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lundi 23 avril 2012

Départ de Koh Tarutao pour Langkawi


Koh Khai
Je suis triste de partir ce matin. C'est plein de vie ici, j'ai l'impression de laisser une part de rêve et d'innocence. Une partie aussi de sensations que je ne retrouverai sans doute pas avant très longtemps. Elles seront différentes. Et le jour où je reviendrai le chaton sera devenu un chat, plus sage et plus tranquille. Le ranger qui me servait au restaurant m'a demandé de revenir l'année prochaine et m'a dit qu'il était content de m'avoir connu. Je pense que c'est sincère car les gardes sont ici sous leurs gardes si j'ose dire. On les sent en retrait. Il est vrai qu'ils voient défiler des gens qui viennent un jour ou deux et s'en vont, sans prendre le temps de leur parler. Certes, tous ne parlent pas anglais mais ce n'est pas une raison. Du coup ça ne les pousse pas à être avenants. J'ai toujours un sourire pour eux, un hello, un signe de la main ou de la tête quand je les croise. Le langage du corps est parfois plus important que le reste. C'est ainsi qu'on apprivoise les gens au fur et à mesure, ils se rendent compte qu'on n'est pas méchant et qu'on les respecte. Il n'y en avait qu'un réfractaire à cette méthode c’est le rasta du Bila Beach. Pourtant il terminait ses mails lors de la réservation pas des « love ». Aussi je suis tombé de haut quand je l'ai vu.
Ça c'est du ciel noir!
Au moment de payer la note il y avait aussi Anne-Laure qui réglait la sienne pendant que je rangeais mes affaires dans le sac que j'avais laissé dans la loge de la réception. Anne-Laure est très avenante, souriante et rigolote et on a parlé avec le réceptionniste qui est aussi un garde. En fait ils sont tous gardes ici, ils sont là à demeure, même quand plus personne ne vient. En effet, de mai à octobre c'est la mousson et les liaisons maritimes sont coupées. Mais ils restent là pour s'occuper de l'île, des animaux, des infrastructures. Sacrée vie ! Même si c'est chouette, je ne me vois pas vivre ici indéfiniment. A moins d’être un vrai homme des bois. Il y a de moins en moins de monde au camp. On est en fin de saison, Les gens ne vont plus venir, c'est bientôt le mois de mail, il ne fait plus bien froid dans l'hémisphère nord et avec la mousson qui pointe son nez, ça n'incite pas à venir. C'est donc ça, ces orages quotidiens. Ce sont les prémices de la mousson. Car je me souviens quand j’étais venu il y a deux ans en janvier, j’avais eu un temps radieux, soleil tous les jours pendant 15 jours. Il ne va donc plus rester que le russe et Gimmo. Si ça se trouve, ils vont finir par être oubliés là bas. Il sont autonomes, ils ne viennent jamais manger quoi que ce soit au restaurant. Certes, c'est à 4 kilomètres mais par la plage ça se fait vite. Mais ils sont mieux ainsi et je les comprends. Ils veulent aller au bout de leur communion avec la nature et avec Koh Tarutao.

Koh Tarutao s'éloigne...

