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mercredi 21 mars 2012

Mount Kinabalu National Park


En arrivant à Kota Kinabalu, j’avais oublié l'immigration. Singapour ne fait pas partie de la Malaisie, c'est un peu comme le Vatican dans Rome. L'équipage avait aussi manifestement oublié car je n'avais pas reçu ces fameuses cartes cartonnées à la noix. Il a donc fallu la remplir dans le hall, en écrivant sur ses genoux. Puis faire la queue. Ça n'avançait pas, prise des empreintes digitales et tout le tralala pour au final poser des tampons partout. Ne pourrait on pas inventer un pass, une espèce de carte plastique universelle disant qu'on est un citoyen du monde et qu'on ne fait que passer ? Ça éviterait de noircir des cases en double ou en triple que personne ne lit ! Où vont ces cartes, avec tout ce qu'ils ont, il y a de quoi faire un pont jusqu'à la lune ! L'avantage est que je connais toutes les informations du passeport par cœur, ça me fait gagner du temps. 
Après il a fallu repasser ses bagages aux rayons X. Je ne vois pas à quoi ça sert : on les passe déjà pour rentrer dans l'aéroport de départ, puis en porte d'embarquement, alors pourquoi les passer encore pour quitter un aéroport ? Ça doit être une spécificité asiatique. Depuis que je suis passé aux pays du soleil levant, c'est partout le même système.
Par contre, j'ai doublé tout le monde pour le taxi. Je n'ai pas compris pourquoi et ceux qui attendaient non plus, à voir leur mines effarées. Pourtant je m'étais juste adressé à un stand marqué « taxi transfer » où j'ai indiqué ma destination, payé et on m'a remis un ticket en me désignant le taxi dans lequel monter, alors qu'il venait d'arriver et que des gens faisaient la queue un peu plus loin en l'attendant. Ce qui est bien c'est qu'on paye à l'avance selon l'endroit où l'on se rend. Pas d'angoisse du compteur qui tourne. Encore une innovation qui serait souhaitable en France. 
En tout cas le conducteur était un fou du volant, il m'a fait traverser Kota Kinabalu en trombe, avec des pointes à plus de 90 à l'heure, doublant tout le monde ! Je suis arrivé à l’hôtel en quelques minutes. Ça c'est du service efficace ! Le personnel de l’hôtel était très accueillant et ils se sont amusés à apprendre des mots français dont ils me demandaient la traduction, rigolant quand ils essayaient de répéter. Ils n'arrivent pas par exemple à prononcer « De rien », ça donnait à chaque fois « de rienne ». Ils ont conclu en disant qu'il fallait avoir une gorge spéciale ! L'un d'eux, après m'avoir demandé où je comptais me rendre, m'a fait un croquis détaillant le chemin à suivre pour arriver au parc national où je vais demain, avec les rond points, les feux, les stations services en guise de repères. Je n'ai pas eu besoin de ma carte. A la place j'avais un GPS sur papier ! L’hôtel est moderne, la décoration soignée, du style lounge version Ikéa. 
Le seul problème est que les murs séparant les chambres sont des cloisons. Comme la chambre d'à côté papotait j'ai essayé de m'endormir avec la télé allumée mais je n'y suis pas arrivé. Je ne sais pas comment font les gens pour s'endormir devant la télé ! L'autre ennui c'est que le ménage des chambres commence dès 6 heures du matin, avec des portes qui claquent et des seaux qui se traînent. La faute au parc Mount Kinabalu, l'attraction majeure de Sabah, à 2 heures de route de Kota Kinabalu qui nécessite de prendre le bus de 7 heures. Comme les gens viennent là pour faire l'ascension de la plus haute montagne de l'Asie du sud-est (plus de 4000 mètres), ils se lèvent tôt et libèrent donc les chambres en conséquence.
A 9 heures tapantes j'ai eu la voiture livrée à l’hôtel, une espèce de vieille guimbarde qui je l'espère pourra rouler pendant encore une semaine. C'est un long suppositoire anguleux, une Proton, d'un constructeur inconnu. 
Elle est bas de cul, je n'ai jamais vu ça. On doit se plier en deux pour mettre la clef dans la serrure de la porte et quand on sort, la main touche presque terre ! Mais elle roule, et pas trop mal, elle tire bien dans les montées. Par contre elle n'a pas de direction assistée ou alors elle est cassée, ce qui rend le moindre créneau ou demi tour un calvaire. Il faut y aller des deux mains et forcer. Ça fait les muscles ! En Malaisie la conduite se fait à gauche. Ça ne me choque pas. J'ai eu un long moment de réflexion, cherchant à savoir de quel côté était le volant an France. Voyez, je suis bien déconnecté de mes conditionnements antérieurs ! Qui dit conduite à gauche dit vitesses à gauche. Et ce n'est pas un boîtier automatique, donc retour aux vitesses qui passent mal. J'avais sorti mon seul CD, une compilation de MP3 pour que ça dure plus longtemps. Je me suis trouvé un peu con à l'intérieur, l'auto radio est resté bloqué à l'ère de la cassette. C’est pour dire l'âge de l'engin !
