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dimanche 13 novembre 2011

Une page se tourne

Un grain passe


17:38
Je suis à bord du vol d'Air New Zealand pour Auckland. J'ai quitté Tahiti il y a quelques minutes, en avance sur l'horaire, les yeux rivés au hublot. Je voulais voir les montagnes de Tahiti et le lagon jusqu'à la dernière seconde. Comme prévu j'ai le cœur gros ; au fur et à mesure que je voyais Tahiti s'éloigner, le film de mes aventures défilait en marche arrière dans ma tête. Les visages de tous ceux que j'ai rencontrés, les Tahitiens d'hier, Gilbert et Edna, me souriaient et semblaient me dire « Ne pars pas, reste ! »
J'ai le collier de coquillages de Justine autour du cou, j'en ai même deux. Elle me les a passés à l'aéroport de Tikehau, quand j'ai pris mes bagages du pick up. J'ai promis que je reviendrai.
Ce matin, Laroche nous a fait une surprise, il nous a emmené voir les raies manta. Comme pour le pique nique sur le motu, c'est bonus. J'ai accouru, ils ne voulaient pas m'attendre car j'étais occupé à plier la tente. Le bateau était en panne, il a fallu changer la batterie. Ça promettait, avec mon vol du début d'après midi, si jamais on tombait en rade sur le lagon ! Déjà que c'est risqué de partir le jour même vers Tahiti pour prendre le vol pour la Nouvelle Zélande, on dirait que je cherche les ennuis.
La mer était plus calme que la dernière fois, l'eau plus limpide. J'ai pu dire au revoir aux raies, elles se sont approchées de moi en me jaugeant de leurs yeux. J'aurais pu les toucher mais je me suis abstenu. J'avais l'impression qu'elles me disaient au revoir en me frôlant avec leurs nageoires. Ça ressemblait à un au revoir de la main. Je l'ai pris comme ça, je me suis senti privilégié de les voir si près. C'est comme si j'étais rentré en communion avec elles. Elles n'avaient pas peur, elles m'ont tourné autour lentement. Les photos que vous voyez sont prises sans zoom et non recadrées, ça vous donne une idée de la distance qui nous séparait. J'adore les raies manta, je les appelle mes oiseaux des mers. J'étais sorti avec une famille de la pension - il n'y a plus qu'eux et Herbert, tous les autres sont repartis hier, fin des vacances oblige - , ils n'ont pas vu les raies. On peut dire qu'ils ne sont vraiment pas doués !
Y a Herbert sur son kayak
On est resté ensuite sur le motu des raies, là où il y a la maison, là ou Herbert vient chercher la paix. On n'a pas tardé à le voir arriver en kayak, qui nous disait : « What are you doing here, on my island ? It's a private property, I'll ask you some money ! » La maison sur l'île est en fait une ruine, c'est une ancienne ferme perlière qui est à l'abandon depuis 15 ans. Laroche a l'intention de la restaurer pour y habiter, une fois qu'il aura terminé de construire les nouveaux bungalows à la pension. C'est son rêve, de vivre là, au milieu du lagon, en compagnie des oiseaux. C'est une mini île aux oiseaux. Sauf que cette fois je ne me suis pas fait pourchassé !
J'ai du mal à écrire, je manque d'enthousiasme. C'est une page qui se tourne, la fin d'une aventure. De nouvelles m'attendent mais je n'oublierai jamais la Polynésie, je la garde dans mon cœur et j'ouvrirai la boite aux trésors de temps en temps pour illuminer mes journées. 
J'espère avoir eu le minimum de talent pour vous permettre de ressentir à travers mes photos et messages les couleurs de la Polynésie. Les Tahitiens d'hier me disaient qu'ils étaient contents d'être français, que la France leur permettait de vivre bien. Moi aussi je suis fier que la Polynésie soit française, c'est un joyau sans pareil et je suis content d'avoir pu partager des moments uniques avec les Polynésiens sans qu'il y ait la barrière de la langue. Je ne comprends en revanche pas comment on a pu venir ici faire des essais nucléaires et détruire un atoll certainement paradisiaque. Je m'étais déjà fait la réflexion en survolant les Tuamotu pour Rangiroa. Car Mururoa est dans les Tuamotu mais très à l'est, l'archipel étant très étendu. Folie des hommes. J'en parlais justement hier avec Le Roi. 
C'est une histoire sombre pour eux, qu'ils ne comprennent pas, ils relativisent en disant que cela leur permet de vivre dans un monde en paix. Mais on sent bien qu'ils en sont meurtris. Le Roi m'expliquait que lorsque les essais avaient lieu les militaires disaient qu'il n'y avait pas de danger, que ça restait autour de Mururoa sans se propager. Vous connaissez l'histoire de Tchernobyl... ils leur ont fait le même coup ! Mais ils ne sont pas dupes, ils en avaient marre de voir des porcs monstrueux, des scientifiques indépendants sont venus et ont relevé des taux alarmants de radioactivité. C'est pour cette raison que les essais que Chirac voulait reprendre ont capoté. La population s'est mobilisée pour faire pression et les essais n'ont jamais repris. Tant mieux ! Imaginez un champignon atomique sur Tikehau réduisant les coraux, les petits poissons, les cocotiers, les raie manta, les dauphins, mes oiseaux blancs que j'adore en cendres. Quel crime ! C'est pourtant bien ce qu'ils ont fait à Mururoa, au nom de la science et du progrès...

