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lundi 6 février 2012

Fraser Island


Fraser Island est la plus grande île sableuse au monde, de 120 km de long sur 15 de large, classée intégralement parc national et inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Elle est inhabitée comme il se doit, sauf par des dingos et autres bestioles. L'île est une forêt vierge subtropicale pleine de lianes et de toute sortes d'arbres dont de très nombreuses espèces d'eucalyptus au tronc tantôt blanc, rouge ou noir et dressés fièrement vers le ciel ou tortueux comme des bonsaïs géants. C'est le seul endroit au monde où l'on trouve une forêt vierge pluviale poussant sur du sable. L'île est parcourue par une multitude de rivières, les « creek », et par des lacs aux eaux cristallines et au sable blanc. C'est un petit paradis sauvage que l'on ne peut pas manquer quand on vient dans le Queensland. D'ailleurs les aborigènes, les Butchulla, l'appelaient « K'Gari », qui veut dire « paradis ». Depuis ils ont été chassés et interdits de parler leur langue et l'île n'est plus qu'un domaine pour touristes, visité par 350.000 personnes par an.
Pour parcourir l'île qui ne dispose d'aucune route hormis des pistes de sable, on ne peut le faire qu'en 4x4, en en louant un avec plusieurs amis depuis la côte, ou en se joignant à un tour comme ce que j'ai fait. Notre bus aujourd'hui est un genre de petit camion de chantier haut perché aux roues énormes avec une cabine au dessus toute de vitres teintées dont on ne voit rien à l'intérieur. 17 places sont disponibles à bord en comptant le conducteur et guide, un jeune roux dont j'ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qu'il disait - un descendant gallois sans doute. Aujourd'hui nous ne sommes que 14 ce qui fait que j'ai pu choisir ma place, que je changeais au gré de mes envies. Du côté gauche de la cabine ce sont des sièges individuels alors qu'à droite ce sont des biplaces. Au début je m'étais mis devant pour avoir plus de place pour les jambes mais le siège côté passager de devant me bloquait la vue avec son siège plus haut que les autres et son appui tête façon dos de lit. Au premier arrêt je me suis installé juste derrière la porte mais celle ci n'arrêtait pas de grincer dans un vacarme assourdissant, mal fixée. J'ai donc encore changé de place pour me mettre juste derrière. Les gens devaient me traiter de fou. C'est normal d'essayer d'avoir une bonne place quand on est parti pour 12 heures d'aventures dont 90% passées à bord.

Lac McKenzie

De Noosa, notre camion-baroudeur n'est pas passé par la côte du Great Sandy National Park comme ce que je pensais et à la différence d'autres tours opérateurs. Je suis un peu déçu de ce côté là. Le guide a préféré passer par l'intérieur, contournant le parc sur des kilomètres qui m'ont parus des heures pour rejoindre Rainbow Beach, un des points d'accès pour Fraser Island. A Rainbow Beach pas de visite non plus des falaises aux sables multicolores qu'on n'a même pas aperçues de loin. Faudra donc que demain j'y retourne avec ma voiture, c'est de toute façon sur le chemin pour le nord et Lady Musgrave. Toute le long de la plage de Rainbow Beach c'est une suite de terrains de camping gérés par l'office des parcs, des endroits très basiques où l'on ne trouve que des toilettes sans douche. On peut y camper moyennant un permis à demander à l'entrée, contre 5 dollars. C'est très populaire parmi les jeunes qui viennent camper par milliers entre Noël et le jour de l'an. Il faut dire que l'endroit, sauvage, a de quoi plaire : la tente au bord de l'eau avec une plage qui s'étend sur des kilomètres avec de gros rouleaux pour surfer. Notre guide nous a dit que jusqu'à la semaine dernière c'était encore noir de monde. Ah les vacances scolaires ! Synonyme de mouvements de masse. Je les évite soigneusement où que je voyage pour éviter l'enfer des bouchons, des plages surpeuplées et du bruit partout. 
En France ils parlent de réformer les vacances scolaires d'été, jugées trop longues, mais qu'ils vont zoner comme les autres vacances pour minimiser l'impact sur le tourisme. Les professionnels en ont profité pour demander un étalement du 15 juin au 15 septembre. Je ne sais pas ce qu'il en est, un moment je suivais l'affaire de près car je suis farouchement contre. Mes vacances d'été je les prend avant le 30 juin et après le 1er septembre et j'espère bien que ce créneau restera encore longtemps exempt de vacanciers. C'est la meilleure saison pour explorer les côtes de Méditerranée, les journées sont encore longues, le soleil est là, il fait chaud et il n'y a personne ce qui permet d'avoir en plus des tarifs intéressants.
Pour rejoindre Fraser Isalnd, il y a une espèce de barge qui attend n'importe quel convoi pour traverser. Il n'y a pas d'horaire. Il faut dire que la traversée est très courte, en quelques minutes c'est torché. 
Quand on a mis roue à terre, ou plutôt à sable, c'était marrée haute, aussi nous avons dû rejoindre la piste conçue à cet effet, après avoir un temps roulé dans l'eau parmi les vagues qui venaient déferler sur nous. Ça fait bizarre d'être dans un véhicule terrestre en train de rouler dans la mer. On a subitement l'impression d'être dans un bateau ! Sur la brochure il y avait marqué : «Remember this is a 4WD safari and may not be suitable if pregnant or if you have a bad back » . Malgré mon « bad back » cela ne m'avait pas freiné - il est des choses qu'on se doit de voir quel qu'en soit le prix à payer - me disant que bien souvent ils exagèrent un peu pour éviter toute plainte ultérieure. Eh bien là, pas du tout ! Les pistes de l'intérieur des terres sont une horreur. Il ne faut pas s'attendre à de grand boulevards, ce sont des pistes dans la jungle au travers desquelles le fourgon passe et cogne dans les lianes, roulant sur des racines, tournicotant avec des bosses en veux tu en voilà prises à vive allure. Car on conduit là dessus comme un fou. C'est un engin tout terrain qui ne s'embarrasse pas de précautions de 30 à l'heure, comme moi sur la Western Explorer, il y va franco, à fond la caisse, la vitesse est limitée à 80. 
Central Station
Je me demandais : et si un autre véhicule se pointait dans l'autre sens ? D'ailleurs c'est arrivé plusieurs fois, freinage de folie, les gens scotchés au dossier du siège de devant, une jambe de travers, un bras tordu. Et puis impossible de doubler, les autres véhicules étaient obligés de reculer jusqu'à trouver un point où se mettre à l'écart (bien souvent avec deux roues dans le vide!). Il y avait des téméraires en individuel avec de petits 4x4 que notre chauffeur conseillait de ne pas passer par là en disant que le sable était trop mou et qu'ils allaient s'enliser, bloquant le trafic comme ce qui arrive très fréquemment. Pour ma part, j'avais hâte que ça se termine et qu'on rejoigne la plage pour rouler dessus si je ne voulais pas finir mon voyage en chaise roulante !


