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samedi 7 janvier 2012

Les Blue Montains



Je suis toujours ric-rac, à arriver à la dernière minute. Ce matin je n'ai pas dérogé à la règle. Le point de rendez vous était à l'angle du Mac Donald's de Circular Quay, à 5 minutes de l'auberge aussi je prenais mon temps. C'est toujours quand on se dit qu'on y sera vite qu'on trainouille le plus et où finit à la fin par courir. Je n'en suis pas venu jusque là mais au moment où j'atteignais le point de rendez-vous, le minibus est arrivé. Je n'ai pas eu à l'attendre, à peine arrivé, aussitôt enfourné ! Ça, c'est du rendez vous efficace. Notre guide, Jim, a tout de suite sympathisé avec moi, dès qu'il a vu que je voyageais seul et que je faisais le tour du monde. Il m'a offert la place à côté de lui, avec vue panoramique sur la route. La meilleure place. C'est un rigolo le Jim, un bonhomme plus tout jeune qui a toujours le mot pour rire, tournant les choses en dérision ou les poussant vers l'absurde. Ça me rappelait le guide de Nouvelle-Zélande sur le lac glaciaire.
On a commencé par faire le tour des hôtels pour grappiller tout le monde, surtout des indiens. Je ne savais pas qu'ils aimaient Sydney. Ceux que j'ai vus ont passé la journée à s'acheter des cochonneries dès qu'on s'arrêtait quelque part, un pochon de chips par là, des barres chocolatées par là, de la malbouffe en veux tu en voilà. Je ne sais pas comment ils font, ils n'ont pas cessé de grignoter non stop, dans des bruits de plastique aluminisé qui se froisse exaspérants. A côté, sur les conseils de Jim, j'ai trouvé un fruit shop où j'ai fais le plein de tranches d'ananas, de pastèque et de bananes, en prévision de notre pique nique.
Jim nous a fait le guide et connaît bien la région. Il nous a expliqué qu'il y a 200 ans seulement les Blue Montains était inconnues de tous. Ce n'est que parce que Sydney mourrait de faim en ces temps là que des explorateurs sont partis chercher des terres où cultiver quelque chose. Chemin faisant ils ont trouvé les Blue Montains, qu'ils ne sont pas arrivés à franchir. Il leur a fallu 20 ans pour trouver un chemin et ce sont des prisonniers qui ont construits la route actuelle, à la main. Avec un éclairage historique, les choses paraissent toujours différentes et ce qui semble banal et normal prend une autre tournure. D'ordinaire je n'aime pas l'Histoire, ça me m'ennuie profondément, mais quand c'est appliqué à des endroits où je suis, ça m'intéresse tout de suite davantage.

The Tree Sisters, sur la gauche

Ça vous rappelle pas quelque chose?
Les Blue Montains sont en fait un massif qui forme un plateau à 1000 mètres au dessus de la mer. Contrairement aux montagnes dont on voit d’ordinaire les sommets depuis la vallée, ici c'est le contraire. La route monte en haut du plateau et il y a ensuite des belvédères qui plongent vers les canyons. C'est un peu comme dans le Colorado. C'est le grand Canyon australien. D'ailleurs l'endroit est très connu et fréquenté, et le Lonely Planet l'a choisi pour la couverture de son guide. C'est un parc national, classé depuis l'an 2000 au patrimoine mondial de l'Unesco, mon premier parc national australien. Je suis dans mon élément ! Je ne pensais pas trouver de tels paysages étonnants et sauvages si près de Sydney, à 1h30 de voiture. Par le train c'est d'ailleurs plus rapide et il y a de belles villas avec des jardins touffus tout le long, pour ceux qui veulent profiter des avantages d'une ville sans en subir les inconvénients. Jim nous a expliqué qu'ils travaillent tous sur Sydney et que ces villages ont vu tout un tas de services se développer pour faciliter la vie des habitants (écoles, crèches...).
J'ai bien fait de faire l'excursion aujourd'hui, il fait très beau, contrairement à hier où ils n'ont rien vu. Tout était drapé dans les nuages et il n'y avait aucune visibilité, on ne voyait pas le fond des gorges. Dès qu'on a posé le pied à notre premier arrêt, l'enchantement a été immédiat : de la forêt à perte de vue. Le haut du plateau est couvert exclusivement de forêts d'eucalyptus, tandis que les pentes et le fond des gorges, plus humides et plus abrité du soleil, sont recouvertes par la forêt primaire qui couvrait jadis tout le territoire australien, il y a 45 millions d'années, et qui se cantonne désormais à quelques zones de l'est et à la Tasmanie. Raison de plus pour aller voir la Tasmanie ! Jim qui me posait tout un tas de question sur les endroits que j'allais visiter a tendu son pouce en l'air quand je lui ai dit que je me rendais en Tasmanie, pour signifier que j'avais fait un bon choix. 
Il m'a conseillé d'y rester au moins deux semaines car il y a des coins où j'aimerai forcément rester plusieurs jours. Il m'a aussi donné quelques conseils sur Ayers Rock. J'avais lu qu'il était possible de monter en haut du rocher de Uluru, le monolithe, par un chemin assez ardu mais qui se fait. Je sais que c'est pourtant un endroit sacré pour les aborigènes, qui signifie beaucoup pour eux et qu'ils ne gravissent pas. Je ne sais pas pour quelle raison. Jim sans vouloir m'influencer, m'a conseillé de me rendre au centre des visiteurs, de me renseigner sur le site et la relation avec les aborigènes pour ensuite faire mon choix. Je vais suivre son conseil.