A l'aéroport de Tikehau
21:33
Il reste 1h30 avant d'arriver à Auckland. Je ne sais pas encore ce que je ferai demain, j'étais jusqu'à présent habitué à mes escapades tropicales, excursions aux poissons et aux motus. Je me débrouillais pas mal avec ça. Là ça va radicalement changer. J'espère que la nuit me permettra d'aborder la Nouvelle Zélande dans un nouvel était d'esprit. Il faut que je sois neuf pour apprécier les moments qui vont s'ouvrir à moi. Que je mette de côté la Polynésie. Pas facile de passer d'un pays à l'autre quand on a laissé une partie de soi ailleurs. Je dois me reconstituer, et vite ! A la pension ils me disaient que j'avais bien fait de faire la Polynésie en premier et non en dernier car le retour en métropole après la Polynésie est un sacré choc. Je comprends mon ami Sébastien qui à son retour de Tahiti laissait les gens lui passer dessus, largué, incapable de réagir ce monde de robots qu'il avait retrouvé.

Au revoir Tikehau!
22:15
J'ai parlé avec un steward, Lucien, que j'avais croisé sur le vol Los Angeles - Rarotonga. C'est un français de Nouvelle Calédonie qui vit en Nouvelle Zélande depuis 24 ans. Il m'a donné plein de tuyaux. Il a une caravane, adore le camping et quand il n'y a personne. On est donc sur la même longueur d'onde. Il m'a promis des routes quasi désertes et des paysages sauvages. C'est bien, le fait de lui avoir parlé me met un pied dans la Nouvelle Zélande. Il m'a conseillé demain d'aller à un camping à de x heures au nord d'Auckland, au bord de la mer avec une belle plage, mais sans eau chaude ! C'est situé juste avant Rutakaka (le u se prononce ou, voyez ce que ça donne, ça nous a bien fait rire!). Ce qu'il y a de bien c'est que je vais retrouver un peu de la culture polynésienne là bas, comme ça la transition se fera en douceur. Et je suis rassuré, à Auckland il fait 24 degrés en ce moment, c'est le début de l'été. Le timing de mon voyage est plutôt assez réussi, du coup je reprends du poil de la bête !

samedi 12 novembre 2011

Mes amis Tahitiens


 Après le petit déjeuner je suis parti faire un tour à vélo, direction côté récifs. Tous ceux qui y sont allés en reviennent enchantés et Justine aime beaucoup cette partie de son île car les paysages changent constamment le long de cette côte. C'est très sauvage, on roule sur une piste en sable, parmi une cocoteraie. La vue sur les récifs est permanente et à mon premier arrêt j'ai été étonné de voir dans des petites piscines de si nombreux coraux affleurant la surface. C'est du snorkeling sans masque et tuba ! Les poissons sont aussi là mais on a du mal à les distinguer.
Un peu plus loin en chemin il y a un autre endroit avec un bassin plus profond dans lequel un pécheur se trouvait. C'est encore mieux, là on a un aquarium à ciel découvert. 
Mes oiseaux préférés. Exceptionnel : ils dorment!
Il y a une brèche de moins de 2 mètres de large qui relie la bassin à l'océan et le long de cette brèche de très nombreux coraux de toute sortes ornent les parois et les fonds. C'est magnifique, l'eau est d'une transparence extrême. J'ai regretté de ne pas avoir pris mon matériel pour plonger. Enfin presque, car l'endroit était bien gardé par un requin qui allait et venait. Je m'imagine au milieu, dans cette faille où il n'y a pas la place pour se retourner avec un requin chargeant droit devant !
Après, en se rapprochant du village, on retrouve ces coraux surélevés par rapport à la plage, comme à Rangiroa. La côte se termine ensuite par une pointe qui fait face à deux motus, puis repasse côté lagon. J'ai posé mon vélo à cet endroit pour aller faire des photos, il y avait un groupe de polynésiens qui profitaient de leur week-end.
En reprenant mon vélo, l'un deux, un jeune affairé à l'arrière d'un pick up, m'a interpellé. Il voulait savoir comment ça allait, ce que je faisais, si j'aimais être là, si c'était la première fois... Puis il s'est penché vers une grande glacière pour prendre une bière Hinano, la bière de Tahiti, qu'il m'a offerte. On discutait un peu à l'écart des autres, il avait la musique qui sortait de son téléphone qu'il tenait à la main. C'était sympa. Un moment il m'a dit : « Tu surveilles ma sacoche? Je vais prendre une douche». En fait de douche il est parti se baigner !
Lorsqu'il en est sorti, il a ouvert sa sacoche pour prendre un briquet pour se rouler une clope et il y avait plein de billets de 10000 francs. « Je viens d'être payé ». 
En fait - c'est dommage j'ai oublié son prénom, leur prénoms sont durs à retenir - il est ouvrier OP, je suppose P pour professionnel car après il peut passer OS, ouvrier spécialisé. Il va d'île en île au gré des chantiers. Il me dit qu'il gagne bien sa vie, 200000 francs par mois (un peu moins de 2000 euros). Là, il va bientôt rentrer sur Tahiti pendant 1 mois pour les fêtes. Il est originaire de Moorea : « Tu vois les champs d'ananas ? Eh bien ils sont à ma famille ! Tout comme le motu que tu vois en face qui est à mes tantes, cousines... ». Tout le monde ici a un truc légué de génération en génération. Quand c'est légué c'est à toute la famille, ce n'est pas nominatif ce qui fait qu'une même parcelle de terre peut appartenir à un nombre incalculable de gens. Il n'y a pas de registre, il paraît qu'ils s'arrachent les cheveux pour établir les cadastres !



