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mercredi 15 février 2012

Ritidian Beach


Les plages du nord ouest de Guam sont comme promis les plus belles. Ce qui est dommage c'est que pour y parvenir il faille longer des terrains militaires de l'US Air Force, ce qui donne l'impression de rouler dans un couloir sous haute surveillance. Ce qui est peut être le cas car des panneaux avertissent qu'il est interdit de s’arrêter et que des chiens dressés patrouillent le secteur, prêts à croquer tout ce qui met un pied à terre. Gare à la panne ou c’est la double peine ! Qu'est ce qu'ils ont eu à se mettre dans le plus beau coin, c'est honteux ! Dénaturer un si bel endroit. Il y a plein d'avions de chasse qui sillonnent le ciel, on se demande bien pourquoi. On dirait qu'on est en guerre. Une route défoncée pleine de nids de poule permet de rejoindre la côte. Au détour d'une colline, une très belle vue se dessine sur le secteur. C'est très sauvage, très vert et très dense. Pas besoin de leurs foutus barbelés, on ne pourrait de toute façon par rentrer.
Il y a un embranchement avant d'arriver à la pointe Ritidian qui permet de rejoindre Coco Palm Garden Beach par une piste pleine de flaques d'eau, de creux et de bosses dans lesquelles la voiture cogne tout le temps. Et ça dure ainsi des kilomètres, avec des travaux de construction de barricades tout le long dus à une extension du domaine militaire. J'ai croisé des quads qui faisaient un raid et qui, eux, s'éclataient dans les flaques. Il va falloir que je nettoie la voiture car on dirait que je reviens d'un safari. Il y a des projections de boue jusque sur le toit ! C'est la faute au temps, je n'ai jamais vu ça, il pleut plusieurs fois pas jour. C'est toujours le même déroulement. Ça commence par des nuages qui se font plus nombreux, puis le ciel s'obscurcit complètement. C'est le signal qu'il faut se mettre à l'abri car dans les minutes qui suivent les premières gouttes tombent qui en quelques secondes se transforment en pluie diluvienne. Après c'est variable. La pluie peut tomber 5 minutes comme une heure d'affilée mais après on voit des pans de ciel bleu qui reviennent. Le poncho ici est indispensable.
Coco Palm Garden Beach est une plage privée où le dernier chemin d'accès avertit qu'on entre dans une propriété privée et qu'on doit se déclarer à l'accueil pour s'acquitter d'un droit d'entrée. Comme je ne comptais pas rester, je me suis garé un peu avant, sur la bas côté et j'ai gagné la plage sur la pointe des pieds. La plage était noire de japonais qui se chamaillaient dans l'eau pendant que des filles participaient à une danse organisée par un G.O. pour mettre l'ambiance. Il y avait des chaises longues en plastique, toutes squattées (personne ne se met sur le sable) et un peu plus loin des espèces de bulles gigantesques formées de filets-moustiquaires qui englobaient des salons privés en plein air, à l'ombre des cocotiers. Sans doute la version deluxe ! J'ai laissé tout ce petit monde dans leur confort artificiel pour aller explorer plus au sud, de l'autre côté d'une pointe où je n'entendais plus que les vagues et où aucune trace de pas n'était venue souiller un beau sable vierge constitué d'une poudre de corail aux inclusions rosées. 
Le coin est magnifique, la plage est bordée de cocotiers à foison et de ces espèces de liserons des mers qui viennent gagner la plage pour tenter de s'approcher de la mer au plus près et qui donnent de grosses fleurs violettes. Je ne m'attendais pas à trouver une si belle plage. J'avais vu des photos sur internet mais il semblerait que le photographe ne soit pas très doué...
J'ai repris la voiture pour rejoindre la pointe nord, avec toujours dans l'idée de gagner Tarague Beach par la mer. Ça m'énerve parce qu'il y a un site internet que toute le monde peut consulter qui explique aux militaires et à leur famille tous les endroits où ils peuvent se rendre pour se détendre, avec toutes les informations pratiques et les personnes à contacter pour réserver. Il y a même des photos à l'appui avec des descriptifs pour allécher comme « Guam is a true Pacific Island paradise with coral ringed beaches, warm crystal clear waters for snorkeling, scuba diving or just lounging on the clean white sand».
C'est de la ségrégation. Ça devrait être interdit, le littoral devrait être à tout le monde et ils ne devraient mettre leurs foutus barbelés que derrière la plage. On n'a pas le droit de priver les gens de venir dans de si beaux endroits. D'une manière générale, on devrait être libre d'aller et venir où bon nous semble. Tout ce qui est propriété m'agace, que ce soit militaire ou autre, le résultat est le même, c'est une atteinte à notre liberté. Bientôt on nous parquera dans des endroits dédiés avec une laisse au cou !
En tout cas je ne sais pas si on peut rejoindre cette plage en contournant par la mer mais si c'est pour se retrouver avec un clebs aux trousses, ça ne me disait pas trop d'essayer. D'autant plus que la pointe Ritidian est assez éloignée de Tarague Beach et il m'aurait fallu marcher des kilomètres le long d'un rivage battu par les vents avec des rouleaux en furie qui viennent déferler là, la barrière de corail étant absente à ce niveau. 
Ritidian Beach
