande mais je ne peux pas car tout est réservé et payé. Ça m'apprendra ! Ce matin j'ai crû que ça allait se lever, il y a eu un rayon de soleil 15 minutes. Vite, je suis allé louer un scooter pour refaire le tour de l'île. Rien à faire, c'était trop tard, j'ai erré sur les routes toute la matinée espérant en vain, je suis allé sur la plus belle plage de l'île, tout est un dégradé de gris clairs et gris foncés, c'est aussi sexy que les trottoirs de Paris par une sombre journée pluvieuse de décembre. Depuis je suis au bungalow à attendre l'heure du dîner pour oublier cette journée. Qui a dit que dans les pays tropicaux la pluie laisse place au soleil en quelques heures ? Ici c'est averses, ciel gris bien épais entre deux précipitations puis à nouveau pluie. Je n'avais encore jamais connu ça si longtemps. Toutes les îles sont plongées dans le même marasme, je vois Bora Bora en face et le temps y est le même. Voir Bora Bora dans ces conditions ? J'en pleurerais !
Je ne me plaindrai pas plus longtemps, j'ai ma dose des pays tropicaux, même la Bretagne l'été fait mieux ! Ça va changer, mes prochains voyages seront orientés déserts et montagnes. Remarque, avec ma chance je risquerais d'être bloqué par une tempête de sable ou de neige ! Sinon reste la Crète qui ne m'a jamais déçu jusqu'à présent... Ou Abu Dhabi, hein Najia ?

mardi 18 octobre 2011

Sale temps pour la planète !


Hua (canal) qui sépare le motu ouest de Huahine
Contre toute attente la nuit dernière j'ai dormi comme un loir dans la voiture. J'avais comblé toutes les irrégularités avec des vêtements et installé mon matelas de sol sur le tout. La classe première d'avion ne fait pas mieux ! J'ai changé d'endroit, je me suis enfoncé dans la piste de terre rouge qui sillonne la vallée des ananas et me suis garé sur le bas côté, dans l'herbe. Et il n'y a pas eu de coqs !
Ce matin j'en ai profité pour acheter un petit livre merveilleux intitulé « Les lagons de Polynésie française ». Les illustrations sont très bien faites, les photos sont belles et la mise en page est artistique. Bref un très beau livre orienté écologie. Que je vais devoir envoyer par la poste à mes parents car je ne peux rien garder avec moi, pour des raisons évidentes d'encombrement.
Moorea possède des routes pleines de circonvolutions si bien qu'en prenant le chemin pour l'aéroport je me suis demandé quelle était l'île que je voyais en face, sans que je réalise que j'étais passé de l'autre côté et que par conséquent ce n'était autre que Tahiti ! Le temps encore ce matin à Moorea était tout gris, j'étais impatient de partir pour Huahine avec peut être la chance d'y trouver un temps plus clément. Dans l'avion je lisais mon nouveau livre et j'ai appris que les tués par attaques de requins se chiffrent à une vingtaine par an alors que c'est 100 fois plus par les chutes de noix de coco ! Et le coquillage suicidaire a un nom : le lambis. J'aurais dû le reconnaître, il est très commun dans les Caraïbes. J'en oublie mes standards !
Piège à poissons : ils restent piégés à marée basse
N'espérez pas voir ici une photo de Huahine prise de l'avion. Jusqu'à ce qu'on touche sol on ne voyait rien et j'ai été accueilli par la pluie. Pire que Moorea ! Par contre à part la pluie, il n'y avait encore personne pour m'accueillir ! Je suis le spécialiste. J'ai attendu un moment, laissant passer le quart d'heure de politesse, jusqu'à ce qu'une préposée vienne vers moi en disant que je ne pouvais pas rester là car ils fermaient l'aéroport ! Sur ce, je me suis retrouvé sous la flotte tandis qu'elle rabattait le rideau de fer comme une boutique qu'on ferme ! Il a fallu que je sorte l'ordinateur car tous mes guides de voyage sont en version électronique (le poids, toujours le poids!) pour appeler la pension Vaihonu. Je ne sais pas comment je vais faire dans les prochains jours car mon forfait français s'arrête et ces cons de Yackie me répondent tout le temps avec un message rappelant le mode d'emploi à utiliser et qu'en cas de souci il faut enlever la SIM, la remettre, enlever la batterie, la remettre... Des nuls ! Attend que je sois rentrer pour émettre un avis lapidaire sur Internet !