On a fini par atteindre 75 Miles Beach, une plage interminable qui se perd à l'horizon des deux côtés dans des brumes marines. Un coin de bout du monde, bordé de dunes, sur la côte est. En fait toute notre exploration de la côte s'est faite de ce côté, c'est là qu'apparemment se trouvent toutes les curiosités. Le programme est le même d'un tour opérateur à l'autre, le mien étant celui - mais pas le seul - qui offre le plus long parcours. On s'est arrêté un moment pour le « morning tea ». Il était temps, je n'avais rien avalé ce matin. 5 heures du matin ce n'est pas une heure pour prendre un petit déjeuner. Dès qu'on a mis le pied dehors on a été assailli par des taons énormes, gros comme des frelons, pas farouches du tout, avec lesquels il faut se battre constamment. Il y en a toujours une bonne demie douzaine à tourner autour de chacun. Je ne compte plus le nombre que j'en ai tués. C'est facile, ils ne s'envolent pas, trop contents d'avoir trouvé un animal à piquer. Je n'en n'avais jamais vu de cette taille. C'est un vrai fléau, j'ai passé le reste de la journée à chaque arrêt à agiter les bras et les jambes dans tous les sens pour éviter tout atterrissage. Malheur à vous si vous restez debout sans bouger !
Après le thé on a repris la circulation sur la plage. C'est drôle de voir les vagues et les dunes défiler dans ce qui semble être un paysage sans fin. Le sable est parfaitement lisse, le fourgon ne grince plus, sauf à quelques passages où des ruisseaux viennent se jeter là, occasionnant quelques soubresauts. Il paraît qu'aux vacances de Noël il y avait tellement de monde que l'on avançait au pas sur la plage, pris dans des bouchons. Je suis bien content d'être ici hors saison. Rapidement nous avons quitté la plage pour s'enfoncer à nouveau dans la jungle pour rejoindre le lac McKenzie, accessible par une piste de sable de 12 kilomètres. Ce lac est le point phare de toutes les excursions et bien souvent le terminus avant le retour, point choisi pour le pique nique barbecue. C'est un lac bordé de sable blanc qui lui confère des couleurs bleu lagon. Il n'est alimenté par aucune source et rien ne s'y échappe ce qui fait que tout ce qui y rentre y reste. 
Eli Creek
Il est pourtant très pur et pour qu'il le reste en dépit de la surfréquentation du site, il y a de grands panneaux invitant les gens à ne pas utiliser de crème solaire ni insecticide et de faire un tour aux toilettes avant d'aller se baigner. Il faut aussi ne pas amener de nourriture ni boissons. Seule l'eau est autorisée. Car l'endroit est patrouillé par de nombreux dingos attirés par le point d'eau pour y trouver des proies faciles et il est rigoureusement interdit de les nourrir ou de les approcher. J'ai lu un peu ce qui était écrit de leurs coutumes, ça a l'air d'être pas commode. Ça vit en bande de 12 et tout est affaire de domination chez eux, les individus soumis ne disposant que des restes des autres et à la condition qu'ils avancent en rampant, les oreilles rabattues et la queue entre les jambes. Ils se battent aussi avec d'autres bandes pour la protection de leur territoire, parfois jusqu'à la mort. Bref domination et guerre, ces bêtes là n'ont rien pour me plaire. 
Quand ils voient un humain ils cherchent aussi à le dominer, principalement les gosses et ceux ci pensent que le dingo veut jouer car cela ressemble à un rituel. Sauf que si un enfant veut y participer il se fait bouffer ! Je n'ai pas vu de dingo mais je me suis baigné, trop vite car j'avais oublié que ma montre était à l'heure de Sydney donc avançant une heure de trop. De toute façon le lac est devenu bondé et rempli de cris, les autres camions de touristes arrivant tous en même temps. Et il y en a des gros, des bus 4x4 en fait, tous de la même compagnie qui en a mis à disposition une bonne demi douzaine. Ils se suivent comme autant de wagons d'un train. Je voulais noter le nom pour vous éviter de prendre cette compagnie mais j'ai oublié. La mienne c'est FraserIsland Nature Tours. 


A 11 heures nous avons continué notre chemin pour Central Station, lieu de notre barbecue niché dans une vallée avec un ruisseau qui se fraye un chemin comme il peut dans la jungle et les fougères, perdu dans les chants d'oiseaux et de criquets qui se mettent à bruisser énergiquement dès qu'un rayon de soleil sort d'un nuage. Il y a des sentiers plus ou moins aménagés pour se balader là dedans, en attendant que notre guide nous prépare le barbecue. C'est la forêt vierge comme j'aime. Ah ce pays ! Quelle merveille, il a tout. Et toujours la nature omniprésente. Pays nouveau et resté presque vierge, dernier territoire encore sous peuplé, l'Australie a tout pour me plaire. Sauf les prix de l'immobilier qui sont ici indécents comme partout ailleurs dans le monde (le moindre truc sur la côte se paye à coup de millions de dollars, c'est l'unité de mesure). Tout le monde serait riche comme Crésus ou est ce moi qui ai perdu la notion de l'argent?
Reflets
Après le barboc, nous avons rejoint la plage pour poursuivre plus au nord, voir 3 autres attractions. La première : the coloured sands, dunes de sable censées avoir 72 couleurs différentes mais dont je n'ai vu que de l'orange sous un soleil à son zénith. Il faut sans doute voir ça en fin de journée. D'ailleurs on n'a fait qu'une pause photo et on est reparti aussi sec. Ce qui est la cas un peu partout sauf au lac où on a eu un peu plus d'une heure. Sinon les pauses se résument à 15 minutes maximum. Je suis toujours le premier à descendre et le dernier à monter, notre guide attendant pour fermer la porte latérale de la cabine, en regardant ses pieds. Il doit en avoir marre d'attendre avec le moteur qui tourne. Je savais que ce serait une journée marathon mais je ne suis pas sûr que j’aurais plus apprécié sur plusieurs jours. J'aime bien en avoir plein la vue. Seul hic, pour le reste de l'après midi, à chaque arrêt j'ai dû me battre à courir pour arriver le premier et faire des photos avec personne autour. Car les autres bus wagons avaient à présent le même itinéraire que nous et nous suivaient de près, déversant des centaines de touristes qui envahissaient tout comme un nuage de criquets en Afrique.
On s'est arrêté aussi au niveau d'une épave très photogénique, le SS Maheno, devenu lieu de curiosité, échoué là depuis 1935 et appartenant à la Nouvelle-Zélande. Sur la plage il y avait un petit avion de tourisme qui nous suivait comme un taon, pour ceux des bus que ça intéresserait de voler quelques minutes pour voir Fraser Island d'en haut. Notre dernier arrêt et dernière possibilité de baignade s'est fait à Eli Creek, un ruisseau d'eau fraîche que l'on peut remonter jusqu'à un niveau qui forme une petite piscine qui s'est vite transformée en parc d'élevage à saumons. J'ai préféré rester à barboter plus en aval jusqu'à ce qu'arrive un gosse obèse et hurleur dont le grand jeu était de faire de hautes enjambées dans l'eau en passant à 20 centimètres de moi pour bien m'éclabousser. La mère, une espèce de truie, regardait faire sans rien dire. Je me suis donc éclipsé de là pour prendre un « afternoon tea », avant de rentrer. Sur le chemin du retour, un dingo nous a accompagné, marchant le long de la plage. On l'a suivi au pas. Il n'avait pas l'air effrayé de notre présence.