J'avais peur de trouver des routes non indiquées et en mauvais était où l'on roulerait au pas. Eh bien pas du tout, on se croirait presque en Europe. Les routes fleurissent de stations Shell et de Mc Donald, il n'y a pas de bidonville, que des bâtiments en dur dont certains immeubles d'habitation font même envie, design, en baies vitrées et aux larges balcons. A Sabah, on croise aussi bien des mosquées que des églises et des femmes en tchador ou tête nue. La route est une 4 voies où l'on peut rouler à 90. Les panneaux n'indiquent en revanche que les prochains bleds. Il faut donc les connaître. Le parc national n'est indiqué que 50 kilomètres avant d'y être. Je suis bien content d'avoir un plan dessiné par le gars de l’hôtel, avec ma carte je me serais un peu perdu, elle n'est pas assez détaillée et je me serais bien trouvé perplexe face à un rond point. Dès que l'on quitte Kota Kinabalu, on aperçoit déjà le mont qui émerge au dessus des nuages. 
Pas de neige à son sommet en revanche. Les derniers 30 kilomètres ne sont qu'une montée avec des bouchons à certains endroits, à cause de camions qui roulent péniblement à 10. Car la route est la seule à relier la côte ouest à la côte est de Sabah. Mais on les double assez facilement, étant donné leur vitesse et malgré les lignes blanches que tout le monde franchit.
Je suis un peu crétin, j'ai juste l'équivalent de 75 euros sur moi alors que je pars pour plusieurs jours d'expédition dans les montagnes. J'ai bien croisé en chemin deux ou trois villages mais aucun distributeur. Je n'ai plus d'autre choix que de trouver un hébergement qui prenne la carte bleue. Comme je n’arrête pas de croiser des chiens sur la route et des maisons-chenils, je compte dormir dans le parc national. On y trouve paraît il une gamme d'hébergements qui convient à tous les budgets. 
Et dans un parc national, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, je suis sûr d’être tranquille de ce côté là. J'ai bien envie lors de mon prochain tour du monde de faire le tour des parcs nationaux. Question tranquillité et osmose avec la nature, on ne fait pas mieux ! Il y a un livre que j'ai vu à Singapour, édité par l'Unesco, qui recense tous ces sites de par le monde. J compte l'acheter à mon retour, ça me donnera des idées. Je suis un peu surpris de trouver une région aussi luxuriante, loin de tout ce qu'on raconte sur Bornéo. Je n'ai croisé pour l'instant aucune plantation de palmiers à huile, que des collines avec de la jungle à perte de vue. C'est pour ça que je voulais absolument venir ici, pour voir ce petit coin de paradis avant qu'il ne disparaisse, sacrifié sur l'autel du profit et des multinationales agroalimentaires.
L'entré du parc est à plus de 1500 mètres d'altitude. J’ai fait un petit tour à l'intérieur du domaine question de repérer les meilleurs bungalows. 
Par contre, une fois de retour à la réception, c'est la douche froide, les prix n'ont rien à voir avec ceux décrits dans mes guides qui datent de deux ou trois ans. C'est simple, les tarifs sont trois fois plus élevés. J'ai donc opté pour le dortoir, au prix du bungalow il y a trois ans, bungalows qui à présent sont tous inoccupés. A 250 euros le prix d'appel, on comprend pourquoi, surtout que tous les gens qui viennent ici sont juste là pour dormir une nuit avant d'entreprendre l'ascension dès le lendemains matin. Ils s'en fichent donc pas mal de l’hébergement. J'ai discuté avec mon voisin de chambre (on est 2 dans une chambre de 6 lits, ça va!), un singapourien, qui m'a dit que c'était un vrai scandale dû au fait que cet établissement a le monopole des hébergements dans le parc et en profite donc. C'est ça ou pas d'escalade. Ainsi pour trois jours d'expédition il lui en coûte 300 euros. Je ne compte pas faire l'ascension. 
Ça surprend tout le monde et le personnel de l’hôtel me dit que j'ai tort. Peut être ; j'ai vu des photos qui fleurissent partout dans les bâtiments et c'est sûr que ça donne envie. Mais je ne me sens pas l'envie de le faire, principalement parce qu'il faut marcher pendant deux jours avant d'y arriver mais aussi parce que je ne suis pas assez couvert pour pouvoir le faire. A 20:23, il faisait 17 degrés avec 89% d'humidité. Je grelottais de froid. Je n'ai pas eu d'hiver, quand je vois qu'à Paris il fait 11 degrés, j'imagine que c'est le Groenland. Après 6 mois passés autour de 30 degrés, on le vit très bien. Aussi priez pour moi pour que quand je rentre il fasse plus de 20 degrés.
J'ai donc calculé : s'il fait 17 à 1500 mètres, perdant un degré tous les 200 mètres, ça donne du 5 degrés au sommet. Brrrr... Par ailleurs le temps est ici très aléatoire, la montagne captant tous les nuages de la région. 