L'une des Three Sisters


Les aborigènes y voient là la tête d'une divinité
Pour revenir aux Blue Montains, il y a donc plein d'eucalyptus mais pas un koala en vue ! Monsieur n'aime pas grignoter l'espèce d'eucalyptus qui pousse là, c'est que c'est gourmet en plus ! J'aimerais bien pourtant en voir dans leur milieu naturel. Mais je ne sais pas où on les trouve. Si vous avez une idée, dites moi ! La roche qui forme les parois des gorges est en fait du sable compressé. Jim nous a dit que le sable que l'on trouve sur Fraser Island, au nord de Brisbane, la plus grande île sableuse au monde, provient des Blue Montains. Ça me surprend, c'est à plusieurs milliers de kilomètres d'ici. L'attraction majeure des Blue Montains, ce sont les Three Sisters, trois rochers qui émergent au dessus du canyon, prêts à tomber. L'endroit est noir de monde, ça arrive par bus entiers pour se prendre en photo devant le panorama. Des gens qui ne respectent rien, des détritus par terre, des chiottes avec de la merde sur le couvercle... 
Bref, ce n'est pas la meilleure période pour venir, c'est samedi et surtout ce sont les vacances d'été ici, aussi il y a du monde partout. Je n'avais pas réalisé, mais ça ne va pas être facile pour les réservations. J'attends la réponse pour le campervan en Tasmanie, je n'ai trouvé qu'une seule compagnie avec des tarifs pas trop élevés et en s'y prenant une semaine avant j'ai peur de devoir essuyer un « c'est complet ! ». Je serais bien dans la mouise. Attendons de voir...
On peut approcher les Three Sisters de plus près, il y a un sentier qui part du parking et mène en 15 minutes à la base d'un de ces rochers. Il y a de nombreuses marches étroites à descendre pour y parvenir et comme on ne peut pas se croiser, il y a embouteillage. Sans compter les gens qui bloquent tout pour se prendre en photo avec le rocher juste derrière. 
C'est dommage, ça gâche le plaisir. Être dans un si bel endroit avec autant de monde, ça m'enlève toute connexion possible avec la nature. Impossible de m'imprégner de l'endroit. Ça cahute, ça crie, des groupes à la con qui n'arrêtent pas de gueuler pour tester l'écho. Il y a 7 semaines, un débile a mis le feu à la forêt et vu que l'eucalyptus brûle bien, le feu a pris rapidement et gagné du terrain vers les maisons en haut du plateau. Toute la zone a dû être évacuée. Heureusement ils ont vite maîtrisé le feu mais il y a toute une partie, vers les cascades, complètement cramée qui dénature le paysage. Ça me rend malade qu'on s'attaque à un tel endroit, saccageant ce que la nature a mis des millions d'années à construire. Par contre l'eucalyptus a des capacités de régénération et même si les troncs sont brûlés, de jeunes pousses apparaissent déjà. Idem pour la végétation de sous bois qui reverdit. Il y a de nombreuses fougères à gros troncs qui sont tout noirs mais où l'on voit déjà de belles crosses vert tendre à leur sommet. Ça fait plaisir de voir que tout n'est pas saccagé et que d'ici peu la nature se sera régénérée.
Après la visite des Three Sisters, nous avons fait une pause déjeuner à Katoomba, un village minier tout à côté reconverti depuis en zone touristique bordée d'hôtels, de pubs et de restaurants. A l'origine, quand la zone a été découverte, on extrayait le charbon dans le canyon. Il y a encore des vestiges des mines et des rails qui permettaient de remonter la cargaison. C'est aussi dans les gorges que finissaient les voitures, les eaux usées... A l'époque on voyait ça comme un puits sans fond.
On est descendu au fond des gorges, par un sentier qui traverse une épaisse forêt avec des fougères arborescentes comme en Nouvelle-Zélande. Jim nous a dit que ces fougères sont l'une des plus vieilles plantes sur Terre et qui existaient déjà à l'époque des dinosaures, leur servant de nourriture. Quand on y songe, on se sent soudain bien petit, comme marchant dans un musée d'histoire naturelle à ciel ouvert. Les pentes sont aussi recouvertes de cascades à plusieurs niveaux, on a l'impression d'être dans un autre monde, où la civilisation n'existe plus. J'ai préféré cette partie du circuit ; les gens, le plus souvent incapables de faire trois pas, préférant rester en haut à regarder le truc depuis les belvédère plutôt que d'essayer d'en voir plus en descendant plus bas. Tant mieux !Pour remonter on a le choix entre un funiculaire et une télécabine un peu plus bas.
The Three Sisters
Il était aux alentours de 18 heures quand nous somme revenus sur Sydney. Je ne regrette pas ma journée, même s'il y avait du monde, j'ai vus de grands espaces sauvages, à la porte de Sydney et cela m'a fait du bien. Les Blue Montains sont très vastes, la partie que l'on a vue, sans doute la plus spectaculaire, est la plus fréquentée mais on peut y rester des semaines si on veut en voir plus et sans croiser un chat. C'est un paradis pour les randonneurs. Jim nous a laissé au niveau de Darling Harbour car il ne voulait ps s'emmancher plus dans le centre. En effet aujourd'hui démarre un festival avec des concerts gratuits un peu partout. C’est donc le bazar, avec des rues barrées et des bouchons, d'autant plus que les répétitions ont déjà commencé. Ce soir Manu Chao se produit ici. J'avais l'intention d'aller le voir mais je me suis ravisé, les foules je n'aime pas beaucoup. Et puis j'ai tourné pas mal autour de l'auberge dans la soirée à la recherche d'un restaurant pas très cher.
C'est mission impossible, le moins cher que j'ai trouvé c'est 17 dollars l'entrée, 29 le plat. Avec le taux de change en vigueur vous pouvez vous dire que c'est quasiment l'euro. Tout est à ce prix là, pizzerias, chinois, japonais. Impossible d'y échapper sauf à finir dans les fast-foods. A ce sujet, Burger King porte ici un autre nom : Happy Jack's. Jim m'a expliqué pourquoi : quand ils ont voulu s'implanter en Australie, il y avait déjà une chaîne qui portait le nom de Burger King, qui a fait faillite depuis. Ils ont donc été contraints de changer leur nom.
Après avoir tourné en rond pendant des heures, je me suis rappelé la cuisine à l'hôtel et j'ai donc acheter des victuailles dans un supermarché. Ce qui m'énerve un peu ici c'est que dans les épiceries, ils n'affichent pas les prix dans les rayons ni sur les produits, c'est toujours la surprise en caisse. Pour un plat tout fait sous vide style Fleury Michon, un yaourt, une salade de fruits en coupelle et une petite bouteille d'eau gazeuse je suis ressorti de là délesté de 29 dollars. Tout est comme ça. Tout le monde se plaint des prix exorbitants de la nourriture à Sydney, à l'auberge ils mangent tous des pâtes ou du porridge à toute heure avec une pomme. Je comprends maintenant pourquoi tous les australiens que j'avais rencontrés auparavant n'aiment pas Sydney. Ils ne peuvent pas y vivre. C'est bien dommage ! Et pour tous ceux qui rêvent de venir s'installer à Sydney, c'est un rêve qui s'effondre. Une ville en train de devenir un point de rencontre pour touristes, comme un peu partout ailleurs dans le monde...