 J'ai fait connaissance aujourd'hui avec des français de Nouvelle-Calédonie. Quand ils m'ont demandé ce que j'avais vu, je leur ai raconté mes déboires et ils m'ont dit qu'en effet je n'avais pas eu de chance mais qu'il s'était mis à faire beau dès le jeudi, c'est à dire le lendemain que je sois parti. Et depuis le soleil ne cesse de briller. A ce qu'il disent. C'était tellement pourri que j'ai du mal à le croire. Je ne suis pas le seul à avoir déserté la région, ils ont des amis à eux qui sont aussi partis plus tôt que prévu. Ils étaient à l’Île des Pins au moment où j'y étais, restant au gîte que j'allais squatter. Je les ai donc forcément vus et quand ils m'ont dit leur nom, je me demande même si je n'ai pas discuté avec.


dimanche 5 février 2012

Journée de plus à Noosa


C'te tete!
Vu que je me plais bien ici, j'aurais tort d'aller ailleurs. Par contre le centre de Noosa Heads est à éviter absolument la journée, quand tout le monde veut aller à la plage et que le parking étant trop petit pour contenir tout le monde, les gens passent et repassent, tournent en rond et créent des bouchons. L'accident semble toujours au bout du tournant. Malgré tout, j'ai réussi à trouver une place et à me rendre au centre d'information où j'ai pu obtenir tous les renseignements que je souhaitais. L'excursion à Fraser Island est possible depuis ici et permet par la même occasion d'explorer par leur engin tout terrain le Great Sandy National Park qui commence juste de l'autre côté de la rivière de Noosa. Un endroit sauvage du style de ce que je trouverai à Fraser Island, des falaises incandescentes en plus.
J'ai regardé un peu leurs brochures, il y a différentes formules et opérateurs. Je voulais prendre une excursion sur 2 ou 3 jours, avec campement sur l'île (toute l'île est un parc national) mais il y avait toujours un truc qui me rebutait : « campfire » ou « night entertainment » ou encore « bar at 5 minutes ». Bref, du bruit en perspective et des gens à se coltiner pendant les 3 jours où je serais forcément obligé de parler avec, à me faire mal au cerveau à essayer de parler anglais. Sans compter que je ne pourrais pas déplacer la tente car tout le matériel est fourni et planté par leurs soins. Je suis redevenu sauvage. Au début de mon voyage je rencontrais plein de gens, depuis la Polynésie ça s'est arrêté. Il faut dire que je voyage en indépendant avec voiture de location et camping sauvage, ça ne favorise pas beaucoup les rencontres ! Mais il n'y a pas que ça.
De l'avis de mes parents, ils semblerait que je sois plus blasé et moins enthousiaste qu'au début. Je ne crois pas, c'est juste que la Polynésie était à tomber et que j'ai commencé très fort. Ou alors ils ont raison, je ne sais plus. En tout cas j'ai fait des émules avec mes récits, j'ai une amie qui part cet automne en Polynésie. Elle n'a pas pu résister aux raies manta et aux requins.
Quoi qu'il en soit j'apprécie beaucoup l'Australie, je l'ai déjà dit et j'y reviendrai à coup sûr. Je n'ai pas tout vu, loin de là ! Je réalise que cela fait 1 mois que je suis déjà là et que l'Australie sera l'endroit où je serais resté le plus longtemps. Grâce au temps pourri de Nouvelle-Calédonie. Comme quoi il y toujours du positif dans le négatif. Finalement, je me suis décidé pour un tour à la journée, pour avoir la paix. J'ai choisi celui qui se disait le plus nature, récompensé à un concours. 
La plage de la ville de Noosa
Le programme va être très dense : départ demain à 5h50 du matin pour un retour à 18 heures. C'est le plus long qu'il y ait et pour cause : il propose les mêmes sites que des tours sur deux jours. Avec ça je ne devrais rien rater de Fraser Island. Reste à savoir si je pourrai avoir une bonne place à bord, le minibus arrivant de Brisbane. En plus je ne sais pas s'il ne va pas faire le ramassage des autres clients de Noosa avant. Car la prise en charge sur le lieu de villégiature est incluse et la conseillère au centre d'information voulait absolument savoir où je logeais. J'ai inventé un bobard, comme quoi je venais d'arriver, que je ne savais pas encore, que j'avais une tente et que j'allais camper. Cela n'a pas suffit, elle m'a dit que comme le camping sauvage était interdit sur toute la commune (ah bon, tiens donc!), elle allait appeler l'un des quatre campings pour réserver pour moi. 
Je m'en suis sorti en disant que c'était gentil de sa part mais que je préférais les visiter au préalable. Au final, on a trouvé un terrain d'entente : rendez-vous demain matin à la gare routière de Noosa. Je préfère ça, comme ça ce soir je vais dormir au même endroit qu'hier. J'ai eu une très bonne nuit, sur un matelas épais de feuilles d'eucalyptus tombées au gré des saisons. Pas un bruit à part les vagues au loin. Par contre réveil aux aurores par des oiseaux très loquaces. Mais c'est tant mieux vue l'heure à laquelle je dois me réveiller demain.
Au début, quand je commence à camper, j'ai toujours les premières nuits très agitées, formées de sommeils de quelques heures qui se succèdent. C'est fini depuis belle lurette, je dors désormais d'une traite, ou presque, car souvent au milieu de la nuit je suis obligé de rajouter une couche car la température descend. A ce titre j'ai bien fait d'avoir gardé le sac de couchage, il m'a été très utile la nuit dernière. Alors à ceux qui appréhendent de dormir dans une tente, par terre comme des animaux (j'en connais...), je dis qu'après quelques nuits on s'y fait très bien. Il suffit juste d'avoir un bon matelas et un bon oreiller. En parlant d'oreiller, celui que j'ai pour l'avion qui ne soutient que la nuque est aussi très bien pour dormir à plat. C'est tant mieux, ça me fait un truc de moins dans le sac.