Pris dans l'euphorie de nouvelles bières qu'il me tendait dès que la mienne était finie, il m'a invité à rejoindre son groupe d'amis, ses collègues de chantier en fait. Mais avant il m'a demandé quelque chose, ma paire de lunettes : « Tu sais ici on aime bien partager, quand quelqu'un passe du temps avec nous on a l'habitude de prendre quelque chose qui lui appartient et de lui donner quelque chose à nous. Comme ça, une fois qu'il est parti, il garde un peu de nous et nous de lui. Qu'est ce que tu veux que je te donne ? ». Ça m'ennuyait un peu de lui donner les lunettes, elles me servent bien et en plus elles sont polarisantes, un peu trop du reste car souvent je trouve que le paysage est plus beau quand je les porte. 
Les verres polarisants éliminent les reflets, la surface de l'eau n'existe plus, les bleus du lagon se trouvent exaltés, le vert du feuillage devient bien tendre. Toutes les cartes postales que l'on trouve sur les îles paradisiaques sont toujours faites à l'aide d'un filtre polarisant. Pour ma part je n'en utilise pas, ce n'est pas possible d'en mettre sur les compacts.
« Tu sais mes lunettes sont abîmées, elles sont toutes rayées et elles ne valent rien ». Rien n'y faisait, il voulait absolument mes lunettes. Je les lui ai donc données. « Oh, c'est flou ! ». Eh oui, elles sont rayées, j'étais sur le point d'en acheter une nouvelle paire en Nouvelle Zélande. Mais il en était très content, il ne les a plus quittées de l'après midi, se baignant même avec. En échange, comme je n'avais besoin de rien, il m'a donné les siennes. 
Puis il m'a présenté à ses amis. Rapidement il m'a demandé de le prendre en photo avec tout le monde. Les autres, au début réticents, se sont laissés prendre au jeu, à part les femmes, un peu à l'écart, qui ne voulaient pas qu'on les prenne en photo. Ici pour dire bonjour, ils font tous le même geste que je n'ai pas tardé à adopter dès que je suis arrivé en Polynésie : ils replient les 3 doigts du milieu, le pouce dirigé vers le haut. C'est mignon ! Ils voulaient tous voir mes photos, l'appareil passait de mains en mains, ils regardaient aussi les photos que j'avais faites le matin même. Une fille m'a dit : « C'est joli les cocotiers, mais t'as pas autre chose, des nudistes ? ».
Le petit jeune a ensuite repris l'appareil photo pour faire une vidéo de tous ses amis. Je n'ai pas pu résister à la mettre ici. J'étais content d'être avec eux, de partager la journée ensemble. Je tenais là des moments exceptionnels, plus le temps passait plus ils m'acceptaient et me parlaient. C'est comme si j'avais toujours fait partie de leur groupe. L'un d'eux m'a dit : « On est gentil, j'espère que tu le diras quand tu rentreras en France ». Pour ça ! Même avant. Je leur ai parlé de mon blog, je leur ai donné l'adresse pour qu'ils puissent aller voir les photos. Je ne sais pas s'ils en auront l'occasion, j'espère. Ce sont de joyeux drilles, tout le temps à rigoler, de vrais gosses. Ils me parlaient d'un type qu'ils connaissaient, qui avait un drôle de nom de famille avec lequel ils s'amusaient pour le charrier : Mariasussé ». Je vous laisse deviner comment ça se prononce : « Le pauvre gars a changé d'île tellement il le vivait mal. Il a sans doute changé de nom ! » La vidéo s'est mal terminée, le petit jeune est tombé avec l'appareil, ayant trébuché sur une pierre. L'appareil n'a rien mais lui a une grosse bosse qui saignait. Il s'est éclipsé et je ne l'ai pas revu avant le soir.
Le Roi et son petit frère
Je suis resté en compagnie de son grand frère de 28 ans. « C'est mon petit frère, il est tout fou, mais je suis là pour le surveiller! ». Il s'appelle « le roi », je ne me souviens que de la traduction française de son prénom. Il m'a beaucoup parlé, il a sa femme qui reste à Tahiti avec sa petite fille de 5 ans. Pour lui c'est assez dur d'être toujours par monts et par vaux. Son rêve est d'ouvrir une pension sur Moorea, pour retrouver ses racines et profiter de sa famille. Pour l'heure, après la trêve de Noël, ils doivent revenir sur Tikehau finir le chantier jusqu'au mois de mars, puis après ce sera Rangiroa et Fakarava. A Tikehau, ils habitent tous ensemble mais n'amènent jamais personne chez eux. C’est pour des raisons de sécurité, sinon ceux qu'ils inviteraient pourraient en profiter pour repérer les lieux et venir les dévaliser pendant qu'ils dorment. 