vendredi 6 janvier 2012

Les squatteurs de Sydney


Après avoir tergiversé entre le Taronga zoo où il faut prendre un bateau, situé ailleurs dans la baie et le Sydney Wildlife Center situé dans le port adjacent au Circular Quay, j'ai opté pour ce dernier, joignable à pied. Bon je sais, c'est de la triche ! Mais je ne pouvais plus attendre pour voir les habitants australiens de toujours. Mais avant, je suis allé faire quelques emplettes et j'ai changé de look. J'en avais marre de cet air de SDF ahuri. J'avais un peu besoin de fraîcheur à l'instar du vent nouveau qui souffle sur l'Australie. Chemin faisant, j'ai trouvé un coiffeur miteux qui sentait la naphtaline, avec des photos de modèles délavées datant des années 50. Rien n'avait évolué depuis, pas même le coiffeur ! Mais pour 15 dollars, j'ai dit au revoir à mes cheveux décolorés par la mer et le soleil qui me faisaient ressembler à Jason Donovan. Pas sexy du tout. Le coiffeur m'a tout fait sans shampoing, à la tondeuse, excepté le dessus au ciseau. 
Et il s'est appliqué, passant et repassant sur les endroits. Je suis bien resté 30 minutes, j'ai cru qu'il allait me faire payer un supplément pour cheveux longs. Le résultat est là, une coupe basique qui tiendra bien plusieurs semaines. Exit la casquette. Je me suis retrouvé dans le miroir, à force je n'osais plus me regarder !
Ce qui est étonnant à Sydney c'est que j'entends parler français à tous les coins de rue, même à l'auberge de jeunesse. Et sur les 4 lits du dortoir, deux sont pris par des français. Ça m'étonne toujours de voir des congénères en vadrouille partout. Serions nous plus nombreux que ce qu'on nous dit ? Il semble presque que les français ont déserté la France. Et les gens que je rencontre ici sont là au long court, des gens qui cherchent à s'installer et à trouver un emploi. A chaque pas que je fais je pense à mon père, c'est la ville où il aimerait vivre. Je marche sur ses pas, me disant qu'il est peut être passé par là avant moi. C'est émouvant.
Au zoo c'était plein de monde, de familles avec des poussettes qui squattaient les meilleures places, m'obligeant à me frayer un chemin pour être au plus près des créatures. Et quelles créatures ! Ça a commencé par une salle remplie de papillons exotiques qui viennent se poser sur nous. Les gens s'amusaient à se prendre en photo avec des papillons dans les mains. Après c'est un stand de charmantes vipères qui tirent la langue derrière la vitre et que le gamins s'amusaient à taquiner. La vitre en moins, je ne suis pas sur qu'il aient été si téméraires ! Ensuite, on pousse une porte pour se retrouver à l'air libre et là, dans les eucalyptus, j'ai vu mes premiers koalas, d'adorables nounours gris aux oreilles avec plein de poils blancs dedans, calés dans une fourche entre le tronc et les branches, en train de roupiller et de s'étirer. Car je suis arrivé un peu après le feeding, ce moment où les gardiens donnent à manger à leurs pensionnaires. 
C'est donc repus qu'ils sont remontés dans leur arbre et n'ont pas daigné me jeter un coup d’œil ! J'avais une envie irrépressible de les caresser et d'en tenir un dans mes bras. Je ne pense pas qu'il y ait un animal plus craquant sur terre ! Demain, en principe, je pourrai en voir en pleine nature. Il me tarde !
Après les koalas, les kangourous ! Je ne savais pas mais il y en a de plusieurs races. Les premiers que j'ai vu sont gris-blanc et fauve et sont des kangourous miniatures. C'est trop drôle de les voir quand ils marchent. Un kangourou ça ne marche pas, ça sautille. Et des grands sauts, on les dirait montés sur ressort. Ils ne se servent de leur pattes de devant que pour grattouiller le sol et se saisir de la nourriture. Il y en avait un occupé à rogner un épi de maïs comme un écureuil. 
Au milieu de leur aire patrouillait une espèce de cochon sauvage à poil long, qui ressemblait plus à un bulldog qu'à un cochon. Je ne sais pas ce que c'est comme machin. Dans ce zoo il n'y a que des autochtones, aucune espèce venant d'ailleurs. Ils n'ont pas besoin, l'Australie est un pays qui a une faune endémique unique au monde qui s'est développée de son côté, un peu comme les kiwis en Nouvelle-Zélande.
La prochaine étape est à nouveau des aquariums avec des crotales et autres espèces rampantes très communes, qui vivent dans les déserts, comme celui où je ne vais pas tarder à me rendre. J'éviterai soigneusement d'aller pisser la nuit pieds nus ! Puis vient le tour du vrai kangourou, le grand, avec ses pattes de devant qui ressemblent à une chèvre. Je les ai trouvés moins jolis que les miniatures dans la salle d'avant.
Enfin, le clou, vrai monstre aquatique, c'est le crocodile, belle bête d'une dizaine de mètres de long, que l'on peut admirer aussi sous l'eau, en empruntant un escalier qui mène à un stand d'observation sous la surface du plan dans lequel il évolue. C'est pas très vif un crocodile quand ça ne chasse pas. Ça se déplace lentement, comme en apesanteur, très gracieusement et on a du mal à s'attendre à de la grâce venant de la part d'un crocodile qui a une gueule devant laquelle on n'a pas envie de se retrouver nez à nez ! Je ne sais pas ce que ça mange, mais vu la taille il doit lui falloir un bœuf chaque jour.
En revanche, je sais ce que de gros lézards beiges mangent, les gardes leur ont donné une platée de souris mortes. Ils ne se sont pas déplacés pour autant, sans doute repus. Il y a un endroit aussi, plongé dans l'obscurité, où ils ont recréé un désert avec des trous, des troncs d'arbres morts et où des espèces de rongeurs vaquent, semblant avoir des roues à la place des pattes. Ils sont très agiles, montent sur les troncs d'arbre morts, aux branches, creusent, se pourchassent. Parmi eux se trouvent deux spécimens gros comme des lapins. Je ne sais pas de quoi il s'agit avec toute cette ménagerie, mais j'ai bien peur que mon camping sauvage dans le désert se transforme en attraction touristique de premier choix pour les bestioles du crû, qui, rappelons le, vivent la nuit quand il fait moins chaud afin d'économiser leurs forces. Je n'ai pas fini d'entendre gratter ou fouiner !
En sortant, il y avait des panneaux avec ma photo dessus, dont ils avaient tiré le portrait en entrant. J'ai jeté un œil, en fait c'est comme un mini livre avec la même photo mise sur des fonds différents. On me voit avec les papillons, les koalas, les kangourous... A l'intérieur il y a aussi un échantillon de fourrure de koala. C'est très doux, je ne sais pas si c'est du vrai, j'aimerais que non, pauvre petite bestiole sans défense ! Sous l'effet euphorisant de mon séjour récupérateur de Sydney, j'ai acheté le truc, en guise de souvenir. Et puis ils se sont décarcassés pour faire ça, ce n'est pas comme très souvent une photo épinglée sur un mur. Évidemment j'ai payé pour ceux qui n'ont rien pris, soit le prix de l'entrée en plus.
Je voulais dire aussi, quel bonheur que d'être dans un pays où les gens sont souriants, serviables et aimables, où tout est fait pour rendre service et faciliter la vie des gens. Même à l'auberge on trouve tout : de grands frigos armoires larges de 5 mètres, une cuisine à disposition ultra moderne et design, une agence de voyage, un service aux petits oignons, un personnel immédiatement disponible dès qu'on en a besoin. Et c'est une auberge de jeunesse. Ça favorise la relaxation, voilà le secret pourquoi les gens sont détendus, ils n'ont pas à courir, on le fait à leur place. Du coup ils sont débarrassés des soucis quotidiens et plus à même de rigoler. Je n'ai encore rien vu de l'Australie mais déjà je voudrais presque y finir mon voyage. Pourquoi aller ailleurs, dans les emmerdes alors que l'Australie offre tout sur un plateau ? 
On trouve dans le Queensland des paradis tropicaux, les tracas en moins. Et ailleurs des déserts, des étendues sauvages, des forêts tropicales ou subtropicales pleins de mystère comme en Tasmanie. Et c'est si grand. Il y a plein de coins sur lesquels je suis obligé de faire l'impasse, notamment l'Outback, la côte ouest, pourtant très belle et de l'aveu de beaucoup la région la plus intéressante d'Australie si on omet le Queensland. Mais quand on regarde un graphe avec les distances et les temps de route, ça refroidit. 4000 kilomètres pas là, 30 heures de route par ici... Il faudrait une vie pour tout découvrir de ce pays. Faudra que je revienne !
En plus, contrairement à la Nouvelle-Zélande où je ne comprenais rien, ici je les comprends parfaitement. Certains n'ont même pas d'accent, on pourrait croire que ce sont des français qui parlent bien anglais. Je peux avoir des conversations avec eux et je n'ai plus d’appréhension qui m'empêchaient en Nouvelle-Zélande d'aller vers les autres.
Après le zoo, j'ai marché un peu sur le port Darling. Il y a un pont de bois qui traverse le port de part en part et permet d'avoir une belle vue sur les grattes ciels de Sydney. Au fait, on ne dit pas Sid-nez mais Sid-ni ! Qu'on se le dise ! Darling Harbour est en fait une marina où mouillent des voiliers, sans doute venus du monde entier. Mais comme le temps était couvert et avec le petit vent qui soufflait sur le pont, je suis retourné dans le centre où j'ai trouvé une grande librairie, Dymock, avec pleins de guides sur l'Australie.
Croquignolet, n'est ce pas?
J'en suis ressorti avec deux autres, un qui ne traite que de la région de Ayers Rock, le Centre Rouge comme ils l'appellent, avec plein d'idées d'itinéraires. Cela me sera très utile. L'autre livre traite uniquement de la Tasmanie et est très bien détaillé avec une liste des 21 points à ne pas manquer avec des photos à tomber. J'avais commencé à les écrire sur un calepin mais une vendeuse est passée dans mon dos, alors je l'ai acheté. Et puis cela me fera un souvenir à mon retour !
Ce soir pour bien dormir, j'ai mis le matelas par terre après avoir poussé une table guéridon et des chaises. Car même si je n'ai plus le même en dessous, je ne sais pas ce qu'a cette place mais je n'ai que des insomniaques qui ont la gigue quand ils dorment. J'en avais un peu marre des tremblements de terre qui me réveillaient tout le temps. On verra ce que ça donne demain au réveil, si personne ne m'a marché dessus avant. Pour l'heure il n'y a personne dans la chambre, vu que c'est vendredi soir ils sont tous de sortie. Ça va me laisser un peu de répit et le temps de m'endormir pour être frais demain pour l'excursion aux Blue Montains.