La même qu'hier, mais le matin

Je me suis renseigné pour aller à Lady Musgrave mais les bulletins météo que je trouve sur internet sont contradictoires. Je voulais réserver pour mercredi et ce jour là c'est pluie ou soleil, ça dépend du site. J'en ai parlé à l'office du tourisme qui me demandait où j'allais après et ils m'ont confirmé que c'était un très bon choix, rajoutant « hope it won't rain ». Ça ne m'aide pas ce genre de commentaire ! Comme on peut réserver jusqu'à la veille, je regarderai à nouveau mardi pour voir si les sites se sont mis d'accord et j'aviserai.
Après cet épisode qui m'a pris la matinée, je suis remonté au point de vue de hier soir. C'était plein de ces oiseaux qui font des « Ouh ouh ouh» de singe, que je n'ai encore jamais réussi à voir. Par contre le fameux dindon d'hier était là, ils pullulent, il y en a partout. Comme quoi d'être moche n'empêche pas de se reproduire ! 
Alors que j'étais au téléphone, il y a un oiseau qui est venu se poser sur une branche juste plus haut et il a commencé son tour de chant ! On peut dire qu'il a un bel organe. Ils est pas très farouche, rien ne l'arrête, on peut s'approcher autant qu'on veut, ça ne l'effraie pas du tout. Il me semble que c'est un martin pécheur. Seulement avec ma chance, un moment où je voulais immortaliser son chant en vidéo, des voitures de touristes sont arrivées, et l'effet grégaire a fait le reste, avec mon nez en l'air ils sont tous venus s'agglutiner autour de moi, chahutant et ne voulant pas déguerpir. Quand enfin un groupe foutait le camp, une voiture arrivait avec de nouveaux occupants tout aussi bruyants quand ce n'était pas pour rester planter en dessous l'arbre en téléphonant pendant des heures. Je ne force pas le trait, j'y étais et j'ai attendu une bonne demie heure, attendant le moment propice pour ne pas avoir de bruit de fond, pendant que la bestiole patientait tranquillement, jusqu'à ce que je finisse par jeter l'éponge. Si j'étais vraiment un vieux con, j'aurais lâché : « shut up, I try to tape ! ». Rassurez vous ce temps ne saurait tarder !
Pour me consoler je suis retourné à Alexandria Bay m'éclater dans les rouleaux. Je n'ai pas dit mais l'eau y est aussi délicieuse qu'aux tropiques, les cyclones en moins ! Au passage j'ai acheté à une supérette une salade que j'ai mangée avec les doigts tout comme un yaourt que j'ai fini au majeur. J'ai perdu ma cuillère/couteau/fourchette en Nouvelle-Calédonie, sans doute jetée avec les restes d'un pique-nique. Si je continue comme ça je vais rentrer très léger !


samedi 4 février 2012

Noosa National Park


Alexandria Bay

Noosa est à une centaine de kilomètres au nord de Brisbane et est située à l'extrémité nord de la Sunshine Coast. Je suis arrivé là sur les conseils de l'italien avec qui j'avais fait une balade en voiture à Nouméa. C'est un des ses endroits préférés en Australie, je voulais donc me faire mon avis. La Sunshine Coast est une côte de 60 kilomètres de plages de sable blanc, de lacs, de rivières et de montagnes aussi. A ne pas confondre avec la Gold Coast, située en dessous Brisbane, qui elle attire les australiens en masse et qui a toute sa côte bordée de villes et de buildings comme à Miami. La Sunshine Coast a réussi à rester relativement épargnée. C'est un paradis pour surfeurs, on ne cesse d'ailleurs d'en croiser, tous torse nu et pieds nus, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
Peregian Beach
De nombreuses résidences secondaires fleurissent un peu partout, cachées dans la végétation, des villas de luxe encore plus qu'autour de Sydney. Tout est très propre et très calme. Ce n'est pas encore les tropiques, la végétation est subtropicale avec quelques palmiers mais pas encore de cocotiers. La grande barrière de corail ne commence que 300 kilomètres plus au nord, j'y ferai sans doute un saut un jour propice pour l'excursion, pour aller voir Lady Musgrave Island.
J'ai été accueilli par un beau soleil à Brisbane qui m'a suivi jusqu'à la Sunshine Coast. Le nom de la côte n'est pas usurpé et la météo avait raison, j'ai bien fait de venir. Côté mercure, il fait chaud : 32 degrés, ce qui explique pourquoi tout le monde se promène en petite tenue. Pour sortir de Brisbane, c'est simple comme bonjour, je n'ai même pas eu l'impression d'être en ville, l'aéroport étant situé au nord de Brisbane et une autoroute en part directement de laquelle on peut sortir quelques kilomètres avant d'arriver. 
D'ailleurs pas besoin de se demander quelle direction suivre, c'est fléché « Sunshine Coast ». Apparemment ça regorge de koalas car j'ai vu mes premiers panneaux traversée de koalas fleurir à foison (apparemment ça leur arrive de bouger!).
Avec les accords entre YHA et Budget, j'ai eu un surclassement pour la voiture pour quelques dollars de moins que l'économique. Elle est un peu trop grande pour moi mais c'est le luxe à bord : large repose coude, plein de recoins où poser affaires et bouteilles d'eau, une boite à gant qui ferme à clefs, mais surtout 5 portes au lieu de 3 (plus pratique pour enfourner la tente que je laisse sur le siège arrière sans la plier) et une boîte automatique au lieu de la manuelle que je devais avoir. Quel plaisir ! Ça me change des mes précédentes que j'ai dû pas mal abîmer, ne comptant plus les bruits de crécelle quand j'essayais de passer - mal - les vitesses, dont une marche arrière sur autoroute au lieu de la cinquième ou des démarrages direct en 3e voire en 4e (si si c'est possible, mais pas conseillé). 
Et elle est toute neuve, 6000 kilomètres au compteur, et rutilante. Pour combien de temps, c'est moins sûr, j'ai déjà du sable côté conducteur. La bagnole est une Hyundai I30. Au premier arrêt j'ai eu toute de même des sueurs froides : impossible d'enlever la clef et impossible de revenir au point mort. Les vitesses étaient bloquées pour la marche arrière et le point mort. Dans ces conditions, je ne pouvais même pas redémarrer puisqu'il faut chaque fois repasser par le point mort. J'ai tout essayé : tirer ou pousser le levier, actionner la pédale de frein, rien à faire. Après quelques minutes à l'arrêt alors que je commençais à ruisseler, garé en plein soleil, j'ai trouvé la solution : il faut passer au point mort avant de mettre le frein à main. C'est le frein à main qui bloquait tout. Ah l'ingénieur qui a pondu ça, si je le tenais...
Je suis sorti de l'autoroute au niveau de Coolum Beach, vers la fin de la Sunshine Coast. Ce qu'il y avait en dessous me semblait moins intéressant, je voyais sur ma carte plein de bleds avec des zones en orange (les agglomérations). J'ai ensuite suivi la côte, m'octroyant un arrêt à Peregian Beach, indiquée comme à voir sur mon guide. Ici les plages sont toutes interchangeables, comme sur la côte landaise. C'est une même et seule plage, rectiligne, avec des dunes, des rouleaux et de temps en temps des fanions indiquant les zones surveillées par des maîtres sauveteurs qui doivent se faire chier à scruter un horizon vide depuis leur 4x4. Car il n'y avait personne sur la plage, pas même une mouette ! Les surfeurs préfèrent être au delà et plus loin du rivage. J'ai donc repris la route jusqu'au prochain arrêt, Sunshine Beach, situé à l'orée du parc national de Noosa, pour acheter un sandwich que j'ai consommé en me baladant dans le parc.


