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mercredi 5 octobre 2011

Après le paradis, le nirvana !

One Foot Island

Quelle journée, mon Dieu ! Il n'y ai pas allé de main morte quand il a fait ces îles. J'ai passé la journée à naviguer entre de petits îlots et à aller à la rencontre des populations locales sous l'eau. Il y a d'ailleurs une espèce de poisson rayé blanc et gris-bleu qui virevoltait autour de moi tel un papillon, intrigué de ma visite et me faisant son numéro de charme. Le lagon est indécent, il n'y a pas de mot pour le décrire. Jamais rien vu de tel ! C'est une succession de bancs de sable, de motus (les îlots) et de patates de corail. L'eau c'est pas de l'eau tellement elle est translucide, c'est du cristal ! J'ai passé ma journée à chialer de bonheur, c'est l'émotion ça me fait tout le temps ça devant un site d'une pureté infinie.

J'étais étonné déjà hier qu'ils n'aient jamais penser tourner un Koh Lanta ici. En fait si, la version américaine Survivor s'est déroulée une saison ici. C'est le capitaine du bateau qui nous a tout raconté. Ils sont venus 3 mois avec 2 gros bateaux pour toute la logistique, le matos et les équipes de tournage. Pendant ce temps personne n'avait le droit d'aller dans le lagon, ils ont indemnisé les locaux et empêché les touristes de venir. Ça a été comme un temps de guerre. Mais ils ont été très corrects avec tout le monde. Le capitaine a été enrôlé dans les équipes de tournage et à la fin ils ont convié tout le monde à un vol au dessus d'Aitutaki.
Pour beaucoup c'était la première fois qu'ils prenaient l'avion et il nous a raconté combien il avait été ému de voir la beauté de son île sous ces angles et de voir sa maison d'en haut. Ils sont partis aussi en construisant une passe qui permet aux embarcations de gagner le lagon. Avant ils devaient attendre la marée haute. Le chantier a dû être colossal et ils ont dû dynamiter du corail (hélas). C'est par là que nous avons gagné le lagon, le signalement du chenal est fait par des branches encastrées dans des patates de corail !
L'un dans l'autre les habitants d'Aitutaki sont contents de cette expérience, il y a eu des retombées économiques et pour beaucoup ça leur a permis de vivre mieux. Par contre ils ont demandé aux producteurs de ne jamais mentionner le nom d'Aitutaki car ils ne veulent pas être des promoteurs de l’émission et drainer un tourisme de curieux. L'émission s’est donc finalement appelée Survivor Cook Islands. Et je vous livre ici son secret !