jeudi 5 janvier 2012

Sydney



 J'ai passé la matinée à l'auberge à planifier ce que je veux voir en Australie et à réserver mes prochaines étapes. Ça prend du temps quand on n'a pas une idée préconçue des endroits à visiter qui risquent de me plaire. Seule certitude : je veux voir Ayers Rock, le point d'entrée pour Uluru, le site que vous connaissez tous sans en connaître le nom, l'endroit où se dresse le gros monolithe plat et rouge en pleine savane. J'ai bien trouvé des tours opérateurs qui proposent la visite mais toutes les excursions sur plusieurs jours se font depuis Alice Springs, à 500 km de Ayers Rock. Seulement Virgin n'y va pas et c'est la compagnie la moins chère qui dessert la destination. Donc exit les excursions et n'ayant pas pu avoir de campervan pour les mêmes raisons (location à Alice Springs), je vais rayonner en voiture de location et en camping. Si je ne trouve pas un endroit où planter ma tente en plein désert... 
Vieux et moderne, il y a tous les styles à Sydney
Mais j'ai lu que les bestioles sortaient la nuit quand il fait moins chaud. D'ici qu'un kangourou s'amuse à shooter dans la tente ! J'ai regardé le temps, c'est soleil toute l'année là bas, 35 degrés actuellement et pas une goutte de pluie. Normal, c'est le désert. Un peu de sécheresse me fera le plus grand bien ! Je prévois une semaine là bas car c'est vaste, il y a plein d'endroits à voir, de canyons et de montagnes rouges.
Pour après demain, retour du soleil prévu sur Sydney oblige, j'ai réservé une excursion aux Blue Montain qui se trouvent à une centaine de kilomètres de Sydney. C'est un collègue de chambre, un jeune Allemand qui a fait Cairns/Sydney, qui me l'a chaudement recommandé. C'est l'endroit qu'il a préféré de tout ce qu'il a vu en Australie. Il m'a montré ses photos, c'est sûr que je ne pouvais qu'y aller. Les Blue Montains sont des montagnes couvertes d’eucalyptus et qui tirent leur nom par le fait de la vapeur d'eau bleutée émise par les arbres. 
Il paraît aussi qu'on y voit kangourous et koalas. Il me tarde de les voir, ces kangourous ! Ce soir à l'auberge ils organisaient un barbecue sur le toit terrasse. J'y ai participé et j'ai goutté du kangourou grillé. Ça ressemble à du bœuf avec un goût un peu plus fort. Je ne raffole pas. Il faut dire que je pensais à cette adorable bestiole et je la voyais en train de me regarder avec ses deux bras devant. Pauvre bête, pardonnez moi, je ne vous mangerai plus jamais !
Comme mon périple dans le désert rouge s'arrête le 16 janvier, il me reste presque 4 semaines encore à occuper. Je réserve malgré tout une dizaine de jours dans le Queensland et pour le reste, je me suis souvenu de gens que j'avais rencontrés et qui me parlaient de la Tasmanie comme d'un endroit merveilleux et bien différent du reste de l'Australie, une île préservée et sauvage qui rappelle un peu la Nouvelle-Zélande. Normal, c'est au même niveau, juste en face. 
Comme j'ai la nostalgie de la Nouvelle-Zélande que j'ai quittée et parcourue trop vite, j'ai donc pris un vol Ayers Rock/Hobart via deux changements, un à Sydney, l'autre à Canberra, pour aller tenter le diable... de Tasmanie ! J'ai commencé à regarder aussi les campervans là bas, j'en ai trouvé un mais le lit ne fait que 1m80 de long. Peut être que je trouverai le moyen de rallonger le truc en avançant les sièges au maximum ou en passant les pieds entre les sièges de devant ! Je n'ai pas encore réservé car je ne sais pas de combien de temps il me faut pour parcourir l'île grande comme la Suisse. Sur des forums ils disent que 8 jours c'est bon, l'itinéraire du petit futé prévoit 14 jours mais avec des visites de villes. Alors je ne sais pas. Il me reste à étudier ça avant que je quitte Sydney. J'ai rallongé d'une nuit sur Sydney du fait de l'excursion de samedi, bien que j'ai très mal dormi du fait de mon voisin de dessous de lit, l'Allemand, qui n'arrêtait pas de bouger, faisant secouer le mien ce qui me réveillait en permanence. J'ai dû dormir que 5 heures. C'est ça aussi, avec les auberges de jeunesse ! De toute façon je n'avais guère le choix, Sydney est une ville très chère. Pour un dortoir de 4 lits je paye autour de 40 euros (la faute au cours de l'euro qui dégringole, ça m'arrange bien encore cette affaire...).