Koh Khai
Pour la note, j'ai eu la surprise du siècle. Je n'ai pas du tout payer 300 baths comme ce qu'ils m'avaient annoncé en arrivant. Ça me semblait aussi beaucoup, deux fois moins seulement qu'un bungalow alors que j'ai tout mon matériel. Pour Anne-Laure ils lui avaient demandé 225 baths alors que la tente est fournie et déjà dressée. J’avais donc une base de négociation. Mais je n'ai pas eu à négocier quoi que ce soit, le garde m'a demandé d'emblée 150 baths. Sauf que c'était le prix total. Comme je n'en revenais pas, il m'a montré sa calculette. La nuit était donc au prix défiant toute concurrence de 30 baths la nuit soit 80 centimes d'euro ! A ce tarif, vous pouvez venir sur une île déserte, camper sur une plage merveilleuse et jouer aux Robinson pour 25 euros le mois. Vous n'aurez plus qu'à rajouter le prix de l'avion et compter 800 baths par jour pour la nourriture (20 euros les 3 repas). Il n'y a plus besoin de voyager ailleurs. Je ne devrais pas dire cela, ça va attirer des hordes de backpackers. Et j'aimerais tant que cette île reste comme elle est. Mais je crois que peu de personnes sont prêtes à vivre sur une île déserte coupée de tout avec rien à faire hormis ce que la nature apporte. Les gens préféreront donc toujours poursuivre sur Koh lipe et c'est tant mieux !
Koh Khai
Quand Anne-Laure est partie, le réceptionniste m'a dit « you're alone, she's alone, then... » avec un grand sourire d'un air entendu. Ils ne pensent qu'à ça ici. D'une façon générale les asiatiques ont du mal à concevoir que des gens voyagent seuls, ils sont toujours surpris. Et puis surtout ils imaginent que les filles seules sont forcément des filles en manque de sexe, donc des filles faciles. Anne-Laure n'a pas arrêté d’être emmerdée. Il faut dire elle est toute fraîche et n'a que 20 ans. Elle a une innocence que d'autres voudraient bien pervertir. Je suis étonné de voir tous ces jeunes qui voyagent et que j'ai vus dans ce tour du monde. Souvent je suis le plus vieux où que j'aille, faisant me sentir comme un vieux croûton. Je pense que c'est générationnel. Personne de 20 ans dans les années 90 ne voyageait. Il faut dire internet n'existait pas, c'était un peu plus compliqué de voyager, peut être plus l'aventure aussi. Et puis les prix des billets d'avion étaient plus élevés. Mais surtout je pense que les mentalités ont évolué. Avant il fallait surtout ne pas avoir de trou dans son CV, encore moins avant de commencer à travailler. Cette idée a l'air d'être passée de mode car beaucoup de ceux qui voyagent viennent de terminer leurs études et ne sont pas effrayés par un trou et une recherche d'emploi à leur retour. Pour ma part je préfère quand même quoi que j'en dise avoir un travail qui m'attend. Si je devais passer des entretiens d'embauche à mon retour, écrire des lettres de motivation et toute cette foire aux guignols, après un tour du monde je ne suis pas sûr que je serais bien performant ! Reste un mystère pour moi : où puisent ils l'argent pour partir ? Car routard ou pas, ça reste un sacré budget. En tout cas c'est une bonne chose, ça leur ouvre les yeux plus tôt, je suis sur qu'ils auront une autre vision sur la société et le monde du travail suite à ça.
Koh Khai
Sur le bateau pour Koh lipe il y avait un américain du Tennessee, fort étonné que je parle si bien anglais (il ne fait pas exagérer non plus). En effet il était venu en février à Paris et personne n'arrivait à communiquer avec lui. Il m'a demandé pourquoi j'étais différent des autres. Je lui ai répondu que c'était peut être avec les voyages... En même temps j’étais étonné moi même d'avoir une conversation avec un américain, d'ordinaire je ne les comprends pas. Peut être ai-je fait des progrès. Il faut dire que sur 7 mois j'ai dû parler anglais 6 mois, alors ça doit bien aider un peu... L'américain me racontait qu'aux États-Unis ils n'avaient que deux semaines de congés. Je le savais déjà, c'est souvent montré comme modèle par ces français qui pensent qu'on a trop de vacances et qu'on ferait mieux de les imiter. Sauf que lui ne partage pas cet avis du tout. Il me disait qu'avec deux semaines les gens deviennent fous là bas, ils ne décompressent jamais. Lui il a tout quitté, il ne sait même pas s'il reviendra un jour aux États-Unis. En attendant il vit de petits boulots à droite à gauche. Un alternatif. Chapeau pour un américain ! Car pour sortir du système en étant dans un pays encore plus conditionné sur la réussite et la matérialisme que le nôtre, c'est un exploit ! L' « american dream » en prend du plomb dans l'aile.
Langkawi
Quand on a quitté Koh Tarutao, je me suis tourné face à l'île que personne ne regardait. Et je souriais en contemplant ses côtes qui me sont désormais familières. Quand on est passé devant la plage d'Ao Molae, j'ai eu envie de faire un au revoir de la main, comme à un ami cher qu'on quitte. Avec un bateau plein à ras-bord et des gens autour de moi, je me suis abstenu. J'aurais dû laisser parler mon cœur... En chemin on s’est arrêté à Koh Khai, un petit îlot contenu dans le parc de Tarutao, cerné d'une plage de sable blanc avec un rocher qui forme une arche dans un coin. On a été autorisé à poser un pied pour faire des photos de plus près. J'ai préféré aller piquer une tète, la chaleur sur le bateau en plein soleil étant écrasante. Au final on aura mis deux heures pour rejoindre Koh Lipe. Il ne me restait plus que deux heures avant le bateau que je dois prendre pour Langkawi, celui là même où ils demandent d’être là deux heures et demie avant.
Langkawi
En plus, je ne sais pas pourquoi mais le bateau s’est arrêté à Sunrise Beach et non Pattaya comme à l'aller. Il a donc fallu prendre un long tail boat, ce qui a fait perdre un peu plus de temps, surtout que le mien servait de passage aux autres passagers pour aller dans d'autres bateaux. Le temps que tous les autres aient embarqué, on s’est retrouvé charger de sacs de riz qu'ils sont allés déposer à Sunrise Beach. C'était le beau bordel et les pauvres russes qui ont quitté Tarutao avec moi doivent se demander ce qu'ils font là. A moins qu'ils aiment ! Pour ma part j'ai attendu avec impatience que l'on parte pour Langkawi. J'ai fait un rejet encore plus fort que la première fois, allant à me demander comment j’avais pu rester 5 jours à Koh Lipe. Pourtant j'avoue que les plages sont très belles. Mais avec ce monde et ce bruit, c'est un enfer, un paradis à clebs qui adorent quand c'est le bordel. J'ai essayé d'imaginer cette île sans rien, avant que les gîtes et le gens ne viennent. Ce devait être très beau. Comment ont ils pu abîmer une si jolie île ? Mais il y a des gens qui adorent Koh Lipe et qui y ont trouvé le paradis qu'ils cherchaient, s'installant et montant des gîtes, comme ce restaurant tenu par une anglaise. Preuve qu'il en faut pour tous les goûts... Ceci dit, il y a pire ! Il y fait chaud toute l'année au moins ici. Et pour quelqu'un exilé ça doit être plus agréable que sur Tarutao. Il y a de l'animation, des gens...