Il m'a conseillé de ne jamais inviter un Polynésien là où je suis pour ces raisons. N'empêche, en fin de journée, ils ne voulaient pas me quitter et voulaient que je vienne manger chez eux. « On a du poisson, du riz... ». J'ai dû décliner en leur disant que j'étais attendu pour le dîner à la pension, à 19 heures.
Le Roi m'a raconté une histoire avec ses mots simples, tout en pudeur, qui m'a beaucoup ému, j'en avais les larmes aux yeux. Il m'a parlé de son cousin, Lumière (traduction aussi de son prénom), qui était parti vivre en métropole. Il est revenu un jour pour les vacances et ça a été de belles retrouvailles. Puis en rentrant en France il s'est pendu. Comment un tahitien peut il survivre en France ? « Ici la vie est si paisible, on n'a besoin de rien, Dieu nous donne tout. C'était un frère jumeau pour moi, il est parti à 25 ans, trop jeune, trop tôt ». Je sentais sa blessure encore vive. Dans ces moments là on ne sait pas trop quoi dire, je le laissais parler, retenant mes larmes. Ce message est pour vous, Le Roi et ton ami Lumière.
J'ai été heureux de les rencontrer et de partager un après midi avec eux. C'est ça de voyager seul, on est plus disponible pour les autres, plus ouvert. Ils m'expliquaient que pour eux c'est plus difficile de nouer des contacts avec des couples, qu'ils sont plus dans un cocon, plus en retrait, plus sur la défensive. J'espère avoir été une présence agréable pour eux, quand on dégage de bonnes ondes, les autres le ressentent. Je pense que c'est pour ça que j'ai beaucoup de belles rencontres depuis que je suis en Polynésie. Ça rajoute un charme supplémentaire aux voyages. Un voyage ce n'est pas que des paysages, c'est aussi aller à la rencontre des autres, partager des cultures, des idées. C'est cela qui enrichit. Il ne faut jamais juger mais il faut accepter l'autre, sans crainte ni méfiance ou réticence. 
Il y a un proverbe ici qui dit : « Si tu viens chez moi je sais t'accueillir, si tu viens chez toi je ne sais pas t'accueillir». C'est tellement vrai ! Une fois qu'on se dit ça, on a le laisser passer qui permet d'aller à la rencontre de tous. Il faut rester simple et humble. Je n'ai jamais eu aucun problème nul part en étant ainsi. Remarque, c'est aussi ma nature. Je me rappelle un skipper aux Grenadines, qui me voyait crapahuter tout le temps et parler avec les rastas. Il m'avait dit à la fin du voyage : « Ne change pas ! ». Ça m'avait touché.
Le Roi m'a offert son chapeau qu'il avait mis la journée à tresser pour lui. C’est bien trop grand pour moi et il s'en amusait. « Quand je l'ai fait, j'avais une casquette sur la tête, c'est pour ça ! ». Il m'a aussi avoué que ça leur arrivait de manger des tortues...et du chien ! 
Tant mieux qu'ils mangent des chiens, ça en fait moins, ces saloperies n'ayant pas de prédateurs. En rentrant, comme ils allaient dans la direction de la pension, ils m'ont demandé de monter avec eux dans le pick up en mettant le vélo avec. Ils se sont arrêtés à l'épicerie pour déposer les bouteilles vides de bière (ici le verre est consigné) et pendant qu'on attendait, il y avait une maison de l'autre côté de la route avec pas moins de 8 chiens qui aboyaient tout autour. La dame qui habitait là essayait de les calmer, tout en nettoyant sa terrasse avec un balai en cocotier. Le Roi m'a dit en souriant en montrant l'un des clebs : « Ça fera 2 assiettes ! ».
Je suis ensuite rentré avec le vélo, il faisait nuit et je n'avais plus les idées très claires. Vu qu'il n'y a qu'une route, difficile de se perdre. Je me souviendrai longtemps de ces 6 heures de bonheur passés avec eux au bord du lagon. Je laisse des amis. Mes amis Tahitiens...