Quand enfin j'ai fini de m'extraire d'internet il était plus de midi et j'avais raté la moitié de la journée. Les gens à l'auberge sont tous pendus à leur ordinateur. Il faut dire que cela est devenu indispensable pour les routards pour arriver à construire son voyage au fur et à mesure. C'est aussi le prix à payer en réservant tout au dernier moment, on est obligé de passer des heures sur internet à étudier les options, comparer les tarifs, lire les avis de voyageurs sur telle ou telle destination ou sur les hôtels afin de faire le bon choix. Si on y rajoute en ce qui me concerne la recherche de voiture et de campervans, on comprend bien que j'y sois resté toute une matinée. Et je n'ai pas fini ! Les autres autistes sont eux pendus à Facebook ou Skype. Mon voisin de chambre s'en amusait hier soir, on était tous dans la piaule occupés sur l'ordinateur sans se parler : « Look how we are visiting Sydney ! ». 
Comme c'était sa dernière nuit à l'auberge et qu'il se rend ensuite en Nouvelle-Zélande et aux Fidji, je lui ai donné des tuyaux, lui montrant les photos de mon blog à l'appui. Il était émerveillé, il voulait aller tout de suite en Nouvelle-Zélande. Je lui ai aussi donné les éditions électroniques des guides Lonely Planet que j'ai. Il était tout content. Faut dire avec ça je fais de l'effet. Imaginez : au lieu de se trimbaler des pavés de plus de 1000 pages lourds et encombrants, tout est dans l'ordinateur et ça ne pèse rien. Bon évidement, la lecture du guide est moins aisée, elle ne peut pas être instantanée et le plus souvent je dois lire d'avance et prendre des notes sur un papier que je consulte ensuite dans la journée. J'ai tous leurs guides de la planète, plus de 100, à la maison. Comme je n'avais prévu de visiter que le Queensland, c'est le seul guide dont je dispose et je n'ai donc aucun repère pour le reste de l'Australie. Aussi je cherche à acheter désespérément un guide que je ne trouve pas.
Hier en me rendant au centre des visiteurs j'ai bien vu un coin dédié aux guides de voyage, ils avaient quelques Lonely Planet mais aucun sur l'Australie. Aujourd'hui j'ai trouvé une petite librairie, idem. Des guides sur la France, l’Angleterre, le Portugal, les USA, en veux tu en voilà ! Rien sur leur pays. Évidemment un australien ne va pas acheter un guide sur l'Australie, pour quoi faire. Bon, au final j'ai trouvé une librairie plus grande où ils avaient tout un rayon spécial sur le pays avec différents guides. On trouve tout à Sydney ! Imaginez, j'ai même trouvé un chargeur pour mon téléphone, qui refonctionne aussi parfaitement. Le retour dans un pays civilisé a du bon ! J'ai feuilleté le Lonely Planet. Trop fouillis, trop de chapitres sur où dormir, où manger, où sortir. Je ne lis jamais ces chapitres qui ne me sont d'aucune utilité. Je cherche un guide de voyage qui dise ce qu'il faut voir, donne des tuyaux sur comment s'y rendre et indique aussi les coins à ne pas voir. Eh bien ce guide idéal pour moi je ne l'ai pas encore trouvé. Peut être est ce à moi de l'écrire... Il y a un créneau à prendre.
Finalement j'ai arrêté mon choix sur le Fodor's, tout en couleur, avec des photos qui donnent un aperçu, sans les pubs que je reproche au Petit Futé, avec la part belle sur les endroits à voir, des suggestions d'itinéraires, des cartes bien détaillées et lisibles d'un coup d’œil et qui relègue les hébergements et les restaurants dans une section tout à la fin. La partie sur la Tasmanie est bien détaillée et apparaît au milieu du livre alors que dans tous les autres guides c’est relayé à la fin et limité à une portion congrue.
J'ai passé le reste de la journée à flâner dans les rues, à monter au pont qui surplombe la baie, à parcourir la rue piétonne commerçante à la recherche du métro aérien. La rue était bondée de monde, je n'y suis pas resté longtemps, juste le temps d'acheter une casquette Australia, made in China (on ne peut pas y échapper!) pour cacher ces cheveux que je ne supporte plus. 
On y trouve les mêmes enseignes que n'importe où ailleurs dans le monde, rien de typique, j'ai même trouvé un Zara et l'Occitane! Dans le centre ville il y a aussi une tour qui ressemble à celle de Auckland, en haut de laquelle on peut monter pour avoir une vue panoramique sur toute la ville. Un truc à touristes dont j'ai préféré garder le prix du ticket pour un bon restaurant. Après le déjeuner, comme le soleil faisait son apparition je me suis rendu dans le jardin qui part de l'opéra house et longe un bras de mer. J'ai marché pieds nus dans l'herbe, pris quelques photos de la rade depuis un beau point de vue et je me suis allongé à l'ombre d'un arbre pour une petite sieste réparatrice.
Ensuite, sur le chemin du retour, je suis à nouveau passé devant l'opéra house et le Circular Quay, point de départ des bateaux. Hier je pensais que c'était des bateaux pour touristes façon bateaux mouche. Lourde erreur : il s'agit de bateaux métro, il y a plusieurs lignes et un même un plan très dense. Quand le temps sera meilleur, si j'ai encore du temps, j’essaierai pour aller voir les plages de Sydney. Mais pour le temps ce n'est pas gagné, ils prévoient de la pluie demain. Qui a dit qu'il fait toujours beau à Sydney ? A moins que ce ne soit moi, où je passe le temps se détraque. Je vais vraiment finir par le penser ! Le long du quai qui mène à l'opéra house il y a une promenade très agréable bordée de cafés avec des coussins disposés sur un banc ininterrompu le long du quai où viennent se poser les gens pour discuter et passer un bon moment. C'est très animé.
Ce soir je n'ai pas fait de vieux os, après le barbecue à base de kangourou, je suis allé au lit vers 21 heures, tombant de sommeil avec les yeux qui picotent comme quand on se réveille en pleine nuit. Et j'en ai bien profité car j'étais le seul dans la chambre, les autres sont arrivés bien plus tard dans la nuit.

mercredi 4 janvier 2012

Arrivée en Australie

Le vol en classe business, y a pas à dire ça change ! Petites attentions, vins fins, coupes de champagne à gogo, nappes de coton épaisses, accès au salon à l'aéroport de Nouméa avec viennoiseries et boissons en libre service... Je retrouve le sourire ! Il me fallait bien ça. Dans l'avion ils nous ont distribué les cartes d'immigration pour l'Australie, à remplir avant d’atterrir. Un rituel dont je commence à connaître la chanson mais qui chaque fois m'ennuie autant. Il faut aller chercher un stylo, son passeport, retrouver la carte d'embarquement et scribouiller dans des cases minuscules en prenant soin de ne pas déborder. L'annonce à bord précisait d'être particulièrement vigilant dans le remplissage de la carte, que la moindre erreur décelée était passible de 66 000 euros d'amende et 10 ans d'emprisonnement. Ils n'y vont pas de main morte dit donc, les kangourous !
Vue du toit de l'hôtel
J'ai donc bien déclaré que j'avais une tente et même des médicaments (qu'est ce que ça peut leur faire, on n'a pas le doit de se trimbaler des médoc contre la malaria?). L'arrivée sur Sydney est étonnante. On passe de bras de mer en bras de mer, au dessus de plages aux gros rouleaux qui se rapprochent de plus en plus. On a l'impression que l'on va se poser sur l'eau. A l'aéroport je n'ai eu aucun ennui. Quand j'ai annoncé que mes médicaments étaient un traitement préventif anti-palu ils m'ont laissé filer, avant de me diriger vers la quarantaine. Là ils m'ont demandé si je n'avais pas de nourriture, de foie gras ou de fromage. Ah l'image du français ! Pour la tente ils m'ont demandé si elle avait été nettoyée, j'ai répondu par un petit mensonge en disant qu'elle avait été inspectée en Nouvelle-Zélande et que je ne m'en étais pas servi depuis. Le préposé a pris un air réjoui et m'a laissé passer. Je connais enfin l'argument passe droit pour la tente ! 
Par contre je n'ai pas trouvé l'endroit pour choper les navettes vers le centre, aussi j'ai pris un taxi, conduit par un pakistanais ou du style qui a passé tout le parcours à téléphoner dans sa langue qui ressemblait à un mix entre de l'indien et du russe. Une horreur ! L'hôtel où je suis, une auberge de jeunesse primée pour être la meilleure de Sydney, le Sydney Harbour YHA, est idéalement localisée, à 10 minutes à pied du port et une petite vingtaine de l'opéra house. Le fameux pont de Sydney doit être à 500 mètres à pied. Du haut de l'auberge, il y a un toit terrasse qui offre une vue panoramique sur tout Sydney. C'est très beau, même si le temps est couvert en raison de la chaleur anormalement élevée pour aujourd’hui qui est en train de se transformer en orage. 34 degrés ! 
C’est plus que tout ce que j'ai connu jusqu'à présent. J'ai cru que le pilote rigolait ce matin quand il nous a annoncé ça - normalement les températures en cette saison, l'été, à Sydney sont autour de 23 degrés - mais quand je suis sorti de l'aéroport j'ai été envahi par une chaleur sèche, comme un coup de fer à repasser. Mes vêtements ne risquent plus d'être humides au moins. J'ai bien fait de partir, avant que des champignons ne me poussent dessus ! A la réception ils m'ont invité à prendre la carte d'adhésion YHA, pour 5 dollars de plus par rapport au prix fort que j'avais payé étant non membre. Désormais j'ai accès à toutes les auberges de jeunesse d'Australie et dispose d'une carte qui me donne droit à plein de tarifs discount partout. C'est une carte d'étudiant grosso modo. A 40 balais, une nouvelle jeunesse s'ouvre à moi ! 
Je ne me suis pas éternisé longtemps à l'auberge pour être au cœur de l'action et flâner dans les rues de Sydney. Comme le port et l'opéra house étaient tout à côté je m'y suis rendu en premier. Le port est un ballet incessant de petits bateaux qui font la visite de Sydney, se frayant un chemin parmi de gros paquebots amarrés. Ça grouille de touristes, la ville est très cosmopolite, c'est comme si tous les routards du monde entier s'étaient donnés rendez vous à Sydney. On entend parler toutes les langues du globe. Moi qui n'aime pas les villes, j'avais un peur de me retrouver perdu dans cette grande ville mais au lieu de ça, on a l'impression d'être dans une petite ville de bord de mer. Il n'y a pas de mauvaises ondes, pas d'agressivité, les gens sont relax, j'en ai même croisé pieds nus avec une planche de surf sous le bras. L'image d’Épinal de Sydney ! 
Je me suis baladé dans les rues, les trottoirs sont larges et des signaux sonores nous indiquent quand il faut traverser. Je ne pensais pas trouver autant de gratte ciels à Sydney, c'est un peu l'Amérique. Ça tranche avec de nombreuse églises qui n'arrêtent pas de carillonner et de bâtiments plus bas, très anglais, aux briques sombres. Au milieu de ça j'ai été surpris de voir au dessus de moi un truc passer sans un bruit. C'est le métro de Sydney, aérien, qui semble voler, guidé par un rail unique suspendu dans les airs. Malheureusement quand je l'ai remarqué il faisait déjà nuit. J'y retournerai demain prendre quelques photos. Je suis content d'être à Sydney, je souffle, je me sens désormais frais comme un gardon, prêt pour de nouvelles aventures qui je sens vont être fantastiques. 
Le retour des fraises!
Je dispose à présent de 40 jours pour explorer l'Australie et je m'en réjouis. C'est bien ce qu'il me fallait, plus que les trois semaines prévues à l'origine dans le Queensland. Un coup de tête qui m'a coûté quelques sous au passage, tout n'étant pas remboursable à 100% dans ce que j'avais déjà réservé et le vol pour Sydney d'à peine un peu plus de trois heures m'est revenu à un aller/retour Paris-Les Antilles. Mais au final je ne le regrette pas. Un tour du monde comme celui ci n'a pas de prix et doit se vivre intensément sans aucune contrainte. Désormais en Australie je suis comme Kerstin, rien de prévu, rien de planifié, je vais aller où bon me semble au fur et à mesure. La liberté totale pour un pays très libre. La formule idéale...