Fleur de vanille
Toujours est il qu'une dame est venue me chercher et était bien embarrassée car elle n'avait pas trace de ma réservation. C'était bien la peine d'avoir appelé de Rarotonga avec une communication qui avait fait le tour de la planète (Iles Cook-Paris-Polynésie) ! Cerise sur le gâteau, deux personnes qui s'étaient pointées à la pension le matin même venaient de prendre le dernier duplex qui restait ! Je restais zen, apparemment elle avait dans l'idée de les faire dégager car je reste 5 nuits alors qu'eux une seule. Faites place nette, le pacha débarque !
Attends, après 3 nuits de plus ou moins galère à Moorea, j'ai besoin de repos dans un vrai lit, dans un truc en dur dans lequel je puisse me claquemurer à l'abri des chiens et des coqs ! Si je ne l'ai pas fait à Moorea c'est parce que j'avais loué une voiture qui me revenait au prix de l'hébergement, alors que je n'avais pas vraiment besoin d'une voiture - un scooter aurait fait l'affaire - si ce n'est pour y entreposer mes affaires la journée. La chose était entendue, elle a viré le petit couple qui s'est retrouvé dans une cabane en bois, style abris de jardin, de la dimension du lit ! Dormez bien mes petits avec les coqs dehors ! Et moi je me suis retrouvé dans ce grand truc où j'ai la cuisine au rez de chaussée avec la salle de bains et la chambre à l'étage avec deux grands lits ! Et j'ai de vraies fenêtres qui ferment : quand les chiens aboient, je n'entends pratiquement pas, chic !
Car de ramassage scolaire
Pendant qu'elle refaisait le ménage, j'attendais sous l'abri à vélo (la pluie tombait toujours...) quand le frère ou je ne sais qui, est venu me parler. Je me retenais pour ne pas rigoler. Il était dur à comprendre, ils ont un de ces sacrés d'accents, c'est pire que les Antillais ! Et il me racontait les mythes et légendes polynésiennes et semblaient y croire. Faut dire tout se tient et accrochez vous il faut avoir de l'imagination, c'est comme avec les dieux grecs. En fait ici il y a un dieu pour chaque chose et ce sont des géants. Géants qui avaient des pouvoirs surnaturels mais qui ne marchaient que la nuit. Ainsi un peu partout, on trouve des traces du passage des dieux, et notamment de Hiro, qui a laissé son empreinte de pied dans une montagne ici à Huahine. On peut s'asseoir dans chacun des doigts formés par l'empreinte. Il y a aussi Moorea qui a la base avait la forme d'un cœur. 
A imaginer sous un soleil radieux!
Puis un dieu est venu avec sa pirogue, a fait un nœud d'amarre autour d'une montagne puis a commencé à ramer pour l'emporter vers une autre île qu'il voulait faire. Mais le jour s'est levé et il a perdu ses pouvoirs, donnant la péninsule entre les deux baies et son pic au milieu, bout de la montagne derrière qu'il avait réussi à déplacer (cf la première photo de mon message d'hier). J'ai oublié les autres histoires abracadabrantes qu'il m'a raconté avec Hawaï, comme quoi 6 îles seraient formées par la tête d'un dragon à 7 têtes qu'Hiro avait terrassé avant d'épargner la dernière tête, le dragon ayant promis secours et protection s'il lui laissait la vie sauve... Et puis il m'a dit que ces ancêtres étaient cannibales, me regardant bizarrement... J'avais l'impression de me voir dans le reflet de son regard en train de tourner empalé sur un tourne broche ! Et il rajoutait : « Heureusement le christianisme nous a sauvé », à moitié convaincu. Ah bon ? Sous entendu, sinon je t'aurais bien rajouté à mon barboc?! Après, il a enchaîné sur son frère cadet qui habite à Nantes, qui réparait au début des bateaux et qui deale dorénavant de la drogue et lui demande, entre deux séjours en prison, de venir le rejoindre pour aller avec lui écumer les clubs de strip tease !
Le marae aux ossements humains!