3 commentaires:

  1. Bonjour, je suis heureux que tu ait été séduit par cette île, j'y viens presque tous les ans depuis une dizaine d'années et je ne m'en lasse pas. J'ai échoué ici en venant de Malaisie, je cherchais une île tranquille et je l'ai trouvée... Je n'ai jamais essayé les bungalows: trop civilisé! donc je campe, le plus loin possible sur la plage d'Ao Molae. Pas de full moon parties, pas de bars à putes, ni rien de ce qui attire le chaland moyen, juste la forêt magnifique, la mer tiède et les bestioles. Je me tape des journées de marche en forêt, seul dans le vert et j'ai un frisson de plaisir rien que d'y penser. Je me suis même dégotté une plage, accessible seulement par la mer ou en traversant un bout de jungle, plus tranquille, tu peux pas! Par chance, il n'y à pas non plus de spot de plongée, la plupart des gens ne restent pas plus de 3 ou 4 jours. Mais je connais un Italien, encore un fêlé, qui reste 2 mois. Pour l'instant je n'ai pas dépassé 3 semaines, mais la prochaine fois,(Janvier 2013) je pense y passer un mois et faire des bivouacs pour dormir la nuit dans la jungle (j'en suis tout excité!)Bref, je suis rassuré de voir qu'il n'est pas totalement anormal d'aimer cet endroit tout en espérant que nous resterons peu nombreux!
    Si tu as un moment, passe sur mon blog: outremeraindigo.blogspot.fr, j'y ai laissé un diaporama de mes dernières balades dans la jungle, en janvier de cette année...A plus
    JIPE

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    1. Bonjour, ton message confirme ce que j'écrivais : on ne vient pas la par hasard et ceux qui y restent sont comme envoutés. Je ne sais pas ce qu'a cette ile, snas doute l'un des seuls endroits sur terre completement préservés où l'on peut vivre en Robinson sans se faire déloger. On peut y vivre comme on le souhaite et vivre au plus pres de la nature. Quand j'y repense c'est toujours avce les larmes aux yeux de bonheur. Je comprends que tu veuilles y retourner tres vite. On ne s'y ennuie jamais pourtant j'avais entendu des gens qui disaient qu'il n'y avait rien à faire, ce qui explique que les gens ne restent pas. Tant pis pour eux et tant mieux pour nous! Ca fait du bien de voir qu'on est encore quelques fous à apprécier un tel cadeau que la nature nous fait!

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  2. Hello Yvan,
    Comment vas tu?
    J'avais envie de voyager et comme je suis coincée chez moi dans le Nord..j'ai repensé à ton blog. Ca fait du bien de revoir ces photos, c'est vraiment un endroit magique, ça me semble presque irréel maintenant...Je me revois pourtant escalader les rochers et apercevoir Ao Molae... J'ai hâte d'y retourner, je vais peut être aller vivre en Thailande en janvier prochain pour 6 mois, je rêve en m'imaginant d'ores et déjà prendre le train pour descendre à Kho tarutao ... Je me demande si Gimmo a réussir à partir, je vais lui envoyer un mail pour savoir ce que devient l'homme des bois!
    C'était vraiment chouette, je t'avoue être nostalgique! Mais mon meilleur souvenir restera le bain étoilé ou Gimmo nous enseignait le flooding! :-)
    Ton projet d'un tour du monde pour 2014 avance? moi je vais me contenter de 15 jours en Turquie pour cette année, cest deja mieux que rien!
    Au plaisir, ça pourrait être sympa de se remémorer ces souvenirs autour d'un verre à l'occasion! (Je déménage à Paris en juin)
    Take care!
    Bises
    Anne-Laure
    PS: si tu me réponds fait le plutot via mail : anne-laure.lecareux@edhec.com

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