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lundi 16 avril 2012

Koh Rawi et Koh Adang


La sortie du jour était plus calme que la dernière. Nous n'étions pas les seuls à effectuer le parcours mais les bateaux se suivaient moins, rendant le mouvement plus fluide et les endroits moins peuplés. Par contre le temps ce matin n'était pas du tout réjouissant et je me demandais s'ils n'allaient pas tout annuler en raison de la météo. Un ciel noir et mou que rien ne faisait se déplacer. Je ne sais pas comment c'était de l'autre côté de l'île mais ici c'était sinistré. J'ai eu un mal fou à faire des prédictions en essayant de déterminer par où venaient les nuages. De toute façon ça ne changeait pas grand chose, d'où qu'ils viennent aucune éclaircie n'était visible. Et j'en ai eu la confirmation une fois passé côté Pattaya, bien que Langkwai et Koh Tarutao semblaient avoir pour une fois un temps plus clément avec moins de nuages. Simple illusion d'optique ? Tant pis si le temps n'est pas avec nous, la sortie aurait au moins le mérite de me distraire et puis une île sauvage sous un temps d'orage ça peut sans doute donner quelque chose d'intéressant en photo, du style truc du bout du monde. Ou de la fin des temps !
Pattaya Beach. Une sortie est elle bien raisonnable?
Le tonnerre grondait à nouveau, quand ça commence ce n'est jamais bon signe. Dès qu'on commence à l'entendre ça veut dire qu'il arrive. En revanche il a eu le mérite de chasser les nuages avec le vent qui s'était levé, provoquant des trouées d'un pâle soleil mais qui suffisaient à développer les contrastes. Ce matin nous sommes 5 à bord et pas de gilets rouges, que des thaïlandais. Je sais reconnaître les asiatiques du sud-est par opposition aux chinois, coréens et japonais en ceci qu'ils ont la peau plus sombre, comme des indiens. Là où les autres sont blancs comme des geishas. Ils ont aussi les yeux moins bridés. Et surtout ils ne se déplacent pas en bande, simplement en couple ou en famille. On nous a emmené à Sunrise Beach pour embarquer sur le long tail boat. Cette plage est la moins intéressante de toute l'île, si l'on omet sa partie nord que j'aime bien. En effet, elle est très sale, jonchées de plastiques et de détritus avec une pauvre végétation derrière qui essaye de se frayer un chemin entre les sacs plastiques. 
Les galets maudits
Et pourtant elle est très peuplée en hébergements. Il y a aussi un village avec école, hôpital et mosquée. Je ne sais pas ce que cette dernière vient faire là car ils n'ont pas l'air très assidus. Aucune femme n'est voilée et les chiens pullulent. C'est un endroit merveilleux de pouillasserie où les gens vivent à même le sol dans la crasse sous des cases en tôle ondulée déglinguées et affaissées quand ce n'est pas dans des tentes. Tout ça au milieu d'odeurs pestilentielles de poisson pourri qui a dépassé le stade de la pourriture. C'est là dedans qu'on a attendu que le bateau soit prêt. Finalement à Bila Beach ce n'est pas si mal... La nuit dernière ça été très calme. Le rasta qui ne sourit qu'à sa copine sur Skype a devancé les choses, téléphonant alors que je finissais de manger. Un bon point pour lui. Ou simple hasard. D'un autre côté le patron est là depuis deux jours. C'est peut être pour ça que les autres filent droit, ça la foutrait mal si je venais à me plaindre, ce qui n'est pas mon genre. 
J'adresse juste quelques demandes toujours avec la plus grande politesse et en souriant. Il a amené avec lui une fille qui est blessée et se déplace avec des béquilles. Pratique pour se rendre à son bungalow où il faut escalader dans la roche ! Pour le mien c'est pire, je dois marcher sur des rochers coupants en me tenant à une corde, à travers un passage où l'on ne peut poser qu'un pied. La nuit c'est épique, je me suis cassé la gueule déjà à plusieurs reprises, me rattrapant de justesse à des branches car après c'est la chute sur les rochers en contrebas ou la mer si l'on a plus de chance !
Le début de l'excursion est comme la fin de la précédente. Mêmes arrêts snorkeling et visite de l'île aux galets sacrés. Quelques minutes après que l'on s'y soit arrêté, l'orage a éclaté, passant surtout sur Koh Lipe à un kilomètre de là que l'on ne voyait plus du tout. 
Koh Rawi
Par chance j’avais pensé à emporter mon poncho, ce qui m'a permis de mettre les affaires à l'abri. Cette fois il fallait se rendre à l'évidence et dire adieu aux plages de rêve au sable blanc et à l'eau turquoise. Ce n'est pas grave, il y a la plongée pour se rattraper. Quand on a bifurqué juste après l'île aux galets pour prendre la direction de Koh Rawi, c'est là que les choses intéressantes ont vraiment commencé. Les sites de plongée sont plus beaux que ceux de l'autre tour. On s'est arrêté à nouveau en pleine mer en se tenant à une corde mais tous les poissons étaient là, nageant à contre courant pour rester immobiles, la gueule ouverte pour faire aspirateur. Ils étaient comme fous. Avec tout ce qu'il y avait en suspension dans l'eau, ils s’en donnaient à cœur joie et n'en avaient pus rien à faire de nous. Ils étaient tous pareils, les rayés bleu/vert et jaune. En se tournant dans le sens du courant on pouvait les voir tous tournés vers soi et je pouvais presque les toucher. Il y en avait énormément, ça faisait attaque de piranhas dans un bon film d'horreur. Cela ne semblent manger que du plancton, aucun n'a essayé de me brouter un orteil pour voir si c'était meilleur. Tant mieux, vu le nombre qu'ils étaient !