Au milieu du parc se trouve une superbe plage, Alexandria Beach, complètement sauvage, qui demande une heure de marche pour y parvenir. C'est aussi l'une des rares en Australie où on peut se baigner à poil. J'avais téléchargé un plan du parc national avec les sentiers, qui m'a été très utile pour trouver le chemin depuis Sunshine Beach. Il faut se garer à Parkedge Road, l'autre accès par Mc Anally Drive, plus court, ne disposant que peu de places de parking et toutes prises d'assaut. Je guettais dans les eucalyptus pour voir s'il n'y avait pas un koala en train de roupiller. A la place j'ai trouvé par terre en train de fouiner des espèces d'énormes dindons noirs et hideux avec une tête rouge qui leur donne l'impression d'être pelée. La plage est comme ce à quoi je m'attendais, déserte sauf à une extrémité où se concentrent quelques naturistes. A l'autre bout, il y a un autre chemin d'accès depuis Noosa.
J'ai passé la journée à explorer la plage et ses alentours. J'avais laissé le sac avec toutes mes affaires dans un endroit, à l'ombre (la plage est bordée d'arbres et quand on se met à flanc de dune, on bénéficie de leur ombre). Je n'étais pas très rassuré, avec mes habituels objets de valeur et papiers. Mais j'étais suffisamment en retrait du passage pour que ça ne suscite pas l'attention. Et puis ici il n'y a que des naturistes, des surfeurs la planche sous le bras et des randonneurs qui parcourent le parc à la journée, pas trop la clientèle à faucher quoi que ce soit. La plage est super dangereuse ce qui explique qu'il n'y ait que des surfeurs dans l'eau... et moi. Même en restant au bord, il y a des courants de folie qui entraînent vers le large. Mais pas tout le temps, ce qui est encore plus traître. On peut se croire dans un endroit calme puis subitement la mer se retire comme si un tsunami arrivait. Je n'ai jamais vu de courant si puissant. 
Malgré de l'eau au maillot et les pieds bien calés dans le sable, j'avais un mal fou à résister à la force du courant et mes jambes en tremblaient. D'ailleurs il y a de nombreux panneaux indiquant que la baignade est très dangereuse, voire interdite dans la partie sud de la plage. C'est là où des vagues énormes viennent s'écraser sur des rochers en des gerbes impressionnantes. La plage est en fait dans une baie, encerclé de falaises. En allant vers Noosa, à 500 mètres seulement de la plage on arrive à uneendroit appelé Hell's gate, un genre de trou d'eau où même un phoque n'arriverait pas à surnager. La mer se nomme ici Coral Sea et 5 kilomètres plus loin, alors que rien n'a changé, ça s'appelle à nouveau le Pacifique Sud. Ne me demandez pas pourquoi, les frontières donnant les noms aux mers sont parfois un peu stupides.
L'inconvénient de la plage c'est qu'elle est exposée à l'est ce qui fait qu'elle se retrouve très rapidement complètement à l'ombre, dès 15h30. C'est mal fait, alors que je recherche l'ombre jusque vers 16 heures pour me protéger, quand je cherche le soleil, il disparaît caché par la végétation. J'ai finalement trouvé un coin sur une plate-forme de sable, en surplomb du coin naturiste et ça faisait un peu celui qui vient là pour mater. Je m'en fous, j'ai ma conscience pour moi, les autres peuvent penser ce qu'ils veulent... Et puis quand bien même, pour mater quoi, vu l'âge de la clientèle ça n'émoustillerait même pas un marin parti en mer depuis des mois.
Y a un truc, c'est que j'ai dû changer d'heure à nouveau. Une heure en moins. Le record du changement d'heure c'était Adélaïde : 30 minutes. Je ne vois pas l'intérêt. Ici pas plus, car si je me mets à l'heure locale, il fait nuit à 18h30 et jour à 5 heures. 
Je suis donc resté à celle de Sydney, ça m'arrange mieux. En rentrant de la plage, j'ai trouvé un coin où planter la tente, à quelques minutes de marche de l'entrée du parc. C'est interdit mais il n'y a pas de panneau qui l'indique, je pourrais toujours jouer l'innocent. De toute façon je n'ai pas d'autre option, ce n'est pas faute d'avoir parcouru près d'une heure en voiture à la recherche d'un plan B, tout ce que j'ai trouvé c'est un bord de rivière avec des maisons juste derrière avec certainement des clebs enclins à aboyer à n'importe quel moment si j'en jugeais par le nombre de personnes qui se baladaient avec leur chien. Si j'avais eu un campervan cela aurait bien plus facile, je les ai tous vus stationner à Noosa Heads, une station balnéaire au pied du parc national, qui regorge de boutiques de luxe et de restaurants aux épaisses nappes blanches et serveurs en nœud papillon, au gilet noir ouvert sur une chemise blanche qui vous accueillent un bras dans le dos. Ce n'est pas ici que j'ai mangé, vu le standing, j'ai préféré prendre mon dîner à Noosa Junction, où j'ai trouvé un restaurant italien au milieu des KFC et autres Subway. C'était très bon, tenu par de vraies siciliennes, même si les portions étaient peu copieuses et que j'ai dû me coltiner un gosse qui poussait des salves de braillements qui émerveillaient les gens « He will be a singer »...