Allez on jette l'ancre!
 Pour ma part j'étais toujours à la traîne chaque fois qu'on était déposé sur un îlot. J'étais comme fou, virevoltait de gauche, de droite, allait sur les bancs de sable, faisait le tour de l'île en transe, de sorte que j'étais toujours le dernier à regagner le bateau. Certains m'ont même charrié une fois où je n’étais pas le dernier, ils m'ont demandé de redescendre ! D'ailleurs il y a une fois où je me suis vraiment senti comme à Koh Lanta, sur Rapota : j'étais resté à la traîne pour prendre de jolies photos une fois que tout le monde avait dégagé et je ne me suis pas rendu compte que tout le monde était parti. Quand j'ai fait demi tour je n'ai pas retrouvé le bateau, ils étaient parti à ma recherche avec. J'ai immédiatement pensé à : « A la fin il n'en restera qu'un ! » Devinez qui ?
La photo d'Aitutaki qui m'a fait traverser 2 océans!
Le midi nous avons mangé sur One Foot Island, de son vrai nom Tapuatei, l'image de carte postale d'Aitutaki qu'on trouve partout avec ses deux îles séparées par un étroit chenal séparant des bancs de sables frangés de cocotiers. La femme du capitaine qu'on n'avait pas encore vue avait préparé le déjeuner à terre avec plein de bonnes choses et des filets de poisson grillés qui faisaient penser un peu au thon. De l'espadon sans doute. Finalement nous étions un groupe de 15, j'ai discuté un peu à table, il y avait 2 hollandaises qui revenaient de Polynésie française et finissaient par les îles Cook. Pour elles, Moorea c'est encore mieux, c'est ce qu'elles ont préféré. Je demande à voir ! Car bon, pour moi, maintenant que j'ai fait le meilleur, je peux rentrer ! Ça va pas la tête ? 
En tout cas il parait qu'en Polynésie française il y a plein de chiens et elles étaient étonnées tout comme moi qu'il n'y en ai pas ici. Ca promet ! Car ce qui est génial aussi ici c'est qu'il n'y pas de ces bâtards teigneux qui ne pensent qu'à aboyer et à empoisonner mon existence. Bon, OK, il y a un bien un coq qui se pavane tous les matins vers 7 heures avec sa greluche de poulette à côté qui caquette comme une conne et se plaît à réveiller tout le monde en passant bien partout, mais sinon le reste du temps c'est très calme. Dans le groupe il y avait aussi une allemande de Munich qui avait fait comme moi dans le passé en partant un an. Elle n'est jamais rentrée ! Elle vit désormais en Nouvelle Zélande avec son compagnon qu'elle a rencontré ici. Sa famille est venue la voir et lui a dit « Bon, OK, ne rentre pas !! » Tu m'étonnes ! C'est comme le capitaine qui nous avouait, en commentant le fait que les tortues étaient de grandes voyageuses comme nous (on a vu des tortues!), qu'il ne voyageait pas car il était très heureux sur son île.
A la fin du repas, il y avait du rab, la cuisinière qu'un sourire aux lèvres ne quittait jamais - les miss France avec leur sourires qui tremblent ont des cours à prendre ! - m'a filé un doggy bag. Ça va améliorer mon ordinaire constitué d'omelettes. Je réserve ça pour demain soir, je l'ai mis au frigo, ça attendra bien jusque là, non ? Puis nous avons repris le bateau avec la cuisinière cette fois (comment était elle arrivée là avant nous mystère!) et un moteur en moins qui avait lâché. Chemin faisant on a croisé un autre bateau avec un expert à son bord selon le capitaine. Pendant que l'autre était affairé les mains dans le cambouis j'ai déserté en douce en me jetant par dessus bord pour passer de l'autre côté du chenal, question d'admirer la vue sous un nouvel angle. 
Ça n'a pas été sans mal car il y avait un courant de dingue. Du coup des personnes d'un autre groupe qui étaient de l'autre côté et m'avaient vu faire sont venues me rejoindre. Je suis peut être responsable de noyades à la pelle ! On a plongé à plusieurs reprises, c'était très bien fait, le capitaine nous laissait autour de grosses patates de corail et déplaçait son bateau plus loin. On n'avait plus qu'à butiner en se laissant porter par le courant. Aucun effort. Et une fois à bord des mangues goûteuses, de la pastèque bien rafraîchissante ou encore de la noix de coco nous attendaient !
Finalement je me retrouve avec plein de photos qui sont toutes à tomber. C'est un casse tête à trier, alors je les mets comme ça et je vous laisse le soin de juger. Moi je ne peux pas !
Quand on s'est quitté le capitaine nous a tous remercié en nous enveloppant la main des siennes, nous a dit que son île était la nôtre, qu'on n'était pas éternel, que pour l'instant il y vivait et qu'ensuite un autre prendrait sa place, peut être nous. Il nous a aussi demandé de faire la promotion de son île autour de nous car ils sont contents de voir du monde, autrement il serait resté à la maison. Alors venez à Aitutaki ! C'est un vrai paradis méconnu.

Pour terminer je vous laisse avec ses derniers mots : « Please come back again and I'm sorry, I won't visit you in your country, I'm happy here ! »

mardi 4 octobre 2011

Kia Orana au paradis!