La plage où l'on discutait


vendredi 11 novembre 2011

Le pique nique de Justine



Aujourd'hui Justine nous a offert une sortie avec elle sur un motu où elle se rend pour les fêtes, pour passer Noël ou d'autres événements. Toute la pension est invitée, c'est sympa. Justine a emmené des sacs et glacières et tout le monde a embarqué sur son bateau orange et blanc « Pension Justine ». Tout le monde sauf Herbert, l'autrichien, qui n'a pas été prévenu, il est déjà parti en kayak vers son îlot. J'apprendrai par la suite qu'il s'y rend 2 fois par jour car il rentre tous les midis à la pension pour le déjeuner. Tu m'étonnes qu'il mange autant ! Par contre comme on parle tous français, personne ne le lui avait dit, il était un peu déçu ce soir qu'on l'est exclu une fois de plus. Je pensais que Justine l'avait prévenu. Moi même j'ai failli rater la sortie, Justine en avait discuté un soir à table, comme ça, sans préciser le jour. Et ce matin j'étais parti à la pension d'à côté pour l'internet car le signal y est meilleur et ce n'est qu'une fois de retour que mes collègues campeurs m'en ont informé. Je m'entends bien avec eux, ils sont sympas, ils viennent de la Réunion et m'en font l'article, comme quoi c'est fabuleux, qu'il y a plein de choses à faire, de treks dans les montagnes et qu'il faut absolument que j'y aille. Le gars est un Tahitien exilé à la Réunion et ils sont venus ici quelque mois pour rencontrer sa famille.
Le motu sur lequel nous avons posé pied est encore mieux que celui de la sortie à l'île aux oiseaux. Il y a plein de choses différentes à voir : les récifs, les îlots alentour posés sur le sable, des bancs de sable à l'infini. Au fur et à mesure de la journée les paysages changent, la lumière jouant avec les couleurs, l'inclinaison changeante des rayons de soleil éclairant d'un regard nouveau le paysage. C'est simple, dans l'après midi on avait l'impression qu'on avait changé d'endroit. Tout le monde partageait mon avis. Je suis un peu la mascotte de la sortie, ils m'ont surnommé Koh Lanta, avec ma chaussette sur la tête ! C'est venu suite à une blague quand on a accosté, quelqu'un a dit : « on va faire un équipe des jaunes », en désignant mon bracelet jaune et Laroche, le mari de Justine, qui portait un T-shirt jaune. Le fait de faire un tour du monde aussi intrigue les gens et attire tout de suite la sympathie. Ils veulent savoir où je vais, ce que j'ai vu, combien de temps ça m'a pris pour monter ce projet... 
Le platier
Il sont tous épatés et enthousiastes, me disant que j'ai fait le bon choix. Les popa (les métropolitains installés à Tahiti) me disent que j'ai eu un bel aperçu de la Polynésie et que j'ai bien choisi mes îles. Normal, j'y ai travaillé dur, je ne vais que dans les plus beaux coins ! Du coup tout le monde s'arrache ma carte de visite que je laisse avec plaisir. Plus de monde lit mon blog, mieux c'est. Je me vois bien rentrer en France comme un héros, avec à l'aéroport des sponsors qui m'attendent pour me faire signer des contrats. Bon, c'est juste un rêve...
On est tous allé voir dans la matinée le récif, en fait pour pêcher des espèces de gros coquillages. Ils appellent ça des burgaus, je ne sais pas comment ça s'écrit, c'est le correcteur orthographique qui l'écrit comme ça ! Il paraît que le nom de genre c'est le turbo. Ils en ont ramassé 2 grands seaux pour les farcir à l'ail et au persil pour ce soir. 



J'étais à la traîne, j'avais laissé mes Crocs dans le bateau et en fait Laroche nous avait juste déposé sur le motu et était reparti aussi sec. Et vers le récif, le sable laisse place à des coraux morts de plus en plus dur. Je marchais comme sur des œufs, heureusement j'ai déjà l'habitude de marcher pied nus et la plante des pieds est déjà bien renforcée. Je les ai laissé retourner les rochers, j'étais plus occupé à regarder les raies et les requins qui évoluaient sur le platier dans des chenaux de 30 cm de profondeur. D'ailleurs, au retour, comme le chenal se dirigeait vers un motu et que son fond est lisse et confortable pour les pieds, je suis rentré en le suivant. Tout autour des ombres défilaient vitesse grand V, des poissons apeurés, des requins pointe noire qui me passaient presque entre les jambes. 
Dans une flaque il y avait une raie qui dormait, espèce de poêle à frire collée au platier, parfaitement immobile. Je me suis approché d'un peu trop près pour la photo et cela l'a réveillée et elle est partie un peu plus loin. Elle aurait pu me piquer avec son grand dard venimeux. Mais toutes ces bêtes sont très craintives, même les requins. Elles ont des armes redoutables mais ne le savent pas ! Elles tiennent d'abord à leur petit vie et je pense qu'elles ne s'en servent qu'en dernier ressort.
J'ai ensuite contourné le motu par sa partie est. Le meilleur point de vue du secteur ! Comme quoi l'exploration paye. Imaginez plutôt : deux motus reliés par un banc de sable très étroit en forme d'arc de cercle, aux sables roses, paradis des oiseaux, le lagon à sa gauche, une lagune sur sa droite. Une pure merveille ! 