Noosa Laguna Lookout


vendredi 3 février 2012

Pas d'été pour Sydney


Ici les gens se lamentent car ils ont eu un long hiver et maintenant qu'on est en plein cœur de l'été ils l'attendent toujours. De mémoire d'australien, ils n'avaient jamais vu ça. De la pluie, encore, et seulement 18 pénibles degrés qui donnent un festival de trottoirs noirs et luisants, de parapluies et de gens qui marchent le pas pressé entre les gouttes. On se croirait à Londres ! Tout le monde dit qu'il est en train de se passer quelque chose au niveau de la planète et qu'on ne peut plus l'ignorer. Qu'avons nous fait de notre monde ? Vers quoi va-t-on ? Que devront supporter les générations futures ? Les gens continuent à faire des gosses mais les habitudes ne changent pas, quel cadeau empoisonné nous leur laissons, ils nous maudiront pour notre aveuglement et persévérance à aller la tête droit dans le mur.
Pour Seb et sa grand-mère. Saint Andrew Cathedral
En faisant mes bagages, je me suis rendu compte que mon pantalon avait disparu. Impossible de me souvenir de la dernière fois que je l'ai vu. Il faut quand même le faire pour paumer ça ! Ce n'est pas que j'en ai besoin mais en Asie avec le paludisme j'en aurai bien besoin pour couvrir mes gambettes comme à Maupiti. Aussi je suis retourné faire du shopping à la recherche d'un pantalon léger, style un pyjama qui pourrait aussi passer pour le mettre le soir l'air de rien. Je n'ai rien trouvé. Un bas de pyjama moche à 40 euros, merci! Chez Gap pas non plus de survêtement, je croyais pourtant que c'était leur spécialité. Je me dis que trouverai bien un sarong ou un truc du style sur place. En attendant j'ai trouvé un masque de plongée, je vais pouvoir recommencer à batifoler avec les poissons. Par contre je n'ai pas trouvé d'oreiller gonflable pour remplacer celui que j'avais qui est crevé (merci les saloperies Made in China !). Ils n'ont que des des trucs pour soutenir la nuque dans les avions mais ce n'est pas du tout pratique à utiliser quand on dort à plat.
Pour la Malaisie, ça s'arrange, je vais finalement passer deux semaines à Bornéo au lieu d'une, mon billet était échangeable. C'est tant mieux car il y a plein de trucs de vie sauvage à y voir et une semaine était trop juste. Par contre, pour les Philippines, je dois attendre 5 jours avant la date prévue de départ pour voir s'il reste de la place à bord d'un avion qui assure la liaison en priorité pour les clients des hôtels de luxe. Croisons les doigts ! Dans 10 jours commence mon expérience ultime de Robinson largué avec un kayak, des vivres, une carte et du matériel pour camper. J'appréhende un peu, abandonné comme ça dans la nature sauvage et coupé de tout. En prévision de cet épisode, je me coltine tout un tas de batteries depuis que je suis parti pour me permettre de faire des photos pendant les 9 jours que durera cette aventure. Car j'irai d'île déserte en île déserte. Ce sera dans les Rock Islands, du 17 au 26 février. Aussi ne vous inquiétez pas durant cette période si vous n'avez aucune nouvelle de moi, c'est juste pas possible, je serai retranché du monde.
Moderne, l'auberge, non?
Demain je pars pour Brisbane (prononcez Brisbine) et quand je marchais ce soir dans les rues de Sydney je songeais que c'était la dernière fois. J'en ai donc profité pour faire quelques photos de nuit, vu le temps ça rend mieux la nuit ! Je voulais monter sur le Harbour Bridge également mais je tombais de sommeil alors je suis rentré à l'auberge. Il y a deux jours j'étais allé à la réception pour demander si je pouvais changer de chambre, pour la raison que juste en dessous de la fenêtre se trouvait un pub avec des gens avinés qui braillaient jusque tard dans la nuit. Ce qui est vrai surtout le week-end, mais la raison principale est que j'avais un gros porc qui ronflait comme l'un d'eux et faisait sécher ses slips cradingues tout autour de son lit comme autant de fanions d'une banderole ! Ce que je ne pouvais dire à la réception car ils m'auraient répondu que je suis dans un dortoir, aussi où qu'ils me mettent il y aura toujours potentiellement un ronfleur. Ils m'ont déplacé dans un dortoir donnant sur The Big Dig (ça me fait toujours penser à autre chose...), un endroit au milieu de l'auberge où ils sont en train de creuser à la recherche de trésors archéologiques. Pas un bruit par là, les ruines, c'est discret. Ils ont dû aussi penser qu'ils avaient affaire à un chieur car je suis tout seul dans le dortoir. Ce qui ne me déplaît pas ! Je peux me coucher à l'heure que je veux, me balader à poil si le cœur m'en dit et laisser la porte des chiottes ouverte. Une chambre pour moi tout seul, c'est le luxe avant de recommencer le camping sauvage dans le Queensland. Je voulais laisser mon sac de couchage au centre des objets donnés de l'auberge mais je me suis ravisé, on ne sait jamais quelle température je peux trouver la nuit par là bas, avec cet été détraqué...