Kia Orana ça veut dire « bonjour » ou « bienvenue » en Polynésien. J'ai passé une journée formidable où l'émerveillement était présent à chaque instant. Exit les atermoiements de midinette d'hier, place à l'enthousiasme ! Je suis déjà remis des 12 heures de décalage pris dans les dents. Aitutaki est une petite île fantastique que j'aime beaucoup et je dois dire que j’attaque fort ! J'ai un programme pour ce voyage qui déchire ta race, qu'on se le dise!
Déjà, dès demain j'ai réservé une excursion vers les îlots du sud-est du lagon, dont One Foot Island qui est sur toutes les cartes postales. 
L'agence qui organise le tour, Aitutaki Adventures, n'a pas été facile à trouver. Elle figure sur la carte mais n'a pas d'enseigne. Finalement après avoir tourné un peu en rond, j'ai fini par trouver un pick-up jaune avec le nom sur la portière. J'ai arrêté son conducteur qui m'a donné tous les renseignements nécessaires. Réservation faite pour demain, RDV à 9h45 devant le ponton. Apparemment deux autres personnes seront de la partie.
De retour avec le scooter j'ai entendu un grand « Vlam !» suivi de plus rien, le moteur tournait toujours mais n'entraînait que dalle. Je suis tombé en carafe comme ça, heureusement à 200 mètres environ de l'agence qui m'avait loué le scooter. 
Merci mon ange gardien ! Je l'ai poussé à la main jusque là bas. Tout le monde s'arrêtait pour me demander si ça allait. Les gens sont très gentils et se connaissent tous. La porte de mon bungalow ne ferme pas et je laisse mon ordinateur et mes papiers à l'intérieur. Quand je suis arrivé j'avais demandé à la réception s'ils pouvaient garder mes affaires de valeur. Après un silence de stupeur, ils m'ont répondu qu'ici ça ne craignait rien, qu'il n'y avait pas de vol. Un autre monde je vous dis !
L'agence Rino's Rental était fermée, sans doute pour le déjeuner. Je suis quand même aller voir derrière, j'ai trouvé un vieux papy à qui j'ai expliqué le problème et qui m'a dit qu'il allait m'en donner un autre. Entre temps, l'un de ceux qui m'avaient demandé si tout allait bien est arrivé, c'était le réparateur de l'agence. Ils m'ont en donné un nouveau en échange avec le plein fait, qui a l'air en bien meilleur état. Apparemment c'est la courroie qui avait dû sauter. C'est peut être ma faute, j'avais poussé la bête au delà de 50 km/h, pris dans l'exaltation d'être cheveux au vent ! Ici en effet pas besoin de casque, d'ailleurs ils n'en donnent même pas !


J'ai passé mon après midi au Aitutaki Lagoon Resort and Spa qui se trouve tout à l'est après l'aéroport. C'est fantastique, ce resort est dans le plus bel endroit de Aitutaki. Il est sur une île pour lui tout seul, et il faut prendre un petit bac qui traverse le chenal en moins de 5 minutes. Je suis allé voir son capitaine pour savoir si je pouvais visiter. Qui ne tente rien n'a rien ! Et ça n'a pas posé le moindre problème, j'ai juste eu à signer un formulaire arrivé sur l'île, question de contrôler que les visiteurs s'en vont bien le soir. Et tout ça sans qu'ils me demandent un sou ! Je vous invite à regarder sur internet, je suis sûr qu'ils ont un site. Pour ceux qui viendront visiter, demandez le cahier des visiteurs du 4 octobre, à 14 heures vous verrez mon nom inscrit !
L'île se termine - ou commence - par un petit banc de sable où je suis resté scotché tout l'après midi, sous une palme de cocotier avec les rayons du soleil qui balayaient ma peau à travers au rythme du vent. Je n'ai croisé personne hormis un bernard l’ermite qui est passé nonchalamment devant ma serviette. De temps en temps j'allais me baigner dans le bleu turquoise. Étant dans une passe, le rivage tombait à pic et je pouvais poser mes bras sur le bord du banc de sable comme on fait à la piscine quand on se repose sur la margelle. La comparaison s'arrête évidemment là ! Sinon le sable eh bien ce n'est pas du sable, c'est du corail concassé ! 
Les minutes se sont ainsi écoulées tranquillement, me nourrissant de la beauté du paysage. Je dois dire que ça ressemble un peu aux Maldives, en mieux : pas d'île hôtel, c'est sauvage, mais moins que les Laccadives qui restent encore pour moi imbattables sur ma top list ! Finalement vers 17:30 des nuages menaçants sont entrés dans la danse. J'en ai profité pour faire quelques photos, le contraste entre un ciel gris-noir et un rivage éclairé par un soleil rasant donnant toujours des résultats saisissants. C'est marrant car ici le vent va d'est en ouest, c'est inversé comme les hémisphères. Pourtant la Terre tourne toujours dans le même sens, non ?
Je suis rentré à ma case vers 18 heures, le sourire ne quittant plus mes lèvres et les yeux mouillés d'émerveillement. Je n'ai pas parlé du bungalow au fait. Il donne sur la plage, niché sous de jeunes cocotiers. Il est sur pilotis, tout de boit constitué, les fenêtre sont remplacées par du tissu moustiquaire, le jour et le vent passent à travers les planches. Il y a des coquillages qui pendouillent un peu partout. J'ai aussi une terrasse avec une étoile de mer suspendue. La douche est dehors, au pied du cocotier ! A l'intérieur il y a tout le confort, un camping gaz 2 feux, de la vaisselle, un petit réfrigérateur et bien sûr un grand lit avec sa moustiquaire pour dormir ! Les casseroles et les poêles sont accrochées au plafond. D'ailleurs va falloir que j'aille m'en occuper. C'est l'heure du dîner !

lundi 3 octobre 2011

Aitutaki, à 12 heures de la France!