Tikehau arrive vraiment dans le palmarès de mes îles préférées. De ce que j'ai vu, je dirais en 1 : Maupiti, en 2 : Tikehau et en 3 : Huahine. Les popa me disent que les Tuamotu sont ce qu'il y a de mieux en Polynésie, qu'ils y viennent à chaque vacances, parfois pour le week-end. D'ailleurs ce soir on a une famille de Tahiti qui est arrivée et qui reste pour le week-end, aujourd'hui étant férié. Ils ne me l'auraient pas dit je ne m'en serais pas rendu compte : jours fériés, week-ends... tout cela n'a plus d'importance pour moi lorsqu'on passe chaque jour au paradis !
Je comprends mieux maintenant pourquoi Tikehau est desservie deux fois par jour de Tahiti alors qu'il n'y a que 400 habitants. Je ne m'y suis pas trompé en choisissant cette île, c'est une merveille de tranquillité et de beauté ! 
On baigne dans un paysage de carte postale en permanence, c'est indescriptible, il n'y a aucun mot que je pourrais employer ici pour vous le faire partager. Les Maldives, l'île Maurice, toutes ces îles ne peuvent tenir la comparaison. Tikehau est l'île pour les Robinson ! D'ailleurs, en parlant de ça, Justine nous a raconté la mésaventure d'un américain qui était venu sur Tikehau il y a peu, à une autre pension. Après le déjeuner et après voir un peu bu, il était parti à pied par la plage pour se rendre au village. Un cocotier ressemblant à un cocotier, un motu également au suivant, il est parti vers l'est au lieu d'aller vers l'ouest. Et il s'est donc perdu. Il aurait quand même pu se repérer au soleil, ça m'étonne toujours ceux qui n'ont pas le sens de l'orientation ! La pension ne s'est aperçue de son absence que le lendemain matin ! Ils ont organisé une battue et tout le village s'y est mis. On l'a retrouvé dans la journée sur un motu, grimpé à un cocotier ! 
Justine nous disait que quand on a soif on apprend vite à grimper tout seul à un cocotier pour aller chercher les noix. Il avait ainsi passé la nuit sur un motu et avait eu très froid. Il devait prendre son vol de retour le lendemain, il est resté un peu plus longtemps pour se remettre de ses émotions. Au moins aura-t-il vécu une expérience de Robinson un jour dans sa vie ! Justine rajoutait : « Il aurait dû marcher côté lagon, il y a l'île d'Eden qui vient vendre ses légumes tous les mardi, ils l'auraient vu ». Ça dépend, si ça arrive un mercredi, il peut encore attendre quelques jours !
Pour le déjeuner on a eu des beignets coco, du pain, du fromage, des rillettes, du cake, de l'eau fraîche et même des mangues pour le dessert ! Je ne sais pas d'où elles sortent, je n'en ai jamais vu encore nul part en Polynésie. Je l'ai dégustée avec grand plaisir, depuis le temps que je ne mange pas de fruit ! Elle était délicieuse, j'en avais les mains toutes collantes. Pratique, je suis allé me les laver au lagon à deux pas ! Le reste aussi juste après ! 



En position étoile de mer
J'ai fait séance baignoire dans le lagon. J'ai trouvé une nouvelle position, pour changer de la planche : je me mets sur le dos, je rabats les genoux sur la poitrine en les tenant par les bras, le cul sur le sable. Un genre de position fœtale améliorée. C'est divin, on resterait des heures comme ça. Après on peut aussi alterner avec la position de l'étoile de mer ! La vidéo que je vous offre a été prise à ce moment !
Ce soir le gros bigorneaux étaient sur la table, toutes les femmes de la pension s'y était mises. Au début j'étais très réticent à manger ça. Ça sentait très bon mais j'avais une appréhension d'aller extirper tout le truc qui devait se trouver à l'intérieur. J'ai fait mon chiant, j'ai demandé les plus petits, ça fait moins zire ! Sauf qu'ils sont tous de la même taille ! Finalement y a trois fois rien à l'intérieur, ils n'ont gardé que le muscle. Ah, tout de suite ça allait mieux ! 
En fait c'est toute une histoire à préparer. Ils font bouillir la bête pendant plus de deux heures, extirpent l'intérieur et jettent tout sauf le pied, comme pour les noix de Saint Jacques. Il paraît que ça a une mâchoire et des dents ! Je n'aurais pas aimé voir ça sinon ça m'aurait dissuadé d'en manger. Herbert l'autrichien n'en a pas voulu et m'a sifflé à l'oreille « Oh, une cure de ciguatera ! ». Il est désormais à tous les repas à côté de moi et hier soir il m'a donné son téléphone et e-mail. Par contre comme il me parle tout le temps, on est deux à présent en bout de table. J'aimerais aussi suivre les discussions en français mais c'est délicat de jongler entre deux langues. J'ai un peu le sentiment d'être le cul entre deux chaises. 
On ne peut pas non plus demander à tout le monde de parler anglais quand on est 17 à table et qu'il y en a qu'un qui ne parle pas français. Certains faisaient l'effort de baragouiner quelques phrases en anglais avec lui, ça me faisait plaisir et à Herbert aussi qui plaisantait aussitôt avec eux. Quelqu'un a trouvé que c'était le sosie d'Alain Juppé, du coup ça amusait tout le monde. Quant à moi, c'était : « Eh, Koh Lanta, passe moi le plat ! »...