mardi 3 janvier 2012

La goutte d'eau....


Bye Bye l'Ile des Pins
Le paquebot de P&O est revenu ce matin, dépité, tentant une nouvelle approche. Pour rien, car le temps n'a pas changé. Malgré cela, je me suis bien positionné dans l'avion cette fois et le lagon arrivait quand même à avoir des couleurs exceptionnelles. Quand je suis arrivé à Nouméa j'étais étonné que l'avion ait pu se poser sous ces trombes d'eau. Je me demande toujours comment il peut freiner sur une piste complètement trempée sans déraper. D'un autre côté le pilote freinait prudemment par à coups.
Je n'avais pas réalisé mais mon vol pour Lifou n'est que dans l'après midi et le guichet de Air Calédonie est fermé à l'enregistrement, ce qui fait que je dois attendre dans l'aérodrome avec mes bagages pendant plus de trois heures. C'est donc tout naturellement que je me suis installé à la cafétéria, pensant prendre un petit déjeuner mais il ne restait plus rien. C'était plein à craquer de passagers du vol pour Ouvéa, retardé de 1h30. A la cafétéria il n'y avait rien à faire, pas de signal internet non plus. J'ai donc décidé d'occuper ce temps mort pour aller aux toilettes où j'ai monopolisé le sèche mains pendant plus d'une heure, en profitant pour sécher mes vêtements humides un par un. Et ils étaient bien humides vu le temps que ça a pris. Les gens qui rentraient me souriaient d'un œil complice. Il n'y a rien de drôle là dedans, je m'en passerais bien ! Mais enfin j'ai des fringues bien sèches pour Lifou.
Une fois la séance blanchisserie terminée, je suis retourné en salle d'embarquement pour voir si je pouvais cette fois laisser mes bagages. Toujours fermé. Un coup d’œil aux écrans des vols, et là j'ai dû me pincer et relire une seconde fois après avoir cligné des yeux. Le vol est annulé ! Sans aucune annonce, sans raison. J'ai donc pris mon barda, direction le premier étage au guichet de Air Calédonie où l'on ne peut même pas entrer car la porte s'ouvre vers l'intérieur et l'intérieur est noir de monde. Il y a des gens qui fulminent. Quand enfin ça a été mon tour j'ai appris que le prochain vol sur lequel j'étais positionné n'était que demain, 6 heures du matin. Un horaire terriblement moche.
J'ai demandé à la guichetière comment je faisais maintenant, qu'ils devaient me prendre en charge, me trouver un hôtel pour ce soir dans Nouméa. J'ai eu droit à « On n'y peut rien Monsieur, ce sont les intempéries, on ne peut rien vous proposer ». J'étais donc livré à moi même, en carafe. Avec le temps que je venais de supporter ces derniers jours à l’Île des Pins, la séance séchage de fringues aux toilettes, ça c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Le coup de grâce, c'en était trop pour ma santé mentale !
J'ai commencé par faire reculer l'horaire de demain. Plus tard ce n'était pas possible, c'était complet. Il a fallu que je réfléchisse à toute vitesse pour essayer de trouver la meilleure solution. Puisque le temps était encore pourri jusqu'à vendredi et que je devais trouver un hôtel ce soir sur Nouméa - rien à moins de 100 euros - pourquoi ne pas louer une voiture ici le temps que la météo redevienne clémente et pouvoir ainsi quitter Nouméa et faire du camping sauvage aux alentours? Je lui ai donc demandé de décaler le vol à samedi matin, le 7 janvier. Restait à me trouver une voiture de location. Pas gagné, les loueurs à l'aérodrome sont tous fermés, leurs guichets n'ouvrant que lorsque les avions arrivent et il n'y a rien de prévu avant plusieurs heures. En attendant j'ai demandé à Air Calédonie d'appeler l'agence de voyage Caledonia Spirit pour les prévenir de l'annulation du vol étant donné que j'ai une location de voiture intégralement payée d'avance à Lifou. Ça ne répondait pas. Le sort s’acharne. Comme je bloquais la file d'attente, j'ai été invité à renouveler une tentative au point information au rez de chaussée.
Arrivée à Nouméa
Au point d'information je n'ai pas reçu plus de secours, ils n'avaient aucune solution pour moi concernant les loueurs de voiture. Même pas l'initiative de décrocher leur téléphone pour les appeler. Vu que l'aérodrome n'est qu'une succursale, ils auraient pu essayer de contacter les centrales de réservation, non ? Au lieu de ça j'étais invité à patienter jusqu'à la réouverture des agences pour le prochain vol « qui doit arriver » ! Finalement j'ai eu Calédonia Spirit au téléphone. Je leur ai expliqué mes déboires, s'ils pouvaient annuler la réservation pour Lifou car je ne m'y rendais plus que samedi prochain, avec le retour du soleil. Pendant que je leur parlais, j'ai eu aussi l'éclair de génie de leur demander s'ils pouvaient me réserver une voiture sur Nouméa d'ici samedi. C'est possible, il faut par contre que je passe à l'agence pour étudier ça avec eux. Oui mais comment y aller ? « C'est facile, vous prenez le bus devant l'aérodrome, il n'y a qu'une ligne ». Pour la suite j'ai dû leur tirer les vers du nez pour avoir plus de précisions sur leur localisation exacte, près de la place des Cocotiers, derrière le restaurant le Bilboquet.
Alors que j'étais dans le bus, j'ai eu tout le temps pour me poser et penser à la situation. Louer une voiture à Nouméa pour 4 jours ? Pour faire quoi ? Le temps est tout aussi pourri ici. Et puis faire du camping sauvage à nouveau sous la pluie ? Et j'ai alors repensé que le jour de mon vol pour l'Australie, j'avais un avion de Air Calédonie à prendre le matin même de Ouvea pour Nouméa. Et s'ils refont le coup de l'annulation de vol ce jour là, ce sera la catastrophe. Alors quoi, devancer d'un jour mon retour d'Ouvea ? Et dormir encore sur Nouméa ? J'ai alors pris tout ça pour un signe du destin et me rappelant que les vols Air Calédonie sont remboursables, tout comme les prestations de Calédonia Spirit et le vol de Air Calin pour Brisbane (billet prime par Fying Blue), je pouvais donc quitter la Nouvelle-Calédonie sans plus de contraintes. J'ai alors pris la décision de partir le plus tôt possible pour Sydney, chose qui n'était pas prévue dans mon itinéraire. Après toutes ces galères j'ai besoin de modernité, de choses qui roulent.
Place des Cocotiers
J'ai trouvé en chemin, après le terminus des bus, place des Cocotiers l'office du tourisme. J'en ai profité pour ouvrir mon ordinateur pour voir s'ils avaient internet. Ils n'ont pas voulu me donner leur code, après que je leur aie pourtant expliqué la situation, me disant qu'il y avait un spot gratuit au bout de la place, au kiosque. J'ai donc traversé la place, sous la flotte, avec mes bagages, manquant de glisser à chaque pas sur des revêtements glissants comme de la glace. Et je me suis assis en tailleur par terre sous un kiosque pas étanche, à essayer de capter un signal au milieu de jeunes au regard patibulaire qui auraient pu me détrousser. En guise de spot wifi gratuit, il est payant et demande une carte. J'ai alors repéré sur le bord de la place un restaurant un peu tendance qui devait bien avoir du wifi gratuit. Je me suis installé à une table, d'autant plus qu'il était 14 heures et que j'avais bien faim et surtout soif, ayant laissé deux bouteilles d'eau au camping pour ne pas m'encombrer. Ça tombait bien ! Et ils avaient internet. J'ai donc cherché sur Skyscanner les options disponibles pour Sydney pour jeudi, me rappelant qu'il y avait un vol direct par Air Calin tous les jeudis. C'est pour Brisbane, pas pour Sydney. J'ai essayé un autre jour, ça ne donnait rien, j'ai alors cherché pour demain et là j'ai trouvé un vol par Qantas. Je me suis connecté à leur site mais je ne pouvais rien réserver avant le 10 janvier, ils ne font pas de dernière minute par internet. Comme sur le site de Skyscanner il était écrit que le vol était affrété par Air Calin, je me suis connecté à leur site, où le vol n'était pas proposé. J'ai donc réservé avec le lien direct de Skyscanner vers Ebookers.