jeudi 2 février 2012

Sydney Harbour National Park

J'ai lu sur mon guide qu'il y avait un parc national dans Sydney qui valait le coup d’œil et qui pouvait se visiter au cours d'une randonnée de plusieurs kilomètres. Mais ils n'expliquaient pas comment s'y rendre depuis le centre ville. Je suis donc allé demander au centre d'information qui se trouve à deux pas de l'auberge. Le problème est qu'il pleut aujourd'hui et question balade on ne peut pas dire que ce soit l'idéal. La fille à l'accueil m'a dit que ce n'était pas un problème, que c'était aussi joli sous la pluie et que de toute façon on marchait la plupart du temps sous la canopée, donc à l'abri des intempéries. Et puis j'ai mon fameux poncho qui pue l'eau croupie, alors on est sauf !
Pour l'itinéraire j'ai entre les mains un plan des lignes de bus qui se rendent à Manly, avec pour directive de descendre à Spit Bridge. Ensuite, j'ai une autre brochure qui détaille le sentier à prendre avec un plan jusqu'à Manly. De Manly je prends ensuite le ferry pour retourner à Circular Qay. Facile ! Sauf que pour prendre le bus il faut aller au terminus à Wineyard, ce qui n'est pas une difficulté en soi car c'est à deux pas, mais le problème est que l'on ne peut pas acheter de tickets à bord et qu'on doit se les procurer dans des points de vente, sans que ceux ci ne soient mentionnés. J'ai tourné en rond autour de la place pour tenter d'apercevoir une agence de voyage, un kiosque ou quoi que ce soit, rien ! Je commençais à abandonner la partie (mais que faire d'autre à Sydney un jour de pluie, je n'ai plus de shopping à faire ?) quand une femme avec un gilet jaune fluo m'a demandé si elle pouvait m'être utile. 
Je lui ai expliqué mes soucis de ticket et m'a montré une supérette où je pourrais en trouver. La supérette est un genre de couloir où ils ne vendent que des saloperies en sachet aluminisé tenue par des asiatiques. J'ai demandé un ticket de bus d'un air un peu incrédule et j'ai été surpris que la vendeuse me tende un ticket à 4,5 dollars.
Après, il a fallu trouver la ligne adéquate. Dans une liste de 30 lignes qui peuvent potentiellement s'y rendre et une place qui compte des arrêts allant de la lettre A à P, pas facile de savoir où donner de la tête. Quand un bus arrivait, il fallait que je note son numéro et compare vite fait qu'il était sur la liste, sachant qu'elle n'est pas pas ordre alphabétique et bien souvent quand j'avais la réponse à ma recherche le bus était déjà parti ! Ou alors quand j'ai voulu monter dans l'un qui portait la bonne lettre, j'ai retrouvé aux commandes la bonne femme au gilet jaune qui m'a dit que malheureusement elle ne s'arrêtait pas cette fois à Spit Bridge. 
Bref, galère, ça me rappelait un peu l'épisode catastrophique des bus à Nouméa, des fréquences en plus. Finalement est passé le bus 179 qui pouvait m'emmener. J'ai demandé confirmation au chauffeur qui m'a demandé si j'y allais pour faire la randonnée. Sans doute que les gens qui descendent à Spit Bridge y vont tous pour ça.
Alors qu'il n'y avait aucune annonce à chaque arrêt, et pas de panneau non plus pour vérifier le nom de l'arrêt, le chauffeur a lâché un moment « Spit Bridge ». Sans doute à mon attention vu que j'étais le seul à descendre. Alors que je passais près de lui, il m'a indiqué le chemin à suivre, qu'il fallait marcher sur le pont puis prendre un escalier sur la gauche qui permet de passer dessous de l'autre côté et il m'a souhaité une bonne promenade avec un grand sourire. Sympa, entre lui et l'autre au gilet jaune, leurs conseils m'auront été précieux, sans que je les sollicite. C'est ça l'esprit australien.
La traversée du pont m'a semblé interminable avec un défilé non stop de camions qui m'éclaboussaient, un vacarme assourdissant et des vapeurs de pots d'échappements. Le pont passe au dessus d'un bras de mer comme il y en a plein à Sydney avec une marina de l'autre côté sur le quai de laquelle des pécheurs ont pris place et où des kayakistes se baladent. 
Au début, le sentier longe des propriétés de luxe, tout en baie vitrée avec vue imprenable sur les bras de mer et Sydney en toile de fond. On n'est pas loin du centre ville, le bus a mis moins d'une demie heure. J'ai même vu des piscines en verre, comme des aquariums, qui se terminaient au bout de la terrasse. Je ne savais pas que ça existait. Tout ça avec des jardins luxuriants, des palmiers, des bananiers et même des frangipaniers en fleur dont j'en ai cueilli une que j'allais chercher dans la poche de mon sweat-shirt de temps en temps pour m’enivrer de son odeur. Ici pas de code de l'urbanisme à la noix, les architectes ont carte blanche et on voit tout style de bicoques dont mes préférées sont de loin les modernes tout en verre, bois et aluminium. On s'en fout de la pierre et du parpaing ! On voit tout l'intérieur depuis l'extérieur, de grands espaces sans cloison. Les habitants doivent avoir l'impression de vivre un peu dehors, c'est ça que j'aime.
La balade suit un sentier entre les maisons et le rivage, entrecoupé de temps à autre par des cascades et bordé de fleurs sauvages et de fougères de toutes sortes dont des arborescentes. Il y a plusieurs itinéraires possibles car le plus court n'est pas praticable à marée haute. Le sentier au final fait un peu plus de 9 kilomètres et au bout d'un moment on pénètre dans le parc national. Je trouve qu'ils ont un peu le parc national facile. C'est tout juste un espace préservé de toute construction à flanc de rivage mais avec des rues et des maisons en haut. Un peu comme un sentier du littoral. En France, ça ne s’appellerait pas un parc national mais une forêt domaniale ou une réserve.
Le temps au bout d'un moment a empiré. La pluie n'a jamais cessé de tomber depuis que je suis levé mais à présent elle est un peu plus drue et le poncho est devenu indispensable. 
Je n'arrivais même plus à prendre la moindre photo. Impossible de pointer l'appareil vers un sujet, au bout d'une seconde j'avais des gouttes sur l'objectif. Rapidement je n'ai pas tarder à ruisseler, l'eau dégoulinant le long des bras et des cuisses. Il faudrait peut être que je trouve un autre poncho plus couvrant, qui descende en dessous des genoux et couvre les bras complètement. Ça existe, j'en ai vu. Avec le temps qu'il fait tous les ponchos sont de sortie. Je n'ai pas croisé grand monde mais quelques personnes en poncho ou parapluie qui faisaient aussi la balade, mais dans l'autre sens. Arrivé à peu près à la moitié du parcours il y a un site de gravures sur des rochers. Ce sont les aborigènes du groupe Eora qui en sont l'auteur. Le site est très précieux car c'est l'un des rares vestiges qui reste de leur présence sur Sydney, les autres ayant été détruits pour construire la ville. Les gravures représentent des kangourous, des poissons ou des filets.
A partir de là le temps est devenu tellement épouvantable que j'ai arrêté toute photo et pressé le pas, ayant hâte d'en finir et de me retrouver au sec. A Manly je ne suis même pas allé voir la plage de surfeur de l'autre côté du quai, célèbre pour être pourtant l'un des plus belles de Sydney. Pour voir quoi ? Tout à présent était dans une espèces de brume créée par un rideau de pluie. J'ai attendu le ferry qui n'a pas tardé à pointer son nez. La croisière doit être très jolie par beau temps, on traverse plein de bras de mer, avec des vues sur des petits ports, des marinas, de belles villas et toujours la forêt à l'embouchure des bras de mer. Le Sydney National Park est en fait morcelé et présent partout à chacun de ces carrefours. J'y ai vu ces perroquets célèbres, de toutes les couleurs, rouge, vert, bleu et jaune mais ils sont passés au dessus de moi en jacassant sans que je puisse les prendre en photo. Mais ce n'est pas grave, il paraît qu'il y en a plein dans le Queensland.
A propos, je ne peux plus louer de campervan, j'ai trop tardé, c'est désormais complet. Il ne reste que les plus chers. A la place j'ai loué une voiture, chez Budget cette fois ci. Car en vérifiant mon compte en banque je me suis aperçu qu'Europcar avait débité 47 euros le 28 janvier, jour de mon départ d'Hobart. Je crois me souvenir qu'ils facturaient 60 dollars pour voiture sale. Pourtant j'avais passé des heures à tout briquer à l'extérieur et a essuyer l'intérieur, secouer les tapis et ramasser les petits cailloux un par un à la main. Mais avec leur mention comme quoi le véhicule doit être rendu dans le même état que loué, c'est la porte ouverte à ce genre de faux frais. A partir du moment où l'on met un pied dans la voiture, elle n'est plus aussi propre qu'avant, peu importe où l'on aille. Franchement, c'est de l'abus !