jeudi 10 novembre 2011

Opération Raie Manta

Hier, en me baladant à vélo, j'avais fait un crochet par le Tikehau Village, indiqué sur le Petit Futé comme regroupant des excursions que d'autres ne proposent pas. Mais la propriétaire qui m'a accueilli m'a demandé de m'adresser à Justine car ils partagent le même prestataire. Sinon d'aller voir le Raie Manta Club, situé juste deux bungalows plus loin. Raie Manta Club, ça sonne un peu comme un club de divertissement pour gamins, non, du style Disney Club ou Dorothée Club ?! Mais il est tout ce qu'il y a de plus sérieux, c'est tenu par un Français, la trentaine sportive. En fait ils organisent des sorties surtout pour les plongeurs mais c'est aussi possible que je me greffe à eux pour faire du snorkeling, les spots où ils vont étant aussi intéressants pour la plongée en masque et tuba. J'ai donc pris rendez vous pour aujourd'hui 8 heures, pour une balade sur la matinée à la rencontre des raies manta. J'avais promis une revanche !
Ce matin, j'ai donc faussé la compagnie à tout le monde au cours du petit déjeuner. Pendant que tout le monde baillait encore en se frottant les yeux, j'ai enfourché le vélo pour me rendre au Raie Manta Club, situé à deux coups de pédale de là. Peu de temps après est arrivé le gars que j'avais vu hier. Il m'a passé une combinaison de plongée, des palmes et un masque tout neuf, bien mieux que celui que j'ai, qui n'arrête pas de laisser passer l'eau. En fait j’avais acheté ce masque car c'est le plus léger au monde, toujours pas souci de voyager léger. Car pour ce tour du monde je ne voyage qu'avec un sac cabine que je garde toujours avec moi et la tente que je mets en soute. Ainsi si la tente ne suit pas à l'arrivée au cours d'un vol, ce n'est pas très grave, je peux me rabattre sur des hébergements traditionnels. J'ai préparé mon sac en pesant la moindre chose et en achetant des affaires ultra light, principalement commandées aux USA. Même si Décathlon fait aussi dans l'ultra light, souvent il y a encore plus léger qu'eux.
J'ai enfilé la combinaison, pour la première fois de ma vie. Ce n'est pas évident, j'ai commencé par mettre les deux pieds dans la même jambe ! Le type du club devait se demander sur quel gus il était tombé ! Puis après je n'arrivais pas à mettre les bras, les manches étaient au niveau du nombril. Il m'a dit : « Il faut l'étirer et remonter le bas ! ». Car en effet j'avais l'entre jambe à mi cuisse. Quelle quiche ! J'ai donc enfin pu rentrer là dedans comme dans un préservatif. Heureusement ça reste assez souple, j'avais peur d'être complètement figé. Après avoir pris deux autres personnes, nous avons pris le large ; direction l'îlot de l'autrichien. C’est là que se trouvent les raies. Étant le seul à faire du snorkeling, ils m'ont planté là avec un petit briefing, comme quoi il fallait que je bouge le moins possible, que je reste bien en surface et que les raies allaient approcher.
J'ai donc sauté à l'eau, me dirigeant tant bien que mal avec les palmes vers le point désigné où j'aurais le plus de chance de rencontrer les raies manta. Je ne voyais pas le fond, comme la dernière fois. Et puis j'aurais été sans palme, il me semble que je serais allé plus vite. Je ne sais pas comment on peut battre des pieds avec les palmes, il y a une résistance à l'eau qui me donne des crampes au mollet ! Sans compter qu'en forçant, le pied frotte dans la palme, au point d'avoir des ampoules. Finalement j'ai trouvé ma technique, au lieu de battre des pieds juste sous l'eau, j'avançais à l'oblique, comme si je marchais sur l'eau. Ça marche bien et c'est beaucoup moins fatiguant.
Au début j'ai cru encore que je n'allais rien voir, jusqu'à un moment où j'étais occupé à vérifier si tous les réglages de l'appareil photo étaient prêts. Est arrivée par derrière une raie qui m'a fait sursauter quand elle est passée dans mon champ de vision. Après, c'était l'euphorie, l'ivresse des profondeurs, je criais ma joie dans le tuba, au risque de la faire fuir ! Puis elle s'est arrêtée autour d'une patate de corail en tournant lentement autour. Les raies sont là pour se faire déparasiter, il y a des petits poissons tout autour qui tendent leur nez pour les grignoter. C'est pas bête comme animal, la raie se laisse faire et en redemande. Car, contrairement au chien qui passe son temps à se gratter et à se mordiller, une raie n'a pas cette faculté. C'est gros comme bestiau, souvent elle avait la gueule ouverte et aurait pu me gober tout entier. J'étais à moins de 3 mètres, c'est vraiment impressionnant. Les raies ont des fentes sur le côté pour les branchies, 3 ou 4, comme les requins. C'est là qu'on voit que c'est la même famille. Avec leur larges gueules ouvertes, on aurait dit un ferry à voitures !
De temps en temps il fallait que je m'arrête, mon appareil faisant de la condensation chaque fois que j'ai des trucs intéressants à prendre en photo ! Au bout d'un moment j'ai de la buée qui se forme à l'intérieur de l'objectif, due au choc thermique. Rien de bien méchant, la notice dit que c'est normal. Quand ça arrive, je dois sortir l'appareil de l'eau en le tenant à bout de bras (il faut bien continuer à nager !) et je dirige l'objectif vers le soleil pour faire évaporer tout ça. Chaque fois ça me prend bien plus de 5 minutes. Pendant ce temps là j'ai perdu la raie.
Mais je n'ai pas tardé à en retrouver d'autres, en fait il y en a beaucoup, j'ai même eu l'occasion d'en voir deux ensemble. J'ai encore eu la confirmation que ces raies sont des bébés, de beaux bébés qui font 5 mètres d'envergure, car les adultes sont bien plus grands. Je suis content, j'ai vraiment vu des bêtes extraordinaires en Polynésie. 
La seule chose que j'ai ratée, ce sont les baleines à Moorea. C'est vraiment dommage, tout ceux qui y sont allés en gardent un souvenir ébloui. Ça m'énerve, tout ça parce que c'était complet ! Où que j'aille je rate toujours les baleines, ce n’est jamais la saison. Pour une fois que j'étais quelque part où je pouvais en voir ! Maintenant c’est trop tard, elles sont reparties en Antarctique. Elles viennent en Polynésie pour mettre bas, en se privant de manger jusqu'à ce qu'elles retournent début novembre dans le sud. Certains ont vue une famille entière avec le baleineau. Ça doit être quelque chose !
L'avantage d'être sorti avec un club de plongée, c'est déjà qu'étant le suul en masque et tuba, j'avais les raies pour moi tout seul. Mais c'est surtout qu'avec leur protocole et contraintes de paliers ils restent des heures dans l'eau avant de remonter à la surface. J'ai donc eu facile plus de deux heures pour admirer le ballet des raies, dont je ne me lassais pas. Le seul souci quand on a une combinaison, c'est pour faire pipi ! Il a fallu que je me retienne alors que dès que j'ai un masque et un tuba je pisse comme une vache, tout le temps. Je ne sais pas pourquoi, l'effet est immédiat et assuré. J'étais tellement pris par les raies que l'instructeur est venu me chercher à la brasse pour me dire qu'il fallait que je remonte. J'ai mis la tête hors de l'eau, en effet les deux autres personnes étaient déjà sur le bateau.
Sur le chemin j'ai encore croisé plusieurs raies et des petits bonshommes tapis au fond qui me faisaient de grands signes de dégager. Hé, minute papillon, le lagon est à tout le monde ! En fait les plongeurs voient les raies d'en bas, moi je les vois d'en haut ! Quoi que, parfois, elles font des figures qui me laissent voir leur ventre tout blanc. C'est merveilleux de les voir nager, elles ne nagent pas, elles volent ! Elles battent des ailes, lentement, on dirait qu'elles sont au ralenti. C'est vraiment majestueux !
Une fois à bord, le programme n'était pas terminé pour autant, on est parti de l'autre côté du lagon, côté récifs, pour voir des napoléons et des barracudas. Enfin, eux. Pour moi c'était le platier, cet endroit plat du début du récif sur lequel viennent se fracasser les vagues (cf mon message de l'île aux récifs pour les photos). 
Il y avait pas mal de vagues, il s'agissait de ne pas se crasher sur le platier ! Il y a aussi des requins m'avait prévenu le moniteur. Cette fois le fait d'être largué seul, loin du bateau, avec un fond à 5 mètres m'amusait un peu moins. J'ai mis mes appréhensions de côté et je me suis dirigé vers le platier, croisant en effet des requins qui passaient plus en dessous. De temps en temps des bancs entiers de poissons s'agitaient, je me retournais alors pour savoir si ce n'était pas le signal du grand fauve, mais non, ils partaient régulièrement en panique pour rien !
J'ai vu tout un tas de poissons que je n'avais encore jamais vu, des poissons mouchetés ou encore ce très beau poisson, rayé vert et jaune. On aurait dit les couleurs d'un perroquet. Il y en avait aussi un, très horrifique, qui montrait les dents comme une tête de mort ! Malheureusement, malgré sa tête à faire peur à un requin, il était très craintif et je n'ai pas pu le prendre en photo. 
Bientôt, enfin à mon retour, je serai une bête de science sur les poissons coralliens. Il y a un très beau guide qu'on trouve partout ici, « Guide des poissons de Tahiti et ses îles », très complet, un beau pavé qui pèse un lingot. Par chance on le trouve sur Amazon, je l'ai donc commandé pour être expédié chez mon père. Plus pratique que d'aller à la poste - qu'il n'y a de toute façon pas ici - et de payer une fortune en frais d'envoi quand Amazon fait la livraison gratuite.
Quand nous sommes rentrés il était plus de 13 heures, ça a été une belle et longue sortie ! Pour ceux qui iront à Tikehau, je vous la conseille vivement ! On ne voit pas des raies manta tous les jours. Ça rattrape de bien nombreuses tentatives infructueuses, hein, Corinne !

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