Ce qui est étonnant c'est que le vol proposé est en classe business à un prix inférieur à la classe éco. Sans doute une bizarrerie comme à la SNCF. A moins que ce vol proposé trouvé nul part ailleurs sur d'autres sites ne soit qu'une erreur, d'autant plus qu'après paiement, au bout d'une demi heure j'avais toujours le statut de la réservation à « en attente d'émission des billets par la compagnie ». Je suis retourné sur Qantas et Air Calin en cherchant en classe affaires. Toujours pas de résultat. Et une nouvelle recherche sur Ebookers ne donnait plus ce résultat. Curieusement pourtant la confirmation est bien arrivée avec le siège 3E et mon numéro de réservation Qantas. Je suis allé vérifié sur leur site, le vol est bien réservé. J'ai dû avoir le dernier siège vu que désormais on ne trouve plus trace de ce vol à la réservation. Un coup de chance dans mes déboires !
J'ai alors annulé les vols Air Calédonie et Air Calin pour Brisbane directement en ligne. J'ai envoyé un mail aussi à Brisbane pour annuler la location du campervan. Changement de programme complet. Exit le Queensland. Ou si j'y vais ce sera juste pour voir les Whitsundays, en prenant un vol au dernier moment en fonction de la météo depuis un autre endroit d'Australie. Je vais faire à la place les déserts australiens. J'en ai marre des tropiques qui tombent dans la mauvaise saison.
A Caledonia Spirit ils ont été conciliants, j'ai eu une jeune française très compréhensive, remontée aussi envers les calédoniens. Car l'écho qu'elle a eu est que mon vol n'était pas annulé en raison du mauvais temps mais à cause d'un problème technique, ce qui n'est pas la même chose et normalement ils auraient dû me proposer une prise en charge. Elle m'a dit que de toute façon ils sen fichent, ils se foutent de tout, que ce ne sont que des poker face, allusion à la chanson de Lady Gaga. Elle m'a aussi dit que j'avais bien raison d'aller à Sydney, que là bas les choses rouleraient pour moi, que le management anglo-saxon allait faire des merveilles. Un comble pour une employée d'une agence de voyages censée vendre des séjours en Nouvelle Calédonie ! En tout cas, assez de galères, je veux des doigts de pied en éventail comme ma journée kayak à Aitutaki.
J'en ai marre de la Mélanésie où rien ne tourne normalement, où l'on ne se sent pas le bienvenu, où les gens ont des regards noirs. Je préfère de loin la Polynésie et surtout les polynésiens, beaucoup plus gentils et chaleureux. La Nouvelle-Calédonie ou une légende qui s'écroule. Une réputation non justifiée. Je sais que je n'y reviendrai pas. Je n'ai pas parlé des Mélanésiens mais ils sont noirs et sans faire dans le racisme, c'est peut être pour ça que les choses tournent aussi bien qu'en Afrique ou qu'aux Caraïbes. Les jeunes filles sont toutes obèses à se remonter tout le temps leur pantacourt qui les boudine. Elles n'ont pas une once de féminité, sans doute en raison de leur surpoids qui les oblige à marcher les pieds en canard et les bras écartés comme un bodybuilder. Elles ont l'air de revenir d'un match de rugby, des demis de mêlées avec des seins ! Je ne sais pas s'il y a des Miss Calédonie mis si c'est le cas, je suis sûr qu'ils doivent les importer spécialement pour l'occasion.
En tout cas je suis retourné à l'office du tourisme pour réserver une chambre au Tontoutel à côte de l'aéroport. Il faut leur arracher les vers du nez, c'est d'un pénible ! Pour un syndicat d'initiatives, c'est un comble, ils n'en ont aucune ! Après je suis allé au terminus des cars Sud, non sans mal et après avoir demandé le chemin à plusieurs reprises dans l'idée de rejoindre Tontouta, à 50 kilomètres de là. J'ai attendu 1h30 sous un abri bus bondé où les rafales de pluie pénétraient et mouillaient mes bagages. Il y a bien eu dans la délai le bus de la ligne C qui est passé mais celui là s'arrêtait avant le terminus. Je devais donc attendre le prochain que j'ai attendu une demie heure de plus avant de renoncer, au comble de l'exaspération.
C'est la misère!
Rebelote à l'office du tourisme pour avoir une navette privée. Ils m'ont juste donné les numéros. Je leur ai alors demandé de les appeler pour moi. Il faut tout leur expliquer ou quoi ? La prochaine navette est pour le prochain vol, à minuit ! Ils m'invitent à prendre un taxi pour 120 euros ! Je leur demande de me passer la compagnie au téléphone. Et là ils m'ont trouvé une solution, à 19 heures, soit dans deux heures. Ça va mieux. En attendant je suis retourné au restaurant de midi pour continuer mes réservations et trouver un hébergement sur Sydney. C'est chose faite, tout est désormais arrangé. Comme ils fermaient par contre à 18 heures, je me suis retrouvé dehors sous la pluie et dans la nuit avec mes bagages. Je me suis assis sur le trottoir en face de l'office du tourisme, avec des clodos qui passaient en titubant pour me demander tout un tas de truc et des dealers en bande. Rien de rassurant, il n'y avait plus que moi dans la rue et avec toutes mes affaires, il était aisé de comprendre que j'avais toutes les choses de valeur avec moi et qu'il était facile de me dépouiller. Je n'en menais pas large. Un clodo s'est assis à côté de moi pour roupiller et j'ai dû supporter son odeur jusqu'à 19 heures. Pas le choix, c'était ça ou la pluie ! Je ne le méprisais pas pour autant, je lui ai même dit au revoir en partant, quand le navette est arrivée. Une voiture noire sans inscription conduite par un noir dans une nuit noire qui dit « Montez » sans plus d'explication, ça ne rassure pas vraiment ! Pouvais-je être sûr qu'il était de la société ? Je fais peut être un peu trop confiance aux gens mais je suis monté. Il m'a amené ailleurs, disant qu'il passait prendre une autre personne, au fond d'une impasse sombre. Cette fois j'ai cru que mon heure avait sonnée quand il a klaxonné en guise de signal. Mais une jeune fille en est sortie et ils m'ont bien déposé au Tontoutel, à 20 heures. Quelle journée ! 8 heures pour faire 50 kilomètres ! Heureusement demain je serai à Sydney et tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir, le dernier du voyage j'espère bien ! Je pense avoir fait le bon choix en partant, au final l'annulation du vol aura été une bonne chose...