mercredi 1 février 2012

Back to Sydney


Pas de photo aujourd'hui, c'est un temps maussade entrecoupé d'averses qui sévit sur Sydney avec un pénible 18 degrés. Je n'ai donc pas fait grand chose à part un peu de shopping au cours duquel je me suis acheté un nouveau bermuda pour remplacer celui que je portais depuis le début, qui a bien souffert depuis et était couvert de trous. On me voyait le cul à travers !J'ai fait le troc directement dans les toilettes du magasin et l'ancien a fini au fond d'une poubelle. C'est une fin tragique qui me fait beaucoup de peine. C'était mon fidèle compagnon d'aventures depuis plusieurs années qui m'avait accompagné en République Dominicaine, Martinique, Grenadines, Dominique, Thaïlande, Île Maurice, Maldives, Inde, Canaries, Baléares, Sardaigne et Grèce, pour nommer que ceux là. Vous ne verrez donc plus de photos de mon sempiternel Billabong aux motifs camouflage qui ne camouflait plus rien !
Petit cours de langue, j'ai appris quelques expressions qu'au début je ne comprenais pas. Avec leur accent, ils enchaînent les mots pour n'en former qu'un seul et c'est après réflexion qu'on arrive à séparer les mots. Ainsi pour dire bonjour ils peuvent dire « Good Day » qui donne en fait « Goudé », ou « Hi guy » qui ressemble à « Aïga ». Et pour dire « de rien » ou « pas de problème », ils sortent à tout bout de champ « no worries ». J'apprends donc des expressions de la vie courante que l'on ne nous apprend guère à l'école. Du coup on a l'air cruche. Tout le monde me demande si je suis français, quand je n'ai pas droit spontanément à un « merci » ou «au revoir ». Pourtant il ne me semble pas que mon accent soit si atroce que ça, comparé aux autres français que j'entends et qui me font de la peine pour notre pays. Une fois au restaurant à Kangaroo Island, il y avait une famille de français avec laquelle le serveur essayait de discuter. J'ai cru qu'ils lui parlaient en français, il y avait des « euh » à chaque mot, la prononciation des lettres était la même que si c'était des mots français, un môme en sixième aurait fait mieux. Comme il commençait à pleuvoir trois gouttes, le père de famille avait lâcher péniblement s’arrêtant après chaque mot : « Renne ine maï bireu no goude ». Je crois que je m'en sors mieux ! Ce soir à l'auberge de jeunesse, alors que je demandais où trouver une étiquette à apposer sur mon sac de nourriture pour le frigo commun, la fille m'a répondu « Don't speak anglais » et a appelé son mari à l'aide. Je l'ai tout de suite mise à l'aise en lui parlant en français, ça l'a libérée d'un stress. Elle s'en est allée en marmonnant « faut pas me parler anglais, hein ! ». On est des nuls ! A côté dans le dortoir j'ai fait la connaissance avec un chilien, on pourrait s'attendre qu'il s'en sorte péniblement, eh bien pas du tout, c'est à peine si je pouvais déceler un accent latin.
Ce soir j'en ai profité pour déterminer la suite de mon parcours en Australie. C'est la raison pour laquelle je suis revenu à Sydney, pour souffler et me permettre de planifier les changements de dernière minute. D'autant plus que plus rien ne va en Asie : je ne peux plus me rendre sur l'île de Tioman, ils ont supprimé les vols du jour où je comptais y aller et je ne veux pas attendre à Singapour pour ne pouvoir ensuite rester sur Tioman que 5 jours, jours de voyage inclus, ça ne vaut pas le coup. Je vais donc à la place sûrement étendre mon séjour à Bornéo. Pour Palawan, aux Philippines je suis aussi dans l'embarras, la seule compagnie qui faisait Manille-El Nido a stoppé ses vols pour cette destination et les alternatives font perdre des journées entières (bateau, bus...).
Ici, après consultation de la météo il s'avère que le temps est radieux à Brisbane dans un rayon de 300 kilomètres et ce à partir de samedi et pour toute la semaine prochaine. Après, plus au nord, c'est « thunderstorms, rain, showers.... ». Je vais donc prendre un vol pour là bas samedi et je resterai dans le secteur. Il y a suffisamment de belles choses à voir au nord de Brisbane pour occuper une semaine : Sunshine Coast et Fraser Island. J'ai demandé des devis pour avoir un campervan, j'en ai un peu marre de la tente. Et puis comme on n'est plus en période de vacances scolaires, les prix sont redevenus raisonnables et un campervan ne coûte que 15 dollars de plus qu'une voiture. D'un autre côté je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur plan que de dormir dans une voiture quand il fait 30 degrés dehors la nuit (climat tropical). A voir...
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