Il y a un truc que je ne comprends pas: à Los Angeles il est 13:09 et on est à GMT – 8. Je viens de régler tout sur l'heure des Îles Cook qui est GMT – 10, et il est 10:11. Si quelqu'un trouve où est passée l'heure manquante, je suis preneur! Vous pouvez faire l'essai sur votre ordinateur, vous verrez.
Hier soir en partant de Los Angeles, j'étais un zombie. Je m'en doutais un peu, dès que le soleil est parti, mon horloge interne n'a plus compris quelle heure il était et a soudainement paniqué en réalisant qu'il était très tard ! J'étais assommé! A peine rentré dans l'avion je me suis fait mon nid pour dormir. C'était sans compter sur le personnel qui est passé une heure plus tard servir le repas. Mais qui a faim à une heure pareille? Je n'ai mangé que la salade et la salade de fruit, il n'y a que ça qui passait.

Ce matin en atterrissant à Rarotonga sous la pluie, par contre : nickel. Frais comme un gardon ! C’est un petit coucou à hélice qui m'a mené à Aitutaki à une heure de vol de là. Quel long voyage ! Le survol du lagon a été superbe, j'ai distingué au début deux petites îles posées sur le lagon puis j'ai distingué l'île principale. Tout cela entouré par une large barrière de corail.
Le propriétaire du Matriki Beach Resort, Matthias, est venu m'accueillir pieds nus et m'a demandé si je venais de Russie, eut égard du prénom. Niet ! 10 minutes plus tard j'étais à destination. J'attends actuellement que le bungalow soit nettoyé.
En attendant Matthias s'est plié en quatre et m'a fait livrer un scooter pour toute la duré du séjour. Il m' aussi parlé d'une sortie en bateau snorkeling sur le lagon qu'il organiserait jeudi. J'ai bien entendu annoncé que j'étais partant. Demain soir aussi de l'autre côté de l'île, au nord est il y a une soirée danses à laquelle il m'a conseillé de me rendre. On peut aussi y manger. Car pour manger apparemment il faut se démerder puisqu'il m'a indiqué sur le plan où se trouvait l’épicerie. Pour l'eau de boisson il y a un robinet et sa femme m'a expliqué que c'était l'eau de pluie qui était récoltée et que c'était sûr. Pour eux peut être mais pour mon pauvre petit estomac européen qui ne boit que de l'eau en bouteille ?
Mon bungalow donne directement sur le lagon. La femme de m ménage vient de me dire qu'il était libre. Je vais poser mes affaires, prendre le scooter et aller commencer à explorer sans attendre !
4 octobre, 06:53 Pendant que ma lessive trempe déjà dans l'évier, j'en profite pour écrire quelques mots. Hier midi j'ai eu un coup de blues comme il m'arrive à chaque voyage au loin, mais je sais que ça ne dure pas. Je me demandais ce que je faisais là, si loin et si longtemps et si j'allais pouvoir tenir. Je réfléchissais même comment je pouvais écourter et rentrer avant l'heure. Ça m'a pris vers midi.