Koh Adang
Pour la pause déjeuner sur Koh Rawi, on a eu droit à l'apparition du soleil que je n'attendais plus. J'ai même dû me mettre à l'ombre. J'ai aussi tout quitté pour enfin faire des photos plus intéressantes que des clichés ternes que je m'étais résolu à prendre aujourd'hui. Plus que Koh Rawi, c'est l’île de Koh Adang juste en face qui vaut le détour. Elle est plus haute et couverte d'une jungle ininterrompue qu'aucun rocher n’arrête. C'est d'ailleurs là que nous sommes allés après le déjeuner. Nous devions rester une heure sur Koh Rawi mais les autres étaient déjà dans le bateau, sans doute pressés de découvrir Koh Adang. Ou alors c'est le capitaine qui parle l'anglais en onomatopées et ne ne sait peut être dire que « one hour » ! Ce n'était pas plus mal, surtout que le temps devenait de plus en plus beau. Pendant que les autres étaient partis plonger, j'ai rejoins la plage pour faire un saut en haut d'un rocher comme à mon habitude, en attendant d'avoir un plein soleil. Profitez donc des photos, je me donne du mal pour présenter les choses sous leur meilleur jour !
Koh Adang... de loin...
Après, je suis allé faire un tour dans l'eau et les fonds étaient remarquables. On était comme dans un sanctuaire à bénitiers, il y en avait partout. Pas des bénitiers géants mais une collection hallucinante de toutes les couleurs avec toutes les nuances possibles. Aucun n'était identique. Des bleus, des verts, des oranges, des violets... Toutes les couleurs étaient présentes. Ce qui est d'ailleurs extraordinaire c'est qu'aucun n’est de couleur unie, ils ont tous une robe tachetée. J'ai trouvé un superbe spécimen que je suis resté un long moment à contempler, vert émeraude aux reflets de velours, ourlé d'un liseré doré. ¨Pourquoi ont ils ces couleurs incroyables ? On dirait des fleurs des mers. Pour attirer quoi ? Ils ne font que filtrer l'eau, ils pourraient bien être marronnasses comme la plupart le sont ailleurs. Pour égayer le quotidien des petits poissons ? Ce sont les mystères de la nature. J'ai aussi croisé des poissons clowns d'une autre espèce. Après les traditionnels oranges et les rouges grenat de Palawan, ici ils ont le bout du museau et des nageoires orange et le corps zébré noir et blanc. Ça leur donne un air comique de bec de canard, le reste de la tête étant noire. On ne distingue d'ailleurs même pas leurs yeux.
Retour à Koh Lipe, Sunrise Beach, sous le soleil...
Cela faisait longtemps que je n'avais pas regretté d'avoir un appareil photo aquatique. Du coup ce soir je me suis empressé de commander un exemplaire d'occasion pour mon caisson étanche, un Ixus 60, celui que j'ai à la maison ayant des pixels morts. J'en ai trouvé un pour 50 euros frais de port inclus. Il faut dire que c'est un modèle qui date de 2007 et les matériels électroniques ne valent rapidement plus rien. Certes la vidéo n'est pas HD et sans zoom mais il fait de très bonnes photos. Je l'ai eu entre les mains pendant 3 ans. Avec ça je vais enfin pouvoir plonger sans l'angoisse de l'eau qui rentre. Par contre je ne sais pas quand je m'en servirai à nouveau. Peut être pour le Queensland l'an prochain. A ce sujet je me demande d'ailleurs si je dois poursuivre le blog ou en ouvrir un autre. Je penche plutôt pour la seconde option. Je trouve que cette idée de journal de voyage est une excellente idée que je compte utiliser pour mes prochains voyages. 
Ça permet de partager en temps réel et de garder un souvenir. Et surtout ça m'épargnera les traditionnels « alors, raconte ! » quand je suis de retour et qui se terminent toujours par un silence de ma part, ne sachant pas par quoi commencer. Un voyage ça se vit au jour le jour, c'est impossible à raconter après coup. Si je n’avais pas eu le blog pour ce tour du monde, je me serais contenté de dire les endroits que j'ai préférés et pourquoi ; et c'est tout. Et vous n'auriez rien saisi des subtilités.
Comme pour Koh Rawi où nous devions rester une heure, nous sommes partis de Koh Adang rapidement. Je me disais : des poses moins longues c'est plus d’arrêts. Eh bien pas du tout ! On a longé des plages superbes sans jamais y poser un pied, et nous sommes directement rentrer à Koh Lipe, deux heures d'avance sur l'horaire prévu. Il était à peine plus de 14 heures. Un vrai scandale. 
Bila Beach
Je voulais retourner à l'agence pour le signifier, frustré de n'avoir rien vu de Koh Adang alors que le beau temps était en plus de sortie. Mais ils m'ont proposé de me ramener directement au gîte. Pas fous, comme ça ils seraient sûrs que je n'allais rien dire. Bref, le tour a été gâché par une fin précipitée, un comble alors qu'on se pavanait quand il faisait mauvais. Là encore j'ai essayé de relativiser en me foutant dans un transat au Bila Beach tandis que le soleil se voilait à nouveau...

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