Daniel a débarqué, c'est lui que j'avais eu au téléphone, il s'est excusé pour l'oubli et pour se racheter m'a offert un tour de visite de Huahine, en payant de sa poche la sortie « Huahine Explorer ». Beau geste, même si le temps était à chier ! J'ai rejoint un couple qui était aussi de la partie et on a commencé par visiter de nombreux marae, tels que ceux que j'avais mis en photo sur mon premier jour à Huahine. En fait ce ne sont pas des vestiges qui remontent au XVIIe siècle mais en fait à 3000 ans en arrière. Il servaient de lieux de culte ou de réunion pour les différentes tribus mais aussi de lieux de sacrifice. Et on en a visité un où ils pratiquaient les sacrifices humains. Soit des prisonniers, soit l’aîné de la famille si le nouveau né était un troisième garçon (2 garçons par famille étaient autorisés, après on mangeait le plus vieux!). En fait le chef du village buvait le sang du sacrifié et mangeait son cœur pour gagner en force et respect. Quelle horreur ! L'un des ces marae ressemble à un temple de pierre de plusieurs mètre de haut, qui est tabou et maudit. Les polynésiens n'aiment pas les marae de nos jours et s'en tiennent à l'écart. Toujours est il que la fille de notre guide a été autorisée avec l'école à l'escalader pour voir en haut, elle en est traumatisée depuis ! En fait, sur la dalle qui n'est pas visible du sol, ils entreposaient les restes humains les uns sur les autres et c'est désormais un champ de squelettes. Dans le temps ils n'enterraient pas les morts.
Séchage des gousses de vanille
Nous avons ensuite visité une vanilleraie et je connais tout depuis de la culture de la vanille et je sais pourquoi elle est aussi chère. En fait la fleur, une orchidée, ne peut se féconder toute seule car aucun insecte ne veux la butiner. C'est donc l'homme qui fait la corvée ! Il faut 3 ans avant qu'un plant donne une fleur, puis 9 mois pour que la gousse soit mure et enfin 3 autres mois où ils font sécher les gousses au soleil ! Ça embaumait partout dans le jardin. Ils les font grimper sur n'importe quel arbuste en fait, pour leur servir de tuteur. J'en ai pris un sachet de 40g (8 gousses) et ça embaume dans toute la pièce pendant que j'écris ! Contrairement à la vanille qu'on trouve commercialisée en France (la vanille bourbon), celle ci ne nécessite pas qu'on l'ouvre car elle est tellement parfumée qu'on peut la faire infuser telle quelle dans n'importe quoi et la réutiliser ainsi jusqu'à 5 fois avant qu'elle ne perde de l'arôme ! Chaque année cette vanilleraie rafle la médaille d'or au salon de l'agriculture à Paris. La vanille de Huahine est la meilleure au monde et c'est là où je suis ! Papa, quand tu recevras le colis avec le livre, prends soin de mon sachet de vanille, si la poste ne l'a pas piqué avant, alléché par l'odeur !
Y a anguille sous roche!
Ici tous le cocotiers sont cerclés d'une plaque de métal vers leur base. C'est en fait pour protéger les noix de coco des attaques des rats de cocotiers, gros comme des opposum à ce qu'il paraît ! On peut voir des traces de griffure dudit rat sur les plaques, frustré de ne pas pouvoir grimper plus haut. Plus loin on est allé à la rivière aux anguilles aux yeux bleus. Charmant quand on le dit, moins quand on les voit, ce sont de véritables monstres de 1m50 environ avec une sale gueule de serpent, qui se déplacent comme une murène. Ici les gamins viennent jouer dans la rivière avec et s'amusent à se les jeter au visage. Charmant !
Sinon Huahine a l'air très belle, c'est plein de sommets, de jungles inextricables qui débouchent sur des baies avec des lagons. 



Malgré le temps exécrable, ça n'arrivait pas à être moche et à 17 heures sous la pluie le lagon parvenait quand même à être turquoise. Qu'est ce que cela doit être avec le soleil ! J'espère connaître ça durant les 5 jours où je reste ici. Car pour l'heure j'ai attaqué mon 8e jour sans baignade. Il fait trop frais et trop couvert, on a absolument pas envie de se baigner mais d'allumer un feu de cheminée. Ici ils n'ont jamais vu ça. Ils dorment avec des couvertures. J'ai discuté avec conductrice du 4x4 du safari qui me raccompagnait à la pension et je luis ai dit que je pensais que la saison des pluies ne commençait normalement qu'en novembre. Elle m'a répondu « Tu sais, on ne peut plus rien prévoir désormais, la planète est malade, très malade ! ». Regardez ce que nous avons fait de notre pauvre Terre avec notre course effrénée à la consommation, à la sacro-sainte croissance et à la cupidité ! Nous avons détraqué des régions paradisiaques où les populations se sentent désarmées et se demandent ce qui se passe !
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