Pourtant jusque là tout allait bien. Je m'étais rendu au poste de police pour acquérir un permis de conduire local pour le scooter où je n'ai eu qu'à présenter mon permis français et m'en suis trouvé délesté de la modique somme de 2 dollars 50. Normalement j'avais lu qu'ils faisaient passer un test pour voir si on s'en sortait avec le scooter. Là rien, et le permis reste valable sur Rarotonga où les formalités pour ce permis sont bien plus compliquées. C'est tout bonus !
En fait le contrecoup du voyage est arrivé quand j'ai voulu passer un appel vu que j'avais promis à tout le monde d'appeler une fois arrivé aux Îles Cook pour rassurer. Eh bien je me suis retrouvé dans l'embarras car ma carte SIM internationale ne fonctionne pas ici, je ne sais pas pourquoi, j'ai un message qui m'interdit tout appel... J'ai donc couru à la poste de l'île où un téléphone était en libre service et où on pouvait payer par toutes cartes, dixit l'autocollant bleu collé dessus, en se laissant guider. Rien n'y a fait, à chaque fois que je saisissais mon numéro de CB, au bout de 5 chiffres ça s’arrêtait avec le message « Incorrect card number, please try again » Je sais bien, connasse, si tu me laissais le temps de saisir tous les numéros !
Dépité, j'ai décidé de retourner au bungalow pour placer ma SIM française qui reste valable encore quelques jours. Vu que j'ai résilié son abonnement, je ne sais pas comment je ferai par la suite si cette foutue carte Yackie ne fonctionne plus. De toute manière cette espèce de fil à la patte qu'on appelle communément un téléphone m'emmerde ferme ! Tous ceux qui partent comme ça en tour du monde ne prennent pas de téléphone et appellent d'une cabine quand ils le peuvent. Je déteste être esclave de ce truc.
Chemin faisant je me suis arrêté à l'épicerie du coin qui vend pas grand chose à des tarifs exorbitants : 12 œufs 10 dollars NZ (5 euros environ), un pain d'un kilo aux graines : 15 dollars... Bref j'en ai eu pour 100 dollars avec pour seul menu tous les soirs des mets excitants tels que : omelette aux patates ou au riz, soupe en entrée. A ce tarif je pense que j'aurais pu aller au restaurant !
De retour donc au bungalow, je suis resté sur le lit, les yeux dans le vague, comme paralysé par une décision que je n'arrivais pas à prendre : me préparer un sandwich au fromage ! Je voulais faire la sieste mais dehors mes voisins, un groupe d'américains, parlaient fort et faisaient comme s'ils étaient seuls. Remarque, avec ma case dans les cocotiers, peut être ne m'avaient ils pas encore vu.
Finalement, le sandwich et 2 bananes dans le ventre, ça allait un peu mieux, je récupérais des forces et me décidais à aller explorer l'île dans l'autre sens, vers le nord.
À un moment sur la droite il y a eu un panneau fléché « Maungapu, 119m ». Je me suis rappelé que c'était le point culminant de l'île. J'ai donc bifurqué, pensant y trouver un joli point de vue. La côte était raide, le scooter avait un peu de mal, surtout sur une piste de terre. Arrivé au sommet le panorama est à couper le souffle, des cocotiers tout autour, et au loin un chapelet de petites îles posées sur un lagon d'un bleu fluorescent. Il me tarde la sortie sur le lagon promise par Matthias pour jeudi !

Le reste de l'après midi je l'ai passé à l'ombre des filaos, au bout de la piste de l'aéroport. J'ai fait trempette dans le lagon, je n'ai jamais vu quelque chose de tel. Au bord de l'eau il n'y a aucun bruit de vaguelettes, l'eau est aussi immobile que dans une baignoire ! Même sur un lac il y a des clapotis d'eau, là rien ! Bon, pour se baigner ce n'est pas non plus vraiment l'idéal : on a de l'eau à mi cuisse et on ne sait pas où poser le pied car toute la place est prise par des concombres de mer qui ressemblent à de grosses merdes de chien. Une tuerie que ces holothuries !
Sinon le loisir national c'est de faire joujou avec son scooter au bord e l'eau en faisant vrombir le moteur. C'est un peu chiant pour arriver à faire la sieste ! Mais j'ai un peu dormi, même beaucoup : quand je me suis réveillé, le soleil n'était plus très haut, il était 18:24 et c'est avec un mal au crâne épouvantable et la vision trouble que j'ai repris mon scooter pour rentrer. Évidemment j'ai raté le chemin où je devais tourner à droite !
Au camp les américains avaient installé des chaises en plastique à 10 mètres de moi et avaient convié tous les alentours à un apéro. L'angoisse est montée d'un cran quand il a commencé à faire très sombre, pendant que j'épluchais péniblement mes patates avec un couteau émoussé et qu'eux en étaient encore à l'apéro. Bref, ça sonnait comme une soirée de merde où je ne pourrais pas aller pioncer comme il se doit !
Comment leur expliquer qu'il est 7 heures du matin en France et qu'il est largement temps d'aller se coucher ? Du coup j'ai préparé mes affaires pour aller camper. Dans l'après midi j'avais repéré un coin sous les filaos, sans habitation autour et en retrait de la plage de sorte qu'un visiteur nocturne ne puisse me voir. Ah la tente, solution de repli, heureusement que je l'ai avec moi !
Puis tout d'un coup tout s'est tût, le vacarme a fait place à un calme apaisant : les américains sont tous partis d'un seul homme, sans doute pour aller manger dans quelque restos alentours. Pas le style à sa faire à manger et c'est tant mieux ! Finalement je pouvais espérer dormir avant qu'ils ne rentrent. Et j'ai dormi ainsi jusqu'à maintenant, un peu plus de 8 heures. Certes en me forçant car à 1 heure du matin je n'avais plus sommeil ! Mais ça va rentrer, hein, faut que je m'y fasse !
Bon, le temps passe, il est désormais 7:42 ce 4 octobre et largement temps d'aller prendre un petit déjeuner. De temps en temps j'entends de gros plouf comme un homme qui plongerait. Pourtant il n'y a personne sur la plage, la végétation m'empêche de voir ce que ça peut être. Un requin ? Pas assez profond. Alors une tortue ? Mystère !

dimanche 2 octobre 2011

Pacifique me voici!