lundi 2 janvier 2012

Journée pour rien


Je suis bien content d'avoir l'ordinateur et une communication wifi gratuite à portée, autrement je ne sais pas bien ce que je pourrais faire. J'ai passé des heures ainsi sur l'ordinateur, dans l'impossibilité de mettre un pied dehors. Cette fois, j'avais emporté le poncho avec moi, sinon je n'aurais même pas pu quitter le camping. Les gens au gîte ont les yeux dans le vague, regardant en l'air, la tête entre les mains. Les plus courageux voulant un peu d'action ont pris de grands sacs poubelles dans lesquels ils ont fait un trou au fond pour passer la tête et confectionner un poncho de fortune afin de faire quelques pas sur la plage devenue le terrain de jeu des mouettes et des crabes. Le bateau de croisière P&O est revenu mais aucune chaloupe ne vient à terre. Les touristes doivent être dégoûtés d'être en croisière pour ne rien voir et rester dans leur cabine. 
Car la visibilité est la même qu'en montagne par une tempête de neige ! C'est déprimant au possible. A côté de ça j'ai vu au journal télévisé qu'il fait 20 degrés dans le sud de la France et que les gens vont sur la plage se faire dorer au soleil et déclarent qu'ils se croient l'été. Ici on a 23, guère plus, et une pluie qu'on s'attendrait plus à voir en Bretagne. Les gens ironisent quand certains passent en ciré jaune : « on pense plus à prendre un maillot de bain qu'un ciré quand on va à l’Île des Pins ! ». Je me faisais une joie de mon coin au camping des rouleaux, ça s'est transformé en cauchemar, je n'ai plus aucun vêtement sec, l'humidité pénètre partout. Quand j'ai réglé le type ce soir il s'est excusé du temps, ce à quoi j'ai répondu qu'il n'y pouvait rien et moi non plus. Je songe sérieusement à squeezer l'Australie pour repasser plus tôt que prévu dans l'hémisphère nord et profiter du laps de temps pour aller à Hawaï où c'est la saison sèche. Reste à voir le prix du billet d'avion Guam-Honolulu.... A moins que je ne change mes plans en Australie en annulant la réservation du campervan et en allant à Sydney plutôt que de tenter le Queensland. A quoi bon passer des semaines sous la flotte sinon ? Car depuis les Fidji, j'ai calculé j'ai plus de jours de pluie que de soleil. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant, le pire étant Janvier/Février.

dimanche 1 janvier 2012

Bonne année... et bonne santé !

La baie des rouleaux, où je crèche. Vous préférez quel temps?

C'est pas terrible du tout comme début d'année. J'ai discuté avec des campeurs du gîte qui sont en tour du monde et qui ont en marre de passer leurs fêtes sous la pluie. Ils étaient déjà à l’Île des Pins à Noël, au camping chez Émile, sans électricité ni eau chaude et ils en sont partis car avec la pluie c'était terrible. En effet, le temps est le même que quand je suis arrivé sur Nouméa. Ça recommence. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter, ça va durer au moins jusqu'à vendredi. Aujourd'hui il a plu des trombes de 9 heures à 16 heures, m'obligeant à rester prisonnier au gîte. On ne pouvait absolument pas mettre un pied dehors. La météo prévoit que ça va encore empirer. Du coup ça favorise les échanges : quand on est assis sous un faré à ne rien pouvoir faire, au bout d'un moment tout le monde finit par se parler pour faire passer le temps.
Eux, ils adorent!
Il y a internet en wifi disponible partout sur le gîte, c'est aussi pour ça que j'y vais. Ça m'a permis d'envoyer des messages de vœux pour la nouvelle année. Je m'inquiétais sur le fait de pouvoir rejoindre le camping entre deux averses, vu que l'averse durait depuis 6 heures. J'ai profité d'un moment de répit, où il ne faisait plus que bruiner pour m'éclipser, après avoir demandé au gîte un sac en plastique où mettre mon sac. Tout est tellement humide que ça imprègne tout, les vêtements sont poisseux, la moindre chose colle, l'ordinateur, l'appareil photo et le portefeuille n'y échappent pas. Avec ce traitement je ne sais pas combien de temps ils vont tenir. Quand je suis revenu au camp, j'ai ajouté les sachets desséchants que je gardais en prévision.
Je n'ai pas reconnu le chemin, tout est si moche, plongé dans la brume. On ne voyait même plus le sommet du pic N'Gâ depuis la plage de Kuto. Un temps pareil me donne envie de déguerpir en ville. 
C'est quoi ce truc énorme dans la douche?
Il n'y a absolument rien à faire, c'est ça qui est terrible avec la vie en plein air sous la pluie. D'ailleurs ils ont tous craqué, quand je suis arrivé au camping, le dernier couple partait, s'excusant de devoir abréger son séjour. La propriétaire compréhensive disait que ça ne faisait rien, qu'avec la pluie elle comprenait bien. Il n'y a donc plus que moi qui m'accroche. Je n'ai pas le choix, il me reste à tirer jusqu'au 3 janvier pour prendre l'avion. Et ce ne sera pas mieux aux îles Loyauté, ce seront même les dernières à voir le soleil revenir, pas avant le week-end prochain.
Ce matin j'ai eu la géniale idée de faire de la lessive. Évidemment en rentrant ce soir c'était au même stade, voir plus humide qu'après avoir essoré le linge. Je suis allé demander s'ils n'avaient pas un sèche cheveu, hélas non. Et ce n'est pas tout, hier soir leur sono à fait disjoncter un truc, il n'y a plus de courant sur les trois quarts du camping, sanitaires compris. Je me faisais une joie de prendre une douche bien chaude pour me réchauffer, je l'ai eu froide, à grelotter encore plus en y sortant ! Une serviette à tordre lavée du matin, ça ne sèche pas un homme. Pas plus que ma tenue de nuit à qui j'ai demandé de bien vouloir sécher sur moi ! Si avec tout ça je ne tombe pas malade... Souhaitez moi une bonne santé !
On dit qu'il y a pas plus con qu'une poule. Pas si folles!
Même les poules n'en peuvent plus et se sont réfugiées sous les faré pour être à l'abri. On ne voit plus les chiens, ils doivent être en rond quelque part au sec. Ce sera au moins le mérite de la pluie, ça calme leurs ardeurs. Remarquez c'est assez incroyable mais avec tout ce zoo, il n'y a aucun bruit. La nuit dernière non plus. Pas un cocorico ni des aboiements, juste des moustiques voraces ! Le propriétaire bourru est venu me voir et a pris pitié de moi. Il m'a demandé si ma tente était bien étanche et m'a demandé de bien vouloir la déplacer sous un faré, où il avait poussé les tables et les bancs pour que je m'installe au sec. C'est gentil de sa part car ma tente ne ressemblait plus à rien. Elle luisait sous la pluie avec des feuilles et aiguilles collées un peu partout.
Au dîner ce soir j'ai eu les restes du réveillon. Du mien, de réveillon... Même menu, même champagne. Mais au final j'avais fait le bon choix, ceux du gîte Nataïwatch avaient tous choisi le repas à 100 euros pour marquer le coup et il n'était franchement pas terrible. Pas assez de légumes, que de la bidoche, un gratin froid, et surtout un champagne bon pour récurer les chiottes ou refaire les peintures !

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