J'ai donc préféré me rendre à la plage de Ritidian qui est située dans une réserve naturelle et qui ferme à 16 heures. On peut se dire qu'une réserve c'est bien, que ça préservera l'endroit de la main mise des militaires, mais à vrai dire ça ne change pas grand chose, la seule différence est que la barrière est ouverte la journée. Mais on est épié par des gardes qui sillonnent la plage sur des quads pour voir où on est, ce qu'on fait... En fait la plage de Ritidian est la même que celle du Coco Palm Garden, elle se trouve dans son prolongement nord. De ce fait le paysage est identique, les gens en moins. Je me suis installé à l'ombre d'un cocotier, en prenant soin de vérifier la présence de noix de cocos au dessus. On ne sait jamais... Pour la baignade par contre, ce n'est pas forcément l'idéal car la barrière de corail est très réduite et présente seulement à quelques mètre du bord. Par conséquent l'eau est très tumultueuse avec beaucoup de courants et les coraux sont très près du rivage, obligeant à rester dans quelques petites piscines d'où le courant a tendance à nous extraire.
Le sable est aussi couvert de fourmis rouges très actives à la recherche de nourriture, qui n’arrêtaient pas de me grimper dessus et que je chassais tout le temps. Je suis allé explorer jusqu'au niveau d'une falaise où un mince filet d'eau ruisselait, alimenté par les pluies. Cela suffisait à faire le bonheur d'une multitude de gros papillons, toujours les mêmes, qui pullulent. Ils sont noirs avec des tâches circulaires bleutées et virevoltent toujours en bande. Ils étaient venus chercher un peu de fraîcheur, battant des ailes en même temps sans doute pour faire climatisation. Quand je suis revenu de la falaise, j'ai croisé un garde qui m'a demandé si j'étais seul et si j'avais vu d'autres personnes car ils fermaient dans 20 minutes. Pourtant il était à peine 15h15 mais il m'a expliqué que c'était pour laisser le temps de reprendre la voiture pour gagner l'entrée. Bref il m'a extirpé de ma rêvasserie et de la douce quiétude dans laquelle j'étais plongée. Chassé du paradis par un engin pétaradant! En tout cas j'y retournerai demain, c'est le mieux de Guam et il n'y a personne.
En reprenant la voiture un grain a éclaté juste au moment, je n'avais donc pas trop de regret à avoir quitté la plage si tôt. Pour m'occuper, je suis retourné dans un centre commercial à la recherche de ce qui me manque : un pantalon contre les moustiques (qu'il n'y a pas ici), de l'anti-moustique bien chimique et puissant, pas de ces espèces de trucs à la citronnelle qui ne les rebutent pas (j'avais bien vu à Maupiti), un poncho bien couvrant et des plats cuisinés. Car ici on trouve de tout, aussi j'en profite pour me ravitailler en vue de ce qui m'attend à Palau. Ça va être Koh Lanta, en pire ! D'ailleurs une saison a été tournée au même endroit que là où je vais faire du kayak. Coïncidence car ce n'est pas la raison qui m'a poussé à m'y rendre, je connaissais déjà l'endroit que je trouvais magique et que je rêvais d'explorer. Il n'y a pas 36 solutions pour le faire : soit des excursions à la journée qui sont trop courtes pour couvrir ce réseau d’îlots vierges et dodus qui semblent flotter sur un lagon turquoise, ou alors l'aventure ultime : largué avec un kayak, des vivres et une carte pour plusieurs jours en autosuffisance complète. Et ça se prépare. 
Il faut penser à tout. J'ai opté pour des plats cuisinés qu'il y a juste besoin de réchauffer. Car je n'aurai pas d'eau autre que celle pour boire, aussi pas question de s'en servir pour la cuisine. Je dois donc être capable de faire réchauffer des plats au bain marie dans de l'eau de mer. Et la vaisselle ce sera dans le lagon avec du sable! C'est pire que Koh Lanta dans le sens que je n'ai pas de fontaine d'eau fraîche à disposition, personne autour de moi pour m'aider et je n'ai pas non plus un médecin prompt à rappliquer si jamais il m'arrivait quelque chose. Je suis excité et inquiet en même temps. Inquiet à cause de l'organisation que ça demande et de la météo qui risque de me gâcher une partie du plaisir. Je n'aurai nul endroit où me mettre à l'abri la journée s'il pleut. Il faudra juste que je courbe l'échine en attendant que ça passe, avec mon poncho trop court. Ce qui me fait peur c'est s'il pleut toute la journée. Vue la violence des pluies, je ne serai pas capable de prendre le kayak, et même ce ne serait pas prudent car quand il pleut il n'y a plus aucune visibilité pour garder les îles comme repère. Et si je reste à terre, ça me retarde dans mon programme. Car j'ai un programme que j'ai constitué avec une agence spécialisée dans ce genre d'expédition. J'étais tombé sur un blog d'une fille qui a déjà fait ça et qui m'avait bien donné envie. Il est prévu les endroits où m’arrêter chaque soir et je n'ai pas le temps de flâner beaucoup, 5 jours plus tard ils viennent me ravitailler à un point à mi parcours aussi je me dois d'y être sinon pas d'eau ni de nourriture pour les 4 jours restants ! Normalement il est prévu que je fasse de 2 à 4 heures de kayak par jour. Je vous raconterai tout ça quand j'aurai terminé l'aventure. Pour info le tour en kayak est du 18 au 26 février. Vous n'aurez donc aucune nouvelle de moi pendant cette période. En attendant, vous pouvez jeter un œil à ce blog pour avoir une idée de ce que je serai en train de faire. Au cas où, l'agence qui organise ce circuit est Paddling Palau. Des souvenirs mémorables en perspective !


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