C'est plein de mousses et de terres gorgées d'eau. Si c'est pour marcher autant pour ne rien voir, ça ne vaut pas le coup. Et je trouve que la vue d'en bas est bien jolie. Je compte à la place faire des randonnées dans le bas du parc qui regorge de sentiers dans une végétation luxuriante. On retrouve des fougères arborescentes comme en Nouvelle-Zélande, des orchidées partout. C’est plein de fleurs pour qui sait regarder sous les feuilles ou par terre. Quand on marche on a l'impression que c’est tout pareil, la faute à la végétation tropicale dont les espèces se ressemblent beaucoup, construites autour d'un modèle commun à larges feuilles se déclinant sous toutes les formes. On trouve dans les environs la rafflesia, la plus grande fleur au monde, endémique à la Malaisie, d'un mètre de diamètre, d'un poids de 7 kilos, qui prend neuf mois pour éclore et ne dure que 4 ou 5 jours. Je compte bien la trouver, quand bien même ce n'est pas pour son parfum, fétide paraît-il !
Le parc national du Mont Kinabalu est un endroit unique au monde et je suis fier d'y être. C’est une zone qui a la plus riche biodiversité en termes de plantes que la planète connaisse. Je vous livre ici ce que j'ai lu sur un panneau informatif : « Flora of Mount kinabalu was suggested by the Botanies that the total approaches 5000 species. This extraordinary diversity in an area of only 1200 km2 is particular remarkable considering that the global distribution species diversity identified the six highest global diversity centers in the world has having more than 5000 species per 10.000 km2 . A data indication that 5000 species occur in an area of less than 20 percent that unit size point to the extraordinary richness of the Kinabalu flora. Botanies have noted that the Malesian (entirely South East Asian Region) vascular-plant flora consists of about 42.000 species in an area of 3,1 million km2 . Thus, the relatively small area encompassed by Kinabalu may include as much as 14% of the entire flora. 
The extremely high species diversity of Mount Kinabalu apparently has resulted from a combination of six important factors namely : 1) great altitudinal and climatic range from the hot humid lowlands near sea level to freezing alpine condition at the summit, 2) precipitous topography causing geographic and reproductive isolation of species over short distances, 3) geological history of the Malay Archipelago involving movement of several tectonic plates, 4) many localized edaphic conditions, particularly the ultramafic or serpentine substrates, 5) frequent climatic oscillations resulting in droughts influenced by El Nido events, and 6) additional environmental instability such as landslides, river flooding and glaciations.» Bref, vous l'aurez compris, je suis dans une région unique au monde ! C'est pour ça que je suis venu...
Pour le déjeuner il y a le choix entre deux restaurants dont l'un d'eux dispose d'une terrasse à l'étage surplombant la jungle. 
C'est là où je me suis installé, goûtant à la gastronomie malaise, des brochettes de poulet au satay accompagnées de gâteau de riz, des espèces de maki de riz collant roulés. Je suis loin des plages paradisiaques des autres jours mais j'aime bien ce changement de décor. D’être dans cette jungle repose et c'est magique que de l'observer. Ça change tout le temps, oscillant entre nappes de nuages énigmatiques, rayons de soleil furtifs et pluies diluviennes. Ceux qui entreprennent l'ascension doivent le faire sous la flotte. Je les les ai vus rentrer ce soir, tout en poncho les cheveux comme une serpillière. Moi, pendant ce temps je fais le vieux, restant en bas, mais flânant et retournant la moindre branche. C'est bien aussi. J'avance à pas d'escargot, mais il faut ça pour être sûr de ne rien louper. Dans l'après midi je me suis rendu au bout de la route, là où tout le monde s’arrête pour commencer les choses sérieuses, à 5 kilomètres de l'entrée du parc. 
Rainforest..
On est censé y trouver une cascade à moins de 500 mètres. Tout ce que j'aurais réussi à voir ce sont des nuages qui passaient entre les branches rendant une visibilité impossible à plus de trois mètres. Espérons que demain j'aurai plus de chance.
Je serais bien resté un peu plus longtemps dans cet endroit du parc mais le dortoir a ses fenêtres qui donnent sur la route. Même si la route n'est qu'un chemin interne au parc et qui ne dessert que les restaurants et les différents bungalows, il y a toujours un truc qui passe, une voiture ou pire une moto. Il y a un autre accès au parc un peu plus loin, moins fréquenté car rallongeant la distance pour arriver au sommet et qui dispose d'hébergements, gérés par la même compagnie et où l'on trouve un dortoir. C'est là où je vais essayer de dormir la nuit prochaine. Je serai plus au calme. Ce soir en allant me coucher sur les coups de 9 heures, le ciel était plein d'étoiles, la pluie ayant cessé de tomber depuis plusieurs heures. Espérons que demain il en sera de même pour découvrir le parc sous un nouvel aspect...

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