5:27
9 heures de décalage horaire, c'est monstrueux! Tout compte fait le jacuzzi je vais me le faire maintenant en attendant que le petit déjeuner soit servi (à 7 heures). J'ai bien dormi, de 19:30 à maintenant dans ma chambre 218 face à la piscine. De ce fait je serai bien reposer pour attaquer les 10 heures de vol de nuit qui me restent ce soir pour Rarotonga. Et ce sera le dernier vol long avant mon retour de Bangkok. Après je n'aurai plus que des sauts de puce de quelques heures à affronter. Fingers in the nose!

Ça fait plus rêver que Boulevard Barbès!
J'ai opté pour une journée détente à Manhattan Beach, question d'aller saluer le Pacifique. L'hôtel proposait une visite de Los Angeles par bus avec visite des maisons des stars, Hollywood, Hollywood boulevard, les studios de cinéma, etc... tout ça en 4 heures et demie. J'avais peur d'être entassé dans un groupe de japonais en T shirt blanc une bouteille de coca à la main. Finalement, j'ai bien fait. Cette partie de la côté n'est pas prisée, je m'attendais à bien pire et au final j'ai été séduit. 
 J'y ai trouvé un ponton sur la mer, des voitures de police, de vieilles bagnoles américaines et des maisons d'architecte posées face à la mer, toutes modernes, comme dans les films!
Mes impressions de cette première et unique journée aux Etats-Unis est très bonne. Les gens sont souriants, détendus, rigolent, sont nonchalants, prennent le temps de se poser. On ne ressent aucun stress ni mauvaises ondes. C'est aussi le paradis des surfeurs, ils arrivent à vélo la planche sous le coude, sans chaussure, la combinaison sur les hanches. Toute le monde a des vélos avec de grandes roues et un guidon très large et retombant qui fait presque penser à une Harley Davidson. J'avais déjà vu ça en France, il y en a très peu, je ne sais plus comment ça s'appelle. Personne n'est dans l'eau à part les surfeurs, de sorte que je me suis toujours demandé quelle était la température de l'eau.

Pour l'air c'est 84 degrés, faites la conversion, je ne sais pas combien ça fait! Ils sont chiants avec leurs oz, pouces, miles, Fahrenheit et gallons, on ne s'en sort plus! On pourrait pas leur demander de changer une fois pour toute?
C'est donc avec une petite appréhension que j'ai touché l'eau, mais aussi avec beaucoup d'émotion. Pour la première fois de ma vie j'ai vu et touché l'océan Pacifique. Rien que le nom fait rêver. A ma grande surprise, l'eau n'est pas froide, elle est un peu comme l'Atlantique l'été sur la côte landaise où je me rends tous les ans. Les vagues sont d'ailleurs les mêmes. Par contre je n'ai pris qu'un bain car avec le petit vent sur la plage, il ne faisait rien de trop chaud en sortant.

Je trouve que les Américains sont très pragmatiques, leurs routes sont bien pensées, leur maisons aussi. Le rez de chaussée, entouré de petits jardin fleuris de bougainvilliers, hibiscus, rosiers, magnolias, palmiers ou cactus, c'est le garage. Au premier étage on trouve la maison ouvrant par de larges baies vitrés sur des terrasses où sont disposés des canapés moelleux et la table à manger. Tous les styles d'architecture se mélangent, de l'ultra moderne en aluminium et verre à la maison kitsch, résurrection de Pompéi façon Las Vegas. On sent qu'ici tout est possible. Ça doit leur faire un choc quand les Américains visitent la France, où rien ne marche, où tout semble penser pour empoisonner l'existence de tous les jours. 

Hier en arrivant à Chicago j'avais aidé une maéricaine à descendre sa valise du coffre à bagage, elle m'a demandé d'où j'étais, quand j'ai dit la France, elle a eu un orgasme : «Wouaaaaah! I LOVE your country so much!» Je n'ai fait aucun commentaire, je me suis un peu forcé à sourire pour lui faire plaisir. Je me rappelle Sarkozy qui disait «La France on l'aime ou on la quitte!». Eh bien c'est chose faite, je ne participerai pas dans les prochains mois au redressement des finances publiques et j'en suis bien content!
Mais revenons à nos moutons! Je regrette un peu de ne pas rester ici plus longtemps, je sens que c'est une région qui peut me plaire, il y a des montagnes tout autour que l'on voit autour de la baie, un pêu comme sur la côte d'Azur mais vu que tout est étalé c'est moins dense. On peut critiquer le fait que les maisons c'est pas écolo, que ça fait étaler les villes, en attendant c'est aéré et pas arriéré. Il est quand même bien plus agréable d'être dans une maison où personne ne nous fait chier, sans charge de copropriété et de voisins mal élevés à supporter. A ce sujet je trouve aussi les Américains très bien élevés et calmes.

Aux stops, ils laissent passer les piétons, même s'il n'y a pas de passage cloutés. Ils conduisent de manière très douce et fluide. Toutes ces impressions restent à confirmer mais en l'état je me verrais bien y vivre. Dans tous les cas il faudra que je revienne, ce qui est prévu dans un second tour du monde qui sera en fait un tour des Amériques. La date n'est évidemment pas arrêtée.
Sinon la caricature du gros américain scotché nuit et jour au Mac Do a du souci à se faire à Los Angeles. Les filles sont sveltes et les garçons tous athlétiques. Toute le monde fait du sport, entre surf, course à pied, vélo, volley ball...il y en a pour tous les goûts. J'en ai même vu une faire son jogging en poussant un landau!
J'ai vérifié à l'intérieur, il y avait bien un truc au fond emmailloté avec deux petites chaussettes bleues qui dépassaient!
C'est le culte du corps parfait ce qui tend à me filer des complexes. Je me sens une petite crevette! Heureusement que je n'ai pas dé-bronzé depuis cet été sinon ça ferait petite crevette rose! En parlant de ça, ça me fait penser après ce premier jour sur le rivage du Pacifique que l'été ne va plus me quitter, j'ai mis l'hiver entre parenthèse. Pour l'instant le temps et les températures sont comme en France quand je l'ai quittée, ce qui était anormal pour la saison, mais la différence est que je vais conserver cet état alors que là bas ça va se déliter petit à petit pour tomber dans l'horreur des jours glacials au ciel gris et bas! Peut être même que pour l'instant vous vous en fichez de mes aventures. On en reparlera dans quelques mois!








samedi 1 octobre 2011

En route pour Los Angeles!

En prenant le taxi ce matin pour Roissy je regardais les immeubles parisiens gris et beige défiler par la fenêtre. Les derniers liens se relâchent, je vais bientôt repasser en technicolor! En une demi heure même pas depuis le moment où je suis entré dans le terminal 1 je me suis retrouvé dans la salle d'embarquement 35, grâce à Parafe, ce dispositif qui permet d'enregistrer ses empreintes digitales et de les mémoriser avec le passeport. Ainsi on a une file dédiée avec un sas où l'on pose son doigt. Tous les autres passagers qui faisaient la queue pour passer la douane étaient sidérés! Du coup j'ai presque deux heures d'avance, je vais en profiter pour aller prendre un petit déjeuner.

11:58
Le vol United pour Chicago a décollé depuis une demi heure et les côte Françaises viennent de disparaître avec l'embouchure de la Seine au loin. J'avais pris une photo en passant par dessus ma voisine mais la photo est ratée, l'appareil a fait le focus sur le hublot! Je suis désormais un citoyen du monde.
C'est marrant car les hôtesses sont des vieilles fripées grimaçantes l'air pas commode, pas très en adéquation avec l'idée que l'on peut se faire d'une hôtesse de l'air. On a l'impression qu'elles étaient en train de couper du bois avant qu'on leur demande de faire le service à bord! Détail croustillant: elles ont des chaussures orthopédiques noires brillantes, à croire qu'avoir un pied bot est un critère de recrutement chez eux! Sinon je suis étonné car les sièges sont très spacieux, j'ai un bon espace devant les genoux avant d'arriver au siège de devant. Presque une business! Ils ont annoncé je ne sais pas trop quoi, un truc du style que si on était en transit (comme moi, qu'irais je faire à Chicago?) on serait susceptible de récupérer nos bagages à Chicago puis de les ré-enregistrer. C'est le problème du mot «may» qui veut dire aussi bien la possibilité comme le devoir, ou alors j'ai oublié mes leçons d'anglais! Ca promet, pourtant mon étiquette bagage affiche Los Angeles. Bon je laisse là, la fripée est de retour pour le service du plateau repas.

16:17
 «Pirate des Caraïbes et la fontaine de jouvence» vient de se terminer sur mon écran, j'ai passé un bon moment, idéal pour me mettre dans le bain! J'adore la réplique de Penelope Cruz à Johnny Dep
«- Admet que tu as toujours été amoureux de moi – A vrai dire si tu avais une sœur et un chien j'aurais choisi le chien»! Il y en a plein d'autres qui sont culte.
Le vol est sans encombre, pas de turbulence mais tout à l'heure le pilote a mis le signal de ceinture à attacher et a oublié de l'éteindre car il n'y a pas eu les turbulences escomptées. Devant aller aux toilettes prestement, je me suis fait renvoyer fissa à mon siège par les deux chiens de garde d'hôtesses et j'ai bien crû qu'elles allaient me menotter pour que j'y reste!

21:37 ou 14:37...depends
En transit à Chicago, j'ai bien dû récupérer mes bagages et passer la douane, ça a durer des heures, heureusement que l'avion avait 50 minutes d'avance sinon je ratais mon vol pour LA. D'autant que j'ai choisi une fouille au corps à la place d'un passage aux rayons X. Eh oui, ici tout le monde se laisse passer aux rayons X parce que c'est invisible et inodore. Ces connards de terroristes font tous nous faire mourir d'un cancer!

23:34, soit.... trop fatigué pour calculer
Après 12 heures par monts et par vaux, je commence à ressentir la fatigue et il me tarde d'arriver à Los Angeles. J'ai bien fait d'avoir pris un hôtel là bas pour la nuit, j'espère que j'arriverai à récupérer un peu avant le vol de nuit qui m'attend vers Rarotonga. Le soleil brille sans nuage au dessus des Etats-Unis, je n'en ai d'ailleurs pas croisé un seul depuis qu'on est parti. Je scrute le paysage au dehors pour voir si j'aperçois des montagnes, le Colorado ou autre curiosité mais c'est du plat, des champs, on dirait un grand patchwork de dégradés beige. Rien à voir donc!
Côté avion c'est pas mieux, le musée des horreurs continue. Vous connaissez Karene Mac Lowski dans les Desperate Houswives? Eh bien c'est elle, en plus vieille et affublée d'un chou fleur sur la tête en guise de coiffure, voûtée et claudiquant de surcroît! Mais qu'est ce que c'est que cette compagnie? Je n'ose imaginer les pilotes. Peut être qu'ils sucrent le manche à balais, en tout cas je suis sûr qu'ils se remettent le dentier en place au décollage! L'avion quant à lui est comme le reste, on sent bien qu'il a vécu! Les toilettes sont à l'ancienne, j'avais oublié la manette qu'on tire vers le bas. Et pour les peintures de la cabine, on ne saurait dire si la couleur d'origine était le blanc, le beige ou le gris! Réveillez moi quand on arrive!


16:23 Heure Los Angeles
J'ai mis mon PC à l'heure, exit l'heure française! Je suis allé faire un tour de manette aux toilettes et j'ai bien fait car de retour à mon siège j'ai regardé dehors et ce que j'ai vu m'a fait dégainer l'appareil photo tout de suite.
Si c'est pas le Colorado, en tout cas c'est l'idée qu'on s'en fait, non? Il faudra un jour que je revienne pour y faire un tour, c'est magnifique ces terres rouges coupées de profonds canyons. On se croirait sur une autre planète! Je ne regrette pas ma place côté fenêtre, moi qui prend d'habitude toujours le couloir. Du coup ça m'a coupé la fatigue!


17:42 Je suis à Los Angeles, tout de suite la destination m'excite plus que Chicago. C'est bizarre non? La première chose que j'ai entendu en sortant de l'avion c'est l'espagnol! Bon le bagage est arrivé, j'appelle l'hôtel!

18:43
Impossible d'appeler l'hôtel avec ma carte SIM internationale car je dois composer le numéro au format international et je pensais avoir imprimé la page Hébergements de ce blog à cet effet mais j'ai oublié. Du coup j'ai remis ma carte française mais qui expire mi octobre. Va falloir arranger ça!
Le truc marrant c'est que j'étais au téléphone avec Madrid pendant que le conducteur de la navette de l'hôtel parlait espagnol avec sa chérie! Sinon, «Oh my gosh!» j'ai un jacuzzi dans la chambre à côté du lit! Je peux y tenir allongé, je vais essayer ça et puis au dodo, il est presque 4 heures du matin